Saint François de Sales Provence-Méditerranée
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Notre devise : "L'Amour est le plein accomplissement de la loi" (Rm13, 10).
Alors, "Soyons ce que nous sommes et soyons le bien", selon les propres mots de notre Saint
Patron.
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L’évangile de saint Luc, que nous venons d’entendre, nous situe très bien face au Seigneur, en ce premier dimanche de l’Avent, premier dimanche de l’année liturgique. Le temps de l’Avent, ce n’est pas seulement quatre semaines de préparation à Noël, quatre semaines de préparation liturgique à une grande fête. Notre vie entière est un temps d’Avent, d’attente, de marche à la rencontre du Seigneur.
Rappelez-vous, il y a deux semaines, l’évangile de Marc était pratiquement le même que celui de Luc proclamé aujourd’hui. Le premier et le dernier dimanches nous annoncent la même réalité. Du début à la fin, non seulement de l’année, mais de toute la vie, nous avons à préparer la venue du Seigneur, avec courage, en étant vigilants dans la prière, c’est l’essentiel du message de ce jour.
Un monde en détresse ?
Nous avons entendu, dans la première lecture, Jérémie annoncer : « Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur ». Comment comprendre alors le message de Luc annonçant dans l’évangile des signes dans le ciel, le soleil et les étoiles. Les hommes seront affolés « par le fracas de la mer et de la tempête… ». On croirait entendre le récit d’un film d’épouvante ! Il ne s’agit pas de science-fiction, notre vie est bien réelle. Nous sommes tous affrontés à beaucoup de problèmes. On entend dire, par exemple, « Où va-t-on ? Que va-t-il encore arriver ? J’aime mieux ne pas y penser ». A l’annonce d’une mauvaise nouvelle, on dit : « J’ai eu l’impression que tout s’écroulait autour de moi, que la terre se dérobait sous mes pieds », ce sont les cataclysmes décrits dans l’évangile.
L’histoire des hommes, l’histoire collective de l’humanité, notre propre histoire comporte un aspect dramatique indiscutable. Pensez aux guerres, aux injustices, aux accidents qui déciment des familles ou sont causes de handicaps à vie. Il n’est pas question de minimiser ces terribles réalités qui sont importantes. Mais, dans l’évangile, Luc s’intéresse moins aux cataclysmes extérieurs qu’à ce qui se passe dans le cœur des hommes.
Invitation à l’espérance
Les situations dramatiques peuvent être invitation à l’espérance. «On verra le fils de l’homme venir dans la nuée ». Il faut savoir que dans la bible, la nuée est le signe de la présence de Dieu. « Redressez-vous, dit encore Jésus, relevez la tête votre délivrance est proche ». L’espérance renaît quand on devine la proximité d’une délivrance, d’une libération. L’espérance s’affermit quand on reconnaît le Christ qui vient, bien sûr, si on est vraiment disciple.
Luc propose trois comportements importants au disciple qui veut espérer : relever la tête, se tenir sur ses gardes et prier en tout temps, dans toutes les circonstances.
Relevez la tête
On imagine parfois les chrétiens comme un troupeau de moutons, qui baissent l’échine en se serrant les uns contre les autres parce qu’ils ont peur d’affronter la vie. Quelle caricature !
Le message de Jésus est tout autre : Ne vous laissez pas écraser, relevez la tête, c’est-à-dire, prenez à bras le corps vos difficultés ; il ne s’agit pas de fuir les réalités de la vie.
Le Christ veut des hommes debout. Pour y parvenir marchons à sa suite, à sa rencontre. Il nous a tracé le chemin de la croix, c’est vrai, mais surtout, celui de l’espérance et de la vie. Relevez donc la tête, oui, mais attention !
Soyez sur vos gardes
Pour dire que le Seigneur arrive à l’improviste, Luc emploie une comparaison très parlante. « Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre » !
Pour aller à la rencontre du Seigneur, il y a des précautions à prendre à commencer par éviter tout ce qui avilit l’homme : « la débauche, l’ivrognerie et les trop gros soucis de la vie ». En positif, il faut être attentifs, vigilants pour ne pas se laisser engourdir par la peur ou la paresse.
Tenez-vous éveillés
Priez en tout temps, c’est la troisième consigne. Prier, c’est le meilleur moyen de garder le contact avec celui qui doit être le tout de notre vie. Vivez dans la joie comme la fiancée qui attend l’époux qui vient. Cette image est très biblique.
C’est pratiquement ce qu’écrivait saint Paul, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture, « Que le Seigneur vous donne entre vous et à l’égard de tous les hommes un amour de plus en plus intense, débordant …. Qu’ainsi, il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où le Seigneur viendra avec tous les saints ».
François de Sales
Avec son équilibre habituel, nous invite, dans son Traité de l’Amour de Dieu, à attendre le retour du Seigneur en disant : «Nous n’avons point de plaisir sans mélange de quelque douleur, point de roses sans épines, point de jour sans la suite d’une nuit, point de printemps sans qu’il soit précédé de l’hiver… en terre où les consolations sont rares et les travaux innombrables. Néanmoins,…que votre volonté fasse par nous, pour nous, en nous et de nous tout ce qui lui plaira ». (V, 112 ou Pléiade P. 761)
Conclusion
Lever la tête, être sur ses gardes, prier, voila trois aspects de la même attitude fondamentale qui sera la nôtre en ce temps de l’Avent : celle des veilleurs dans l’attente joyeuse de Noël, et surtout dans l’attente pleine d’espérance de la fin des temps. Que ce temps soit pour nous appel à une rencontre, à une expérience personnelle de Dieu. Non seulement il était, non seulement il vient, il est déjà là, aujourd’hui avec nous, pour nous donner sa vie pour toujours.