Saint François de Sales Provence-Méditerranée
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Notre devise : "L'Amour est le plein accomplissement de la loi" (Rm13, 10).
Alors, "Soyons ce que nous sommes et soyons le bien", selon les propres mots de notre Saint
Patron.
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2009 – 3. Avent C
Dans la joie et la paix
Le troisième dimanche de l’Avent a toujours été un jour de joie et un appel à réfléchir et à prier pour la paix. Les deux premières lectures expriment très bien cette joie que nous sommes appelés à rayonner, en étant des artisans de paix.
Le prophète Sophonie n’est pas un des plus connus de la bible, il fait partie de ceux qu’on nomme les « petits » prophètes. Son message, proclamé dans la première lecture, n’est pas très long, mais il est riche de l’annonce de la joie : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse, fille de Jérusalem ! Le Seigneur est avec toi ».
Dans la deuxième lecture, nous avons entendu Paul, nous dire, comme il l’écrivait aux chrétiens de la ville de Philippes : « Soyez toujours dans la joie ».
Pourquoi une telle insistance ?
Car le Messie est proche
La bible, dans son ensemble est parsemée d’appels à la joie lancés au peuple d’Israël. Etre dans la joie permet de lutter contre la morosité, le découragement, les tentations de servir des dieux païens. Le peuple doit se réjouir de savoir que Dieu ne l’abandonne pas. Il l’a bien expérimenté tout au long de sa marche, dans le désert, vers la terre promise.
Chez Sophonie, il y a un appel bien particulier, il annonce la joie de la venue du Messie. On trouve des appels semblables chez Isaïe et d’autres prophètes, mais c’est dans le texte d’aujourd’hui que l’annonce est la plus claire. Les spécialistes de la bible font remarquer que la parole de l’ange Gabriel à Marie, au jour de l’Annonciation, s’inspire directement de ce prophète : « Réjouis-toi, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi ».
Attendons-nous vraiment le Seigneur ?
Nous ne sommes plus qu’à une dizaine de jours de Noël. Pour cela, la joie devrait retentir dans nos cœurs. C’est l’Eglise d’aujourd’hui, c’est nous qui devons entendre cet appel à la joie. « Réjouis-toi, peuple de Dieu, le Seigneur est tout proche ». En fait, attendons-nous vraiment le Sauveur, le Messie, celui que le Père nous envoie ? Cette attente s’accompagne-t-elle d’une joie différente des autres ?
Un théologien protestant disait : « On peut être un chrétien heureux. D’où vient donc que le christianisme ait la réputation d’une religion triste et qui rend triste ? Dans le monde tel qu’il est, avec ses guerres, ses injustices, sa peur atomique, (on pourrait ajouter : ses changements climatiques), faut-il avoir honte d’être heureux ? Notre absence de joie tient-elle au fait que nous sommes chrétiens ou au fait que nous ne le sommes pas assez » ?
Ne l’oublions pas, la joie est d’abord en Dieu lui-même, dans la rencontre des trois personnes divines. Jésus le montre quand «Il exulte de joie », sous l’action de l’Esprit Saint, en s’adressant au Père. Rester dans la tristesse serait un signe du refus de l’action divine dans notre vie. Alors que faire concrètement ?
Que devons-nous faire ?
L’évangile nous donne la réponse. Les foules qui viennent trouver Jean Baptiste ne vivent ni dans la paix, ni dans la joie. A la question : « Que devons-nous faire », Jean Baptiste suggère pour chacun la réponse qui convient : aux civils, partager ses vêtements et sa nourriture ; aux soldats, rejeter tout autant la violence que le vol.
A chaque fois, il donne un conseil qui va dans le sens de la paix. C’est comme s’il disait : « Choisissez toujours la solution qui apportera la paix autour de vous et vous verrez qu’elle vous remplira de joie ».
La paix du monde, qui repose plus ou moins sur un volcan, est une paix incertaine et inquiète. La paix apportée par Jésus, au contraire, est certaine. Elle est liée directement à sa présence et à sa parole. « Aimer la paix, c’est déjà l’avoir », affirmait saint Augustin.
Joie et Paix, fruits de l’Esprit
La joie et la paix sont des dons de Dieu. Elles sont même le fruit de l’Esprit Saint. Si nous manquons de joie, nous ne pouvons pas être artisans de paix, parce que nous n’avons pas assez ouvert notre cœur à l’amour de Dieu. Etre dans la joie est le meilleur signe que le Seigneur est avec nous. Nous fêterons sa venue à Noël, mais rappelons-nous qu’il est toujours avec nous, à longueur d’année.
Saint Paul, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture nous invite à la joie, pas spécialement parce que « le Seigneur est proche ». Ce n’est pas la fête de Noël qu’il annonce, mais la venue permanente de Jésus ressuscité qui s’invite chez nous, pour calmer nos inquiétudes et nous apporter la paix.
Rayonner de cette joie, à chaque instant et, plus spécialement à quelque jours de Noël, est pour nous le moyen le plus sûr de montrer à tous que le Seigneur qui comble notre vie est proche. Il vient partager notre vie.
Dans l’esprit de François de Sales
Même si nous sommes éprouvés par toutes sortes de croix, la joie profonde sera au fond de notre cœur. C’est ce qu’écrivait, de Thonon, François de Sales à Jeanne de Chantal, revenue à Dijon, à la mort de son père pour régler des affaires de succession pour le bien de ses enfants. C’était le 14 septembre 1611, la date est importante. A l’époque déjà, on célébrait, ce jour, la fête de la Croix Glorieuse : « Remplissons notre cœur de courage et faisons désormais au mieux pour nous avancer dans l’amour de Dieu. Ce grand ami de notre cœur ne le remplit de désirs que pour le combler d’amour, comme il ne charge les arbres de fleurs que pour les recharger de fruits ». (XV, 102)
Conclusion
La joie et la paix ne sont pas pour plus tard dans « un paradis toujours remis au lendemain », puisque tout nous est donné par le Christ qui est présent au cœur de toute la création. C’est aujourd’hui que nous pouvons commencer à être dans la joie, pour bâtir la paix. Mais, aujourd’hui, nous n’avons pas la totalité de ce qui nous est promis.
La joie chrétienne, base de la paix, c’est peut-être là qu’elle se trouve, lorsqu’un homme a accepté cette situation inconfortable : posséder sans être attaché à ses biens… être aimé sans être comblé… apercevoir le Christ sans le connaître vraiment… s’aimer soi-même sans se détourner des autres…éprouver toutes les détresses du monde, sans en être abîmé…
La joie de vivre dans la paix commence aujourd’hui. Demain, elle sera totale.