Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /2009 21:19

2009 – Rameaux et Passion

 

Deux paroles d’espérance

 

Le récit de la Passion est suffisamment éloquent et ne demande pas de longs commentaires. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne nous laisse pas indifférents. Il nous émeut toujours. Nous pensons que Jésus ne méritait pas de telles souffrances. Mais, nous savons qu’il a accepté de mourir, pour nous, pour que nous puissions trouver la vraie vie.

Le prophète Isaïe avait annoncé sa passion, nous l’avons entendu dans la première lecture : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient ». Quant à saint Paul, il écrit aux Philippiens : « Il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix », comme nous venons de l’entendre, dans la deuxième lecture.

Du long récit de la Passion selon saint Marc, arrêtons-nous seulement  à deux évènements importants : le reniement de Pierre  et l’heure de la mort de Jésus.

 

Le reniement de Pierre

 

Jésus avait prophétisé le reniement de Pierre : « Vraiment, je te le dis ; toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois ». Nous sentons bien toute la tristesse qui habitait le cœur de Jésus, à ce moment-là. Celui qu’il avait choisi, sur la foi duquel il avait promis de bâtir son Eglise, qui, à l’instant même, faisait profession d’une fidélité à toute épreuve, voilà qu’il allait se montrer le plus lâche des douze, après Judas !

Il y a chez Jésus une terrible lucidité sur la capacité des plus proches de ses amis à lui rester fidèles. Saint Jean dira, dans sa première lettre : « Si nous disons : « Nous n’avons pas de péché », nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous ». Mais, précisémént Jésus est venu parce que nous sommes pécheurs. Il nous l’a dit lui-même : « Je ne suis pas venu appeler les juste, mais les pécheurs ».

Tirons-en tout de suite une conclusion pour nous-mêmes. Nous aussi, nous affirmons notre amour pour le Seigneur. Nous ne serions pas à la basilique, ce matin, si ce n’était pas le cas ! Et puis, dans une heure, rentrés chez nous, nous nous surprendrons peut-être  à oublier sa présence, à agir comme si nous ne l’avions pas rencontré !

Souvenons-nous alors que c’est à ce même Pierre que Jésus confiera la charge d’être le pasteur de ses brebis. C’est qu’il est capable, lui le renégat, de nous donner le modèle d’une fidélité, d’une confiance, et d’un pardon, au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Quel réconfot pour nous si souvent tentés de penser que tout est irrémédiablement perdu !

 

L’heure de la mort de Jésus

 

La deuxième scène importante à souligner dans le récit de la Passion est celle des dernières paroles de Jésus, à l’heure de sa mort.

Au premier abord, elles sont mystérieuses. L’évangile dit : « Jésus cria d’une voix forte : Eloï, Eloï, lama sabactani ? Ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » ? Ces mots, nous le savons, sont tirés  du  premier verset du Psaume 22 qui se termine par un cri de confiance. Jésus a peut-être récité le psaume en entier dont l’évangéliste n’aurait retenu que le premier verset. Quoi qu’il en soit, cela montre que Jésus a dû descendre jusqu’ au fond de la désespérance humaine pour y déposer la plénitude de l’amour.

S’il n’avait pas éprouvé, dans sa conscience humaine, ce vide, ce sentiment d’être abandonné même de son Père, nous pourrions dire que notre nuit resterait à jamais noire. Jésus est allé jusqu’au bout de l’épreuve. Son cri fonde notre Espérance en la Résurrection.

 

Conclusion

 

François de Sales,  dans l’avant-dernier chapitre de son Traité de l’Amour de Dieu, nous permet d’illustrer magistralement, la Parole de Dieu de ce jour. Il s’adresse personnellement à celui qu’il appelle Théotime, ce qui signifie « celui qui craint ou plutôt qui vénère Dieu ». Nous pouvons revevoir, personnellement pour nous, ce message de notre grand saint :

« Ne savez-vous pas que le grand-prêtre de la Loi portait, sur ses épaules et sur la poitrine, les noms des enfants d’Israël, c’est-à-dire, des pierres précieuses sur lesquelles les noms des chefs d’Israël étaient gravés.

Voyez-vous Jésus, regardez-le, considérez qu’il nous portait sur ses épaules, acceptant la charge de nous racheter par sa mort et la mort de la croix. Ô Théotime ! Cette âme du Sauveur nous connaissait tous, par nom et surnom, surtout  au jour de sa Passion, lorsqu’il offrait ses larmes, ses prières, son sang et sa vie pour tous. Il lançait, en particulier pour vous, ces pensées de dilection : « Ô mon Père éternel, je prends à moi et me charge de tous les péchés du pauvre Théotime, pour souffrir les tourments de la mort, afin qu’il en demeure quitte et qu’il vive, que je sois crucifié, pourvu qu’il soit glorifié » ! (V, 344 ou La Pléiade P. 970-971)

Par Père Mercier - Publié dans : Homélies du Père Mercier
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