Saint François de Sales Provence-Méditerranée
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Notre devise : "L'Amour est le plein accomplissement de la loi" (Rm13, 10).
Alors, "Soyons ce que nous sommes et soyons le bien", selon les propres mots de notre Saint
Patron.
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2009 - 5 Dim B
Annonce de la Bonne Nouvelle
Deux sujets de réflexion nous sont proposés aujourd’hui : les textes liturgiques, comme tous les dimanches, sont à méditer en relation avec l’actualité. Un lien profond les unit.
La Parole de Dieu du jour
En écoutant Job pousser un cri de détresse, on croirait entendre les nouvelles du jour à la radio et à la télévision ou les slogans au cours d’une manifestation populaire. Tout va mal, il n’y a plus d’espoir. Combien de gens peuvent dire comme lui aujourd’hui : «La vie sur terre est une corvée…Je suis envahi de cauchemar, mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent, quand il n’y a plus de fil » !
En réponse à ce cri de découragement, et même de désespoir, une Parole de Dieu très forte nous est adressée dans l’évangile de Marc et dans la lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe. Il faut annoncer à tous les hommes la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu, libérateur et sauveur du monde. Telle est la mission essentielle et urgente qui s’impose à Jésus et à son Eglise, autrement dit, à chacun d’entre nous.
« C’est pour cela que je suis sorti », dit Jésus. Il veut dire qu’il est sorti de la Trinité, qu’il s’est fait homme, pour venir partager notre condition humaine. Et Paul à son tour déclare :
« C’est une nécessité qui s’impose. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’évangile ».
Dans les évènements du jour
Ce dimanche est, pour l’Eglise universelle avec quelques jours d’avance, à la demande du pape Jean Paul II, en 1992, la Journée Mondiale du Malade, fixée au 11 février, anniversaire de la première apparition de Marie à Bernadette à Lourdes.
On l’appelle « Dimanche de la santé » et le thème cette année en est « Prendre soin ». Prendre soin commence par une attention particulière aux personnes en souffrance. Il y a certainement, autour de nous, des personnes qui n’ont pas le choix et qui doivent se faire soigner. Comment pouvons-nous les accompagner ? Ne serait-ce que par une visite ?
Prendre soin passe aussi par une attention particulière aux proches. Soyons pour eux des compagnons de route, même si c’est un chemin éprouvant.
Prendre soin passe encore par une attention particulière aux professionnels de la santé et aux bénévoles : différentes associations, aumôneries d’hopitaux, de maisons de retraites, visites à domicile…. etc. …etc. …
Comment pouvons-nous leur annoncer la Bonne Nouvelle ? Les exemples de Jésus, dans l’évangile, et de Paul, dans sa mission apostolique, peuvent nous aider à répondre.
La méthode de Jésus
Dans les évangiles, surtout dans celui de Marc, ce qui est étonnant et même étrange, c’est le refus constant de Jésus de jouer à la vedette, de faire parler de lui, d’être applaudi par les foules. Il ne peut pas les en empêcher, tant est nouveau son enseignement, tant sont extraordinaires les signes de guérison et de libération qu’il fait pour soulager les hommes qui, à la suite de Job, pensent « qu’ils ne verront plus le bonheur ». Pourtant, on dirait qu’il est fâché….Qu’il voudrait fuir ce tapage. Voyons-le dans cette journée que raconte Marc.
Première séquence : Jésus vient dans la maison de Simon et André pour célébrer, dans l’intimité, le jour du sabbat. La belle-mère de Simon voudrait le recevoir dignement en ce jour de fête, comme le dimanche chez nous. Malheureusement, elle est malade, fiévreuse, angoissée, triste. Jésus a compris tout cela. Avec discrétion, simplicité, « il s’approcha d’elle, la prit par la main et la fit lever ». Sans geste théâtral, sans mot dire, il lui redonne la joie de servir. Par ce geste, Jésus exprime l’essentiel de sa mission. Il s’est rapproché de nous dans son incarnation, il a partagé notre vie, nous a pris par la main pour nous entraîner, à sa suite jusqu’à la résurrection. Il nous remettra debout, pour toujours.
Deuxième séquence : La foule revient. Jésus ne peut pas se dérober. Il y a tant de misères physiques et spirituelles à soulager ! Il en guérit beaucoup, mais non pas toutes cependant, car c’est la foi qui sauve. L’évangile n’est pas un succès « d’audimat » ! Il ne peut être accueilli que dans le secret du cœur. Jésus ne veut pas être confondu avec un Messie guérisseur et sorcier, comme voudraient le faire croire ces démons auxquels il impose silence. Il est venu et il est « sorti dans un endroit désert » pour révéler aux hommes un secret bien plus profond et merveilleux.
Troisième séquence : C’est dans le secret du cœur, dans la prière, loin de la foule que Marc nous dévoile la source qui fait vivre Jésus et donne sens à sa mission : sa communion filiale avec son Père qu’il veut nous révéler comme « notre Père ». Ayant ainsi prié, il peut répondre à ses amis qui le cherchent : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que, là aussi, je proclame la Bonne Nouvelle. C’est pour cela que je suis sorti ».
Annoncer la Bonne Nouvelle, aujourd’hui
Notre regard sur Jésus nous remet tous devant la mission, et aussi, la difficulté d’annoncer l’évangile. L’évangile n’est pas affaire de publicité ni de propagande. Il interroge chacun au plus profond de sa conscience et de son cœur. L’évangile est Parole de vérité. Celui qui l’accueille vit dans la vérité.
Saint Paul l’avait bien compris. En conflit avec les Corinthiens, il s’efforce de leur parler en vérité. Jésus ne s’est pas dérobé à sa mission qui est devenue sa passion, son amour et sa croix. Paul, lui, n’est qu’un serviteur, il doit accomplir sa charge en toute liberté, dans un désintéressement total. Pour lui, annoncer l’évangile, c’est reconnaître, respecter et rencontrer chacun dans la vérité, « se faire tout à tous, pour en sauver à tout prix quelques uns ».
Conclusion
Nous sommes tous appelés à rendre actuelle la Mission du Christ, comme l’a fait saint Paul en son temps. Nous sommes invités à être solidaires de nos frères et de nos sœurs qui souffrent, en évitant cependant de leur prêcher la morale et de leur donner des bons conseils. Face à la souffrance il faut savoir se taire, s’émerveiller et se rappeler les conseils que donnait François de Sales à Mgr Frémyot, le frère de Jeanne de Chantal, nommé évêque de Bourges, en 1604 : « On a beau dire, mais le cœur parle au cœur, et la langue ne parle qu’aux oreilles …. Il suffit de bien aimer pour bien dire ». (XII, 321 … 324)