Saint François de Sales Provence-Méditerranée
Bienvenue sur le blog de l'Association Saint François de Sales Provence-Méditerranée.
Notre devise : "L'Amour est le plein accomplissement de la loi" (Rm13, 10).
Alors, "Soyons ce que nous sommes et soyons le bien", selon les propres mots de notre Saint
Patron.
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Le converti, l’homme nouveau
François de Sales, dans l’un de ses sermons, cite saint Jean Chrysostome présentant ainsi la conversion de saint Paul : « Voyez-vous ce petit bossu et contrefait (car il était petit de stature comme de mauvaise mine) comme Dieu en a fait un vaisseau d’élection ! Ce grand pécheur et persécuteur des chrétiens, comme il l’a rendu de loup, agneau ! Ce chagrin, cet opiniâtre, cet orgueilleux, comme il l’a comblé et rempli de tant de grâces et bénédictions ! Il l’a rendu si humble et charitable qu’il dit de lui-même qu’il est le moindre et le plus petit des apôtres et le plus grand des pécheurs, et qu’il s’est fait tout à tous pour les gagner tous.
Les anciens qui écrivaient la vie des saints étaient très exacts à rechercher leurs défauts et leurs péchés, les racontant, les déclarant, afin d’exalter et magnifier Notre Seigneur qui était glorifié en eux, les ayant relevés de leurs misères, convertis et faits de grands saints » !
C’est dans cet esprit que nous allons survoler la vie de Paul apôtre par ses écrits, son action, au service de l’Eglise, jusqu’au martyr.
Aux origines de sa vocation
Paul entre dans l’histoire à l’occasion de ce qu’on pourrait appeler « l’affaire Etienne ». Il est complice du procès et de la mise à mort de ce disciple du Christ, et il se fait délateur des chrétiens, en dehors de la Judée, pour les faire condamner.
Il entre surtout dans l’histoire dans l’évènement extraordinaire qu’il raconte lui-même, nous l’avons entendu dans la première lecture. Sur la route de Damas, il vit une expérience qui fait basculer son existence. Il reçoit le baptême d’un autre Juif, converti lui aussi au Christ, Ananie. Plus rien ne sera comme avant : il change de vie pour devenir le plus grand apôtre de tous les temps. Pour être apôtre, au sens strict du mot, à l’époque, il fallait avoir vu Jésus en personne. Lui qui ne l’a pas connu selon la chair, il l’a vu ressuscité, sur le chemin de Damas. Cette vision du rescucité lui permettra de centrer toute sa mision, tous ses écrits, sur ce que nous appelons aujourd’hui le mystère pascal.
Avec le Christ nous sommes appelés à passer de la mort à la vie. C’est la base de notre foi. Ce doit être l’essentiel de l’orientation de l’accueil à assurer, spécialement dans tous les sanctuaires, où nous accueillons plus de cinquante millions de pèlerins ou touristes, chaque année, dans notre pays. On nous l’a rappelé fortement ces jours derniers, à la Salette.
Un homme de l’écrit
Ce message du mystère pascal, Paul le développe dans les treize lettres qui lui sont attribuées, avec des notes particulières. Certaines sont de brefs écrits de circonstance, comme la lettre à Philémon, d’autres, sont plus longues, surtout s’il est question de régler des problèmes théologiques comme, justement, la question de la résurrection ou du retour glorieux du Christ, à la fin des temps. Il traite aussi de questions disciplinaires, comme l’abandon des pratiques juives, telle que la circoncision. D’autre fois, il donne des cours de catéchisme comme, par exemple, sur la grâce ou sur la manière de célébrer les différents sacrements.
Il trouve le temps de rédiger ou de faire écrire ses messages tout en voyageant beaucoup. On estime à 100 000 kms
la distance parcourue, par tous les moyens de transport de l’époque, lors de ses trois déplacements missionnaires et de son dernier voyage vers Rome. Il a sillonné toute la partie orientale du
bassin méditerranéen. On compte 58 villes visitées par Paul, d’après les Actes des Apôtres, et les différentes Epitres.
Un homme d’action
Malgré ses nombreuses activités apostoliques, Il trouve le temps de travailler de ses mains.Lors de son séjour à Corinthe, il fabrique des tentes, pour ne pas être à la charge de ses auditeurs, même s’il accepte les dons de ses chers Philippiens !
Il a le souci matériel des différentes communautés qu’il fonde. Il dit avoir « le souci de toutes les Eglises ». Il organise des collectes pour venir en aide aux communautés en difficulté, par exemple, pour les Eglises de Judée lors de la famine sous l’empereur Claude. Il renouvelle l’expérience pour la communauté de Jérusalem très tôt dépendante des subsides des autres Eglises.
Tout en étant attentifs aux problèmes matériels, il bénéficie du don de thaumaturge, comme les autres apôtres. Par huit fois, l’attestent les Actes des Apôtres.
Au nom du Christ, il chasse les esprits mauvais, à Philippes et à Ephèse ; il guérit un paralysé à Lystres et il ressuscite à Troas un jeune homme tombé de la fenêtre ! A Malte, il se guérit lui-même de la morsure d’une vipère ! Le but de tous ces miracles n’est pas au profit de l’apôtre, mais pour l’édification et la conversion de la communauté.
Sur le chemin de la Croix
N’allons pas croire que toutes ces activités, se déroulaient comme un bon fleuve tranquille ! Tout disciple du Christ connaît le chemin de la croix.
Dix ans avant sa mort, vers les années 57, Paul fera lui-même, dans sa deuxième lettre aux chrétiens de Corinthe, la liste des mauvais traitements subis. Elle est éloquente !
« Souvent j’ai été à la mort. Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les trente neuf coups de fouet, trois fois, j’ai été battu de verges ; une fois, lapidé ; trois fois, j’ai fait naufrage. Il m’est arrivé de passer un jour et une nuit dans l’abîme » !
Rien ne l’arrête, partout il annonce la Bonne Nouvelle du Christ mort et ressuscité. Il impose les mains, il baptise, il trace la route à tous ceux qui auront à continuer la mission du Christ, jusqu’à la fin des temps.
Arrêté à Jérusalem, à la Pentecôte 58, il va croupir deux ans en prison à Césarée, d’où il écrira encore des lettres. Transféré à Rome, il passe encore deux autres années en résidence surveillée dans la capitale. On sait peu de choses des dernières années de sa vie. La Tradition retient son martyre à Rome, probablement en 67. Comme il était citoyen romain, il bénéficiait du « privilège », si l’on peut dire, de ne pas être crucifié, mais décapité !
Trente ans plus tard, dans une lettre adressée à l’Eglise de Corinthe fondée par Paul, le pape Clément 1er, 3e successeur de Pierre, en fait, à l’égal de celui-ci, l’une des « deux colonnes de l’Eglise ».
Conclusion
Dans la deuxième lecture, nous avons entendu saint Paul nous dire, comme il l’écrivait aux Corinthiens : « Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer ». Autrement dit, dans les épreuves de notre vie, courage, gardons confiance, nous sommes sur le chemin inauguré par le Christ, le chemin de la croix, passage obligé pour trouver la vie.
Quant à Jésus, l’évangile de Marc vient de nous le rappeler, il dit à tous et à chacun :
« Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ».
Dernièrement, le pape Benoît XVI, à l’occasion de la journée mondiale du migrant et du réfugié, proposait le moyen de répondre à la mission confiée à tous les baptisés : « Que l’enseignement et l’exemple de saint Paul… nous encouragent à comprendre que la pratique de la charité constitue le sommet et la synthèse de toute la vie chrétienne ».