Jeudi 25 décembre 2008 4 25 /12 /2008 11:14

2008– Noël – Jour

 

Le Verbe s’est fait chair

 

L’évangile de ce matin semble bien austère en comparaison de celui que nous avons entendu cette nuit. Il n’est plus question de bébé mignon couché dans une mangeoire d’animaux. Il n’est plus question de lumière céleste éclairant les bergers ni de chœur angélique chantant la paix que Dieu donne à ceux qu’il aime.

Au lieu d’un récit plein de merveilleux, nous avons un texte plus aride, qui semble plus abstrait. Il est une méditation sur le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu, qui est la vraie Lumière. Jean-Baptiste, lui, n’est pas la vraie lumière. Il n’en est que le témoin.

 

Le grand mystère de Noël

 

Cet évangile un peu difficile nous invite à nous concentrer sur l’essentiel que le climat sympathique de la fête risque de nous faire oublier.

La fête de Noël n’est pas un simple attendrissement sur la naissance d’un bébé ! Elle est essentiellement la fête de l’intervention décisive de Dieu, dans l’histoire des hommes. En la personne de Jésus, Dieu brise la barrière qui sépare le créateur des créatures. Avant la naissance de Jésus on pouvait penser que Dieu ne communiquait plus avec les hommes, que le ciel était fermé aux hommes abandonnés à leur triste sort, appelés à se débrouiller tout seuls. Les hommes pieux d’Israël disaient qu’il n’y avait plus de prophètes comme autrefois. Nous sommes tentés de dire la même chose de nos jours.

 

Mystère toujours actuel

 

Combien de gens pensent que Dieu est absent, qu’il les oublie, qu’il n’a rien à voir dans leur vie ? Il suffit d’ouvrir la bible. Nous ne pouvons pas ne pas constater, comme nous l’avons entendu, au début de la Lettre aux Hébreux : « Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos Pères par les prophètes  sous des formes fragmentaires et variées, mais dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé dans le Fils ».

Dieu a toujours parlé aux hommes et progressivement, il a préparé une humanité capable d’entendre une Parole plus claire, plus complète, plus définitive.

Notre Dieu n’a jamais cessé de parler, de communiquer avec les hommes. La venue de Jésus, dans notre monde, est le sommet de révélation du Père.

« Qui me voit, voit le Père », dira un jour Jésus.

« Ce fils a été établi héritier de toutes choses et par lui, il a créé les mondes » nous dit  la lettre aux Hébreux. C’est exactement ce que dit saint Jean : « Tout s’est fait par lui et rien de ce qui a été fait ne s’est fait sans lui ».

Ces réflexions, sans doute, difficiles mais très profondes, nous font comprendre qu’il ne faut pas rabaisser Jésus de Nazareth, ne serait-ce qu’au niveau d’un homme parfait ou d’un surhomme Il est le Fils de Dieu venu nous communiquer son plan d’Amour  C’est inouï, quand on y pense : « Le Verbe s’est fait chair et  il a habité parmi nous ».

 

Mystère de la grandeur de l’homme

 

Le fils de Marie, le petit charpentier de Nazareth, l’homme sensible aux souffrances du petit peuple, l’ami fidèle qui pleure la mort de ceux qu’il aime… est, aussi et surtout, le Fils de Dieu, Lumière née de la Lumière. Il resplendit de la Gloire de Dieu, il est celui qui révèle pleinement Dieu. Il nous dit qui est Dieu.

Il nous dit aussi qui est l’homme. Il s’est fait l’un de nous ! Il a pris notre condition humaine et notre fragilité. Il a partagé notre vie en tout, hormis le péché. Plus qu’une simple condescendance divine, c’est un partage de destinée.

Dans notre monde, on est loin de toujours respecter la dignité de tout homme, malgré les efforts certains de recherche de liberté ! Il suffit de suivre les actualités dans la presse, la radio ou à la télévision qui, tous les jours, nous abreuvent de drames de toutes sortes.

Il nous faut faire nôtres les paroles du psaume 8 en disant au Seigneur, en toute vérité :

« Qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui, le fils d’un homme que tu en prennes souci ? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un Dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ».

La grandeur de l’homme vient déjà de ce fait qu’il ait été créé à l’image de Dieu, mais, plus encore, du fait que Dieu ait voulu se faire homme en Jésus. Nous avons entendu, cette nuit, le pape saint Léon exprimer, magistralement, cette réalité qui nous dépasse : « Souviens-toi, ô homme, de ta dignité. Tu as été créé à l’image de Dieu… Si, en Adam, ta dignité a été dégradée, dans le Christ, elle a été restaurée ».

 

François de Sales

 

Dans son Traité de l’Amour de Dieu, nous invite à méditer ce grand mystère de l’incarnation du Fils de Dieu venu partager notre condition humaine pour notre salut. « Jésus désire infiniment que nous l’aimions, afin que nous soyons éternellement sauvés. Et il désire que nous soyons éternellement sauvés afin que nous l’aimions éternellement ».

                                                                        (IV, 112  ou Pléiade P. 431)

 

Conclusion

 

Que cette révélation de notre grandeur et de notre dignité soit source de joie, même au milieu de nos épreuves. A défaut de comprendre l’immensité de l’amour de Dieu pour les hommes, émerveillons-nous, devant cette Bonne Nouvelle. Nous ne sommes plus seuls. Le Seigneur est et sera toujours avec nous.

A l’occasion de l’échange traditionnel des vœux au Vatican lundi dernier, le pape a évoqué « l’atmosphère particulière de Noël, comme un prolongement de cette joie mystérieuse qui emplit la sainte Famille, les anges et les pasteurs de Bethléem, la nuit où Jésus vit le jour ».

Puis Benoît XVI a cité saint Paul : « L’Esprit Saint nous donne la joie. Il est la joie. Elle est l’expression du bonheur, de l’harmonie avec soi-même, ce qui ne peut dériver que de l’harmonie avec Dieu et avec sa création ».

.Enfin, il a donné cette définition peu ordinaire de la mission propre à tout chrétien : « L’esprit missionnaire de l’Eglise n’est rien d’autre que l’impulsion à communiquer la joie qui nous a été donnée. Qu’elle soit toujours vivante en nous et rayonne sur le monde ».

 

- Publié dans : Homélies du Père Mercier
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