Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:32

2008 – Fête-Dieu

 

Fête du Corps et du Sang du Christ

 

La solennité de la Pentecôte, il y a quinze jours,  nous a fait revivre la venue de l’Esprit Saint dans notre monde. Il est l’Esprit d’unité du Père et du Fils dont il est inséparable, dans le grand mystère de la Sainte Trinité que nous avons fêté, dimanche dernier.

Aujourd’hui, nous célébrons la Fête-Dieu, comme on disait autrefois, et qu’on appelle plutôt aujourd’hui, la fête du Corps et du Sang du Christ, la fête de l’Eucharistie. Ce sacrement nous rappelle essentiellement deux faits importants : Le Christ ressuscité nous a promis, d’abord d’être toujours avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps, et d’autre part, il s’est fait lui-même notre nourriture, source de vie éternelle.

Ainsi le Saint Sacrement est le signe efficace de la présence permanente du Ressuscité et de la nourriture indispensable pour faire route avec lui. Il y a de quoi nous émerveiller, dans la foi, de sa présence réelle, et de l’adorer dans l’action de grâce !

 

Nous avons faim

 

Quel réalisme dans les trois lectures que nous venons d’entendre. La première tirée du Deutéronome, nous suggère que notre vie ici-bas ressemble, à beaucoup d’égards, à la traversée d’un désert, comme celui que les Hébreux ont parcouru, pendant quarante ans.

Une pauvreté essentielle, à laquelle personne n’échappe, nous étreint sans cesse et nous rappelle, consciemment ou non, que l’existence humaine est tenaillée par un désir, une insatisfaction, une faim que rien ne peut apaiser véritablement, sinon Dieu seul. Le cœur humain, malgré ses étroitesses, est si infiniment ouvert que seul le cœur de Dieu peut le rassasier et le combler. C’est pourquoi, « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur ».

Le Seigneur n’a jamais abandonné son peuple dans le désert. « C’est lui qui a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure. C’est lui qui dans le désert lui a donné la manne, cette nourriture inconnue de ses pères ».

Evidemment, à cette époque, il était impossible d’imaginer que cette nourriture annonce la chair même d’un Dieu fait homme ! La manne n’en était qu’une lointaine prophétie. Elle tombait du ciel, elle venait de Dieu. Elle était une nourriture inconnue des patriarches.

A plus forte raison celle que Dieu réservait, pour le temps d’après la venue de Jésus, était-elle inconnue de nos ancêtres dans la foi. Mais, nous aujourd’hui, nous le savons, nous en avons la certitude, la manne et l’eau du rocher préfiguraient  le pain et le vin devenant le Corps et le Sang du Christ, une nourriture substantielle, nous permettant de traverser le désert, dans notre marche vers la véritable Terre Promise.

 

Dieu se fait notre nourriture

 

Nous avons entendu, dans la deuxième lecture, un passage très court (deux petits  versets) de la première  lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe. C’est le texte le plus ancien qui nous parle de l’Eucharistie. Il affirme avec force la réalité de ce que nous pourrions appeler la manne nouvelle : « La coupe d’action de grâce que nous bénissons n’est-elle pas communion au Sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au Corps du Christ » ?

Nous pressentons que la réponse à la question est un Oui sans réserve de la part de Paul. Oui, il nous est donné, à nous, êtres de chair et de sang, de nous nourrir de l’humanité de Christ devenu semblable aux hommes, pour nous partager sa divinité.

 

Jean, dans son évangile réputé très spirituel, souligne fortement le réalisme de l’Eucharistie et en tire plusieurs conclusions.

Le réalisme tout d’abord : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie ». Il ne s’agit évidemment pas de sa chair physique et mortelle, mais de son Corps glorieux, tel qu’il sera transfiguré par sa résurrection.

Ceci dit, Jésus ne retire rien de son réalisme lorsque l’objection lui est faite : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger » ? Au contraire, il emploie dans sa réponse un mot grec, difficile à traduire, qui suggère l’idée de « mâcher, de mastiquer » : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous ».

 

Nos corps sont appelés à ressusciter

 

Avoir la vie en nous, la vie éternelle, c’est être sûrs de ressusciter, avec et comme le Christ. D’ailleurs, il l’affirme lui-même : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang la vraie boisson ».

Quel réalisme ! Pour conduire l’homme de chair et de sang à la vie éternelle, Dieu le nourrit ici-bas du Corps et du Sang de son Fils qui s’est fait homme. Il est mort cloué sur une croix pour endurer toute notre condition mortelle de pécheurs. Il est ressuscité pour que, à notre tour, nous ressuscitions, corps et âme, pour que nous possédions la vie qui ne finit pas !

Quelle dignité est ainsi donnée à notre condition humaine ! Quel respect devons-nous avoir de la vie ! Il faut le souligner fortement, en ce jour de la fête des mères qu’on appelle du très beau titre « Journée pour la vie ». Pour les mamans, quel honneur de savoir que ce corps, par lequel elles ont donné la vie, n’est pas destiné à la putréfaction ou aux cendres, mais à cette gloire que nourrit en nous chaque communion au Corps du Christ !

 

L’amour de Dieu à la portée de tous

 

En attendant cet ultime rendez-vous, l’Eucharistie permet, entre Jésus et nous, une communion d’amour, une intimité spirituelle qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Jésus lui-même nous le dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même, celui qui me mangera vivra par moi ».

C’est ce qui se réalise, pour nous, lorsque nous participons à la messe, chaque dimanche, et aussi dans l’adoration du Saint-Sacrement, où il nous est donné de vivre longuement dans l’intimité du Seigneur, dans un cœur à cœur, où il demeure auprès de nous et nous auprès de lui. C’est aussi, au cours de la procession très humble, à laquelle nous serons associés tout à l’heure, à la fin de la cérémonie, que nous pourrons proclamer notre foi. La Fête-Dieu est sans doute moins solennelle qu’autrefois, mais elle peut être aussi fervente, dans sa simplicité.

Conclusion

François de Sales, comme toujours, nous permet de tirer une conclusion très pertinente : « Notre Seigneur a tant aimé ses créatures, qu’il a estimé qu’il ne pouvait envoyer ni anges ni saints, pour montrer l’amour qu’il nous portait, s’il ne venait, lui-même en personne, prendre notre humanité et donner son sang et sa vie ». (XXVI, 308)

Jeanne de Chantal, quant à elle, s’adressant aux premières Visitandines, leur écrivait pour leur montrer l’importance de l’adoration du Saint-Sacrement : « Quand vous ne feriez autre chose que de demeurer devant Dieu et consumer devant lui votre vie, comme un cierge qui se consume devant le Saint-Sacrement, ne seriez-vous pas bienheureuses » ? (P III, 267)

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:30

2008 – Trinité

 

« Dieu est Amour »

 

C’est le titre de la première lettre encyclique,  c’est-à-dire, adressée au monde entier,  par  le  pape Benoît XVI, reprenant une définition chère à saint Jean. Les fêtes religieuses ne manquent pas, en ce moment de l’année, pour célébrer cet Amour qui surpasse tout ce que nous pouvons imaginer. Après Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, avant la fête du Saint Sacrement et du Sacré Cœur, nous célébrons aujourd’hui, comme un sommet, la fête de la Sainte Trinité.

S’il est un mystère insondable, qui nous dépasse, c’est bien celui de la Sainte Trinité. Pour le dévoiler un peu, il est bon de réfléchir à partir des différentes représentations qui ont été faites, à travers les siècles.  Il faut surtout partir de la bible, de l’évangile, du témoignage des apôtres pour nous faire une petite idée de Dieu.

 

Une première approche

 

Toutes les civilisations, à travers les siècles, essayent de découvrir qui est Dieu. Elles ont tendance à se fabriquer le Dieu dont elles ont besoin, pour répondre à leurs difficultés.

L’homme se sent faible, petit dans la création. Il a besoin de force pour pallier ses insuffisances. Alors, il imagine Dieu comme une force, un Dieu tout-puissant, capable de donner à l’homme ce qu’il ne peut avoir par lui-même. Il recherche un Dieu Providence. C’est en partie vrai, mais il faut aller beaucoup plus loin.

L’homme est doué de raison. Il a besoin de comprendre d’où vient le monde et où il va. Il imagine donc un Dieu qui soit à l’origine de tout, un Dieu Créateur. C’est vrai mais, ce n’est pas suffisant.

L’homme est aussi quelqu’un qui est assoiffé de justice. Il considère qu’il n’est pas normal que les bons souffrent, que certains n’aient rien à manger, pendant que tout semble bien marcher chez les méchants. Alors il s’invente un Dieu qui remette les choses en place, un Dieu Justicier. Alors là, c’est absolument faux. Dieu ne punit pas. Il aime trop  les hommes.

Il serait bon de passer en revue les réflexions qu’il nous arrive de faire, ou d’entendre autour de nous, et qui traduisent l’idée que nous nous faisons de Dieu.

Bien des gens croient que Dieu fait la pluie ou le beau temps… la sécheresse ou les inondations…Qu’il envoie la maladie ou la guérison…l’accident de la route ou la survie après l’accident…Qu’il suscite les tremblements de terre ou des tsunamis et les désastres qui en résultent, comme nous venons encore d’en être informés, cette semaine dernière.

Enfin, combien de gens ne gardent d’autres images de Dieu que celle d’un Dieu tatillon, des interdits, du rabat-joie… qui empêche justement ce qu’ils auraient envie de faire.

 

La découverte du vrai Dieu

 

Toutes ces réflexions, toutes ces réactions sont loin du Dieu des chrétiens, du Dieu de Jésus-Christ. Les hommes étaient bien incapables de deviner le visage de Dieu. Alors Dieu s’est fait connaître, il s’est révélé progressivement à travers tous les siècles, comme le montre la Parole de Dieu, que nous avons entendue, dans les trois lectures de ce jour.

Le passage du livre de l’Exode, entendu dans la première lecture, est l’un des textes les plus beaux, peut-être le plus grand, de toute l’Antiquité ! « Le Seigneur descendit dans la nuée…Il proclama lui-même son nom : YAVHE, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour ». Nous découvrons qu’il fait alliance avec tous les hommes.

L’évangile, qui vient d’être proclamé, nous révèle ce que l’homme n’aurait jamais pu trouver tout seul, en conclusion de tout un raisonnement : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ».

Quant à saint Paul, comme l’a souligné la deuxième lecture, il nous dit que l’Esprit de Dieu est avec nous, en nous, pour nous permettre de vivre un amour qui soit à la mesure même de l’amour du Dieu, Père, Fils et Esprit Saint.

C’est l’essentiel du message de la Parole de Dieu, en cette fête de la Sainte Trinité. Ce mot n’existe pas dans toute la bible. Il a été inventé par les théologiens pour résumer ce qu’ils ont découvert, en scrutant les Ecritures, pendant des siècles.

 

La révélation de Dieu

 

Il est vrai, Jésus parle souvent de son Père. Il se déclare son Fils. Le Père lui a tout donné, et lui a tout donné à son Père. Tous deux ne font qu’UN. Jésus parle aussi du Saint Esprit, Esprit d’unité et d’amour du Père et du Fils dont il est inséparable. Voilà le vrai Dieu : Il est Père, Fils et Esprit. Pour exprimer cette même réalité on peut dire : Il est Vie, Don et Amour.

Dans le Père, Dieu est VIE. Le Père donne la vie. Ce mot revient sans cesse dans l’évangile de Jean. Dieu est le Vivant, la Source de la Vie. Le Père envoie son Fils dans le monde, pour qu’à son tour, celui-ci communique la vie, à tout homme, en plénitude.

Dans le Fils, Dieu est DON. Jésus, Fils de Dieu, s’est donné à nous. Il s’est sacrifié pour nous. Nous avons tellement besoin d’aimer et d’être aimés que nous  ne seront comblés qu’en découvrant Celui qui a donné la plus grande preuve d’amour, en mourant sur une croix.

Dans l’Esprit Saint, Dieu nous révèle l’AMOUR. La vie intime de Dieu, c’est d’aimer, comme seul un Père peut aimer, on pourrait même dire, comme seule une maman, sait aimer. C’est d’ailleurs ce que dit le prophète Isaïe : « Est-ce qu’une mère peut oublier son tout-petit ? Eh bien, même si cela arrivait, moi Dieu, je ne vous oublierais jamais ».

 

A nous de révéler le Dieu d’Amour

 

 Tout ce que nous essayons de balbutier sur le grand mystère de la Trinité ne démontre rien mais ne peut qu’évoquer quelque chose d’essentiel sur le vrai visage de Dieu, pour répondre à ceux qui déforment son image. Nous sommes créés à son image. Et ces trois mots : Vie, Don et Amour doivent exprimer quelque chose d’essentiel, pour notre vie chrétienne.

Dieu nous appelle à vivre, éternellement avec lui, en plénitude, et à nous dépasser.

Dieu nous appelle à donner. Nos relations avec Lui ne consistent pas d’abord à demander, mais à faire valoir ce qu’Il nous a donné pour le partager, pour nous donner au service de nos frères.

Enfin, Dieu nous appelle à aimer, pour vivre en plénitude, ce que Jésus nous a enseigné :   «Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

 

Conclusion

 

François de Sales, pour montrer que nous ne pouvons pas, du jour au lendemain, vivre à la perfection, ce don total de nous-mêmes à Dieu et à nos frères, écrivait à Jeanne de Chantal : « Cheminez toujours devant Dieu. Il prend plaisir à vous voir faire vos petits pas, et comme un bon père qui tient son enfant par la main, il accommodera ses pas aux vôtres et se contentera de n’aller pas plus vite que vous… Marchez joyeusement, avec une extrême confiance  en la miséricorde de votre Père, croyez qu’il vous conduira bien. Laissez-le faire ».

(XIV, 111)

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:28

2008 – Pentecôte

 

Un commencement pour l’humanité

 

Comme à Pâques, le jour de Pentecôte, il ne s’agit pas de rappeler un évènement passé. La fête de ce jour n’est pas seulement un simple rappel historique mais, elle est avant tout,  « un mémorial ». On pourrait le définir comme un évènement passé, toujours actuel. Il s’agit de la célébration, c’est-à-dire de l’accueil et de l’action de grâce pour un don actuel, pour la présence et l’action de l’Esprit Saint agissant aujourd’hui, au cœur de nos vies.

Chaque année, à la même époque, nous célébrons cette fête, parce que nous vivons dans le temps et la chronologie, selon un rythme journalier, hebdomadaire, mensuel et annuel. Aujourd’hui, Dieu nous rejoint, en son Fils Jésus qui a lui aussi vécu dans le temps. Comme il a vécu au milieu de ses apôtres, il nous rejoint aujourd’hui encore. Sa présence et son action viennent marquer, habiter et sanctifier notre existence. L’action de l’Esprit Saint est toujours la même. Il vient dans le cœur des chrétiens pour qu’ils en découvrent  une force capable de transformer leurs vies et leurs actions.

 

Un évènement bouleversant

 

La première lecture, tirée des Actes des Apôtres, a bien souligné ce qui s’est passé. Les apôtres, simples Galiléens, dont la seule langue était  l’araméen, et quelques mots de grec et de latin, se mettent à parler de sorte que tous les païens, montés à Jérusalem pour la fête du renouvellement de la Loi, les comprennent dans leurs langues. Ils représentaient tous les pays connus, à l’époque, c’est-à-dire le monde entier.

Quel changement chez les apôtres ! Eux qui avaient peur et avaient trahi parlent, sans crainte et avec assurance, de Jésus ressuscité. Leur joie et les signes de la présence de l’Esprit sont là, indubitables et accompagnés de signes extérieurs, comme le vent et les langues de feu.

C’est à la fois une surprise, une irruption, et aussi un évènement attendu dans la prière, s’appuyant sur la promesse de Jésus. Le mot même de Pentecôte (qui signifie cinquante en grec) rappelle que l’évènement s’est passé cinquante jours après Pâque, dix jours après l’Ascension, après que Jésus se soit manifesté souvent et en de nombreuses rencontres avec ses disciples. Lors de sa dernière rencontre, il les avait envoyés en mission, proclamer le règne de Dieu et baptiser, jusqu’aux extrémités de le terre, en leur demandant d’attendre la venue prochaine de l’Esprit Saint.

 

Un évènement pascal.

 

Avez-vous remarqué une divergence et même une contradiction dans les différentes lectures proposées pour la fête de Pentecôte ? Alors que les Actes des Apôtres situe l’irruption de l’Esprit Saint, cinquante jours après Pâques, l’évangile dit : « C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine ». Comme vous le savez, la bible n’est pas un journal ni un livre d’histoire. Elle veut nous révéler un message plus doctrinal qu’historique : Résurrection, Ascension  et Pentecôte sont en réalité les trois moments, les trois faces d’un même mystère, d’un même évènement.

Le temps pascal, pendant cinquante jours, est comme un unique grand jour de Pâques qui perdure. Jésus est venu dans notre monde. Il est mort sur la croix, non pas pour se donner en spectacle, mais pour nous donner son Esprit. Sa mission, son « travail » de Fils de Dieu fait Homme, a consisté à vivre une existence d’homme qui se laisse complètement habiter par l’Esprit d’Amour reçu du Père. Il lui répond en l’aimant et en nous aimant dans cet Esprit.

 

C’est comme si Jésus réécrivait  complètement, en sa personne, jusque dans la souffrance et la mort, la beauté, la fidélité de l’être humain, à la ressemblance de Dieu. Et le sommet de la mission de Jésus consiste précisément à prier son Père de nous donner leur Esprit et de nous faire vivre de lui, dans la sainteté et l’amour de nos frères.

Finalement, la Bonne Nouvelle dont sont porteurs les chrétiens, ce n’est pas seulement le récit de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus, c’est avant tout le don de l’Esprit offert à tous ceux qui s’y ouvrent par la foi, aux juifs, aux païens, à tous les hommes.

 

Un évènement actuel

 

Le jour de la Pentecôte est pour notre humanité un vrai recommencement. Aujourd’hui, se réalise ce qui était promis par les prophètes et que les rêves les plus fous ne pouvaient imaginer. L’Esprit nous est donné et il transforme le monde, si nous l’acceptons dans la foi.

La Pentecôte est certainement le jour le plus important de toute l’histoire de l’humanité. Celle-ci est comme réorientée. La transformation du monde intérieur, celle de la sainteté, est plus impressionnante que tous les progrès techniques et scientifiques, pourtant notables, de ces deux derniers siècles !

Nous avons tellement tendance à relever le négatif dans la vie des hommes que le positif nous échappe. A notre époque, comme tout au long de l’histoire de l’Eglise, il faut reconnaître des gestes de pardon et d’espérance… des victoires, petites ou grandes, sur la haine et sur la mort… des vies données… des existences pleines de prières et d’attention aux pauvres.

Mais le signe le plus fort, c’est évidemment celui de la charité. Dans la deuxième lecture, nous avons entendu saint Paul, impressionné par les dons variés de l’Esprit, rappeler aux Corinthiens que comme « notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membre qui… ne forment qu’un seul corps… Tous, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps ».

C’est pratiquement ce que disait le pape, mercredi dernier, en accueillant le responsable de l’Eglise des Arméniens : « L’Eglise est encore, en quelque sorte, en état de Pentecôte, rassemblée pour obtenir de nouvelles effusions de l’Esprit …Le Seigneur ne nous abandonne jamais dans la recherche de l’unité ».

 

Un évènement à annoncer

 

Le Seigneur nous confie aujourd’hui la même mission qu’il donnait  à la poignée de Galiléens réunis au Cénacle : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Cet héritage, il ne le confie pas comme s’il s’absentait pour toujours, car il affirme, en même temps : « Demeurez en moi comme je demeure en vous ». La mission n’est pas un envoi à l’aventure, mais une grâce de participation à la mission même du Christ qui remplit tout l’univers. La même source, la même sève, nous sont  promises : « Recevez l’Esprit Saint ».

 

Conclusion

 

François de Sales, dans son Traité de l’Amour de Dieu, nous dit : « Que l’Esprit Saint nous fortifie par les mouvements qu’il imprime en nos cœurs. Qu’il nous secoure par manière d’assistance, en nous relevant et en nous portant. Qu’il renforce nos cœurs en y versant l’amour revigorant et vivifiant, c’est toujours grâce à lui et par lui que nous vivons, que nous marchons et que nous agissons… Il ne se permet pas de nous laisser seul mais il se met en chemin avec nous et nous assiste de ses inspirations. Si bien que nous devons imaginer souvent qu’il répète à nos oreilles ce qu’il disait à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait ». (IV, 176  ou TAD, Livre III, C.

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:27

2008 – Ascension

 

Pourquoi regarder vers le ciel ?

 

C’est la question que les anges posent aux apôtres, nous venons de l’entendre dans la première lecture, alors que Jésus vient de disparaître à leurs yeux en montant vers le ciel. Mais qu’est-ce donc que le ciel ? Nous regardons naturellement vers le ciel pour tendre vers ce qui nous dépasse, vers ce qui ne pourra jamais être atteint par nos propres forces.

Nous disons du ciel qu’il est la demeure de Dieu. Cela n’a rien à voir avec les nuages, l’azur et les espaces interstellaires, même si la bible dit souvent que Dieu est au ciel et nous sur la terre.

 

Jésus monté au ciel, c’est notre foi

 

Parler du ciel, c’est une affirmation de notre foi. Nous le proclamons, chaque dimanche,  dans notre Credo : « Jésus est monté aux cieux, il est assis à la droite du Père d’où il viendra juger les vivants et les morts ». Et notre prière quotidienne commence par ces mots : « Notre Père qui es aux cieux ».

Affirmer que Jésus est au ciel, c’est dire qu’il a échappé désormais à la condition humaine de la terre et qu’il est retourné dans la gloire éternelle du Père, pour nous y préparer une place. Saint Paul écrivait aux chrétiens d’Ephèse, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture : « Dieu l’a ressuscité d’entre les morts et l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux », et il ajoute, un peu plus loin : « Celui qui est descendu (du ciel), c’est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses ».

Afin de remplir toutes choses, cela veut dire qu’en montant au ciel, Jésus ne s’est pas éloigné de nous. Au contraire, il s’est, d’une certaine façon, rendu plus proche, mais d’une présence invisible, au-delà de nos sens, qui requiert toute notre foi. Jésus est auprès du Père, dans la gloire des cieux, et quand nous disons « Notre Père qui es aux cieux », nous ne prions pas un Dieu lointain et indifférent, mais un Dieu d’amour qui s’est rendu proche par son Fils qui nous parle, à la lumière de l’Esprit Saint.

François de Sales écrivait, à  Jeanne de Chantal, affrontée à de grandes épreuves auprès d’un beau-père et d’une servante qui la faisaient beaucoup souffrir : « Plût à Dieu que nous regardions peu à la condition du chemin que nous frayons, et que nous ayons les yeux fichés sur Celui qui nous conduit et sur le bienheureux pays où il nous mène ». (XIII, 5)

 

Jésus monté au ciel, c’est notre espérance

 

Nous aussi, nous irons au ciel. Et même saint Paul écrit, dans le passage qui suit celui que nous avons entendu aujourd’hui, que nous sommes déjà au ciel avec le Christ ! « Dieu nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux dans le Christ Jésus ». Mais alors, que faisons-nous sur la terre si nous sommes déjà ressuscités et même déjà au ciel ?

C’est là qu’il nous faut bien comprendre la parole des anges aux apôtres qui regardaient vers le ciel : « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ».

Il y a deux façons de comprendre cette phrase. On dit couramment qu’il s’agit d’une parole de reproche faite aux apôtres et, à nous tous aussi, comme à ceux qui ont trop tendance à s’évader de la vie quotidienne, pour regarder vers le ciel en rêvant  à la récompense future, alors qu’il y a tant à faire pour rendre le monde meilleur. C’est le fameux « opium du peuple » ! Les anges veulent nous dire en clair : « Le ciel, c’est pour plus tard. Pour l’instant, l’important est de travailler sur terre pour y répandre le message du Christ ».

C’est dans ce sens qu’il faut  comprendre le message des anges. En fait, il n’y a aucune trace de reproches dans leurs paroles. Il posent simplement la question : « Pourquoi regardez-vous vers le ciel » ? Ils n’apportent aucune réponse claire ! Ils veulent dire tout aussi bien : « Vous regardez vers le ciel et vous avez raison, car le Christ reviendra à la fin des temps de la même manière que vous l’avez vu s’en aller.

Il s’agit alors d’une invitation à être fixé vers le ciel, non pour nous éloigner des tâches terrestres, mais pour mieux contempler le Christ dans la prière d’action de grâce. Saint Paul le fait sentir, dans sa lettre aux Colossiens : « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut »  et on peut ajouter,  à condition de bien garder les pieds sur terre !

 

Jésus monté au ciel, c’est notre espérance, aujourd’hui

 

Dimanche dernier, le pape Benoît XVI a envoyé un message aux quelque 10 000 jeunes de 15 à 17 ans, de la région parisienne, en pèlerinage à Lourdes. Il est tout à fait d’actualité pour chacun de nous, en la fête de l’Ascension.

« Par sa grâce, le Christ vous rend dignes de sa confiance et il désire que vous puissiez réaliser vos rêves les plus nobles et les plus élevés d’authentique bonheur…. Ce bonheur est d’abord un don de Dieu, qui se reçoit en empruntant les chemins inattendus de sa volonté. De tels chemins sont exigeants. Mais, ils sont aussi source de joie profonde.

Notre OUI  à Dieu fait jaillir la source du vrai bonheur. Il conforme notre vie au projet de Dieu, à la vie même de Dieu, sans pour autant entraver notre liberté et notre responsabilité ».

Dans sa lettre adressée au monde entier, « Sauvés dans l’espérance », le pape disait déjà : « Nous avons besoin des espérances, petites ou grandes, qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin. Mais, sans la grande Espérance qui doit dépasser tout le reste, elles ne suffisent pas….Cette grande Espérance ne peut être que Dieu seul, Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu’au bout, chacun individuellement et l’humanité entière. Son règne est présent là où il est aimé et où son amour nous atteint. Seul son amour nous donne la possibilité de persévérer…sans perdre l’élan de l’espérance, dans un monde imparfait. Son amour est la garantie d’une vie qui est « vraiment Vie ».

 

Conclusion

 

L’ascension est une fête d’espérance pour tous les hommes. Elle est comme un aimant qui fait monter l’humanité vers Dieu. En Jésus ressuscité, nous sommes sûrs que toute mort débouche sur une naissance à la vie nouvelle. Nous contemplons, dans le Christ monté au ciel, la vie pleinement réussie d’un Homme, entièrement tourné vers Dieu, et en totale communion avec tous les hommes ses frères. Alors pouvons-nous désespérer de l’homme d’aujourd’hui et de demain, malgré sa violence, ses infidélités  et ses révoltes ? Nous avons tous la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle, là où nous vivons, c’est un acte de foi en Dieu et d’espérance en l’homme.

Nous avons entendu deux fois notre ordre de mission, dans les lectures de ce jour. Dans les Actes des Apôtres, Jésus nous a dit : « Vous serez mes témoins à Jérusalem et jusqu’aux extrémités de la terre ». Dans l’évangile, il ajoute : « De toutes les nations, faîtes des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

Devenir missionnaires, c’est redescendre du Mont des Oliviers, d’où Jésus est monté au ciel, nous mettre en marche et ne pas rêver au ciel en restant inactifs. La mission est urgente, il faut annoncer la Bonne Nouvelle. Mais, en même temps, il nous faut reprendre courage, et comme écrit encore François de Sales à Jeanne de Chantal, au début de la Visitation à la Galerie : « Traitez les affaires de la terre avec les yeux fichés au ciel ». (XV, 101)

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:20

2008 – 7. Pâques A

 

Tournés vers l’avenir

 

Nous avons fêté jeudi dernier l’Ascension de Jésus au ciel et nous nous préparons à célébrer dimanche prochain la Pentecôte, la venue du Saint-Esprit sur les apôtres et sur l’Eglise. C’est donc une semaine de prière qui commence. Jésus, lui-même, nous en a donné l’exemple, dans ce que nous appelons la « prière sacerdotale » qu’il a faite la veille de sa mort, au cours de la dernière Cène, l’évangile vient de nous la rapporter.

Que l’Esprit Saint vienne sur nous, sur l’Eglise, sur le monde entier, pour éclairer la marche de toutes les nations, de tous les peuples du monde…Et surtout, que nous nous laissions animer, entraîner, par cet Esprit de Dieu, Esprit d’amour, de paix et d’unité qui renouvelle toutes choses.

 

Une nouvelle étape

 

Il y a de temps en temps dans nos vies des étapes à franchir vers une situation nouvelle, et  il nous arrive d’avoir peur, face à l’inconnu. C’est peut être un changement dans nos responsabilités professionnelles, ou une nouvelle naissance dans un foyer, ou un deuil, ou une séparation imprévue…

C’est ce qu’ont dû ressentir les apôtres après l’Ascension. Ils devinent  sans doute que Jésus, avec qui ils ont vécu, dans une intimité extraordinaire, durant trois ans, ne se montrera plus à eux. Comprennent-ils déjà qu’il y a quelque chose de radicalement changé dans l’histoire de l’humanité, du fait de la mort et de la résurrection du Christ ? Ce n’est pas évident du tout. Comprennent-ils que c’est à eux maintenant à poursuivre son travail ?  Ce n’est pas clair non plus, dans leur esprit. De là un certain sentiment de malaise, d’inquiétude, de peur, face à l’avenir.

Alors, ils décident de se retrouver tous ensemble  « avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères », comme nous venons de l’entendre, dans la première lecture, tirée des Actes des Apôtres. Le Maître leur avait dit : « L’Esprit que je vous enverrai vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit ». Tous ensemble, d’un seul cœur, ils prient. Ils essaient de comprendre ce qui leur arrive. Marie est là qui les aide. Grâce à sa foi et à sa finesse d’esprit, elle devine, certainement ce qui se prépare, et lentement, tout s’éclaire.

 

Une nouvelle présence

 

Tout d’abord, ils se souviennent que Jésus leur avait dit : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps ». Ils comprennent donc, que malgré les apparences, Jésus ne les a pas quittés, mais qu’il est, et  sera désormais toujours, avec eux, d’une manière toute nouvelle, à la manière de Dieu qui remplit l’univers de sa présence invisible. Ils ne le verront plus de leurs yeux, mais ils savent qu’il sera leur fidèle compagnon de route et de travail, quoi qu’il arrive. Qu’ils prient ensemble, qu’ils parlent de lui, qu’ils interviennent de sa part, qu’ils passent par l’épreuve ou la persécution, il sera là, toujours, avec eux.

Et nous, avons-nous compris cela ?  En sommes-nous sûrs ? Jésus est toujours avec nous, il nous accompagne partout, quoiqu’il arrive. Il ne nous laisse jamais tomber. Il ne nous laisse jamais seuls, même si nous avons l’impression d’être abandonnés de tous et même de Dieu !

Une deuxième chose qui s’éclaire, tout doucement, dans l’esprit des apôtres, c’est que par la mort et la résurrection de Jésus, il y a désormais un changement radical, non seulement dans leur vie personnelle, mais dans toute l’histoire du monde. Le monde n’est plus en voie de perdition, il est en voie de relèvement. La victoire du ressuscité rejaillit sur le monde entier.

En sommes-nous convaincus ? Nous pensons parfois que notre Eglise a connu son apogée au Moyen-Âge et que depuis deux ou trois cents ans, ou plus particulièrement ces derniers temps elle suivrait une courbe irrémédiablement descendante, ce qui nous rend tristes, moroses, pessimistes. Les signes ne manquent pas ! Il y a de moins en moins de prêtres de personnes consacrées, la pratique religieuse baisse et les enfants sont loin d’être tous catéchisés… Nous avons l’impression que Dieu est mort dans la conscience de la plupart des gens…

C’est là une vision superficielle des choses. Le Royaume de Dieu est là,  dans le monde, au milieu de nous, et il grandit chaque jour imperceptiblement. Ne pas y croire, ce serait douter de l’œuvre du Christ. Le monde (et nous-mêmes avec lui, car nous en faisons partie) n’est pas en voie de perdition, mais en voie de résurrection quelles que soit les apparences.

 Il faut en saisir les signes. Nous en sommes témoin, ces jours-ci, nous avons accueilli de très nombreux pèlerins croates, nous avons vécu une veillée de prière dans une basilique comble, en vue des JMJ de l’été prochain, et samedi 10 mai, la veille de la Pentecôte, des jeunes Focolari nous mettront en relation avec le monde entier, par Internet, moyen technique de communication, par excellence. Ils vont répondre au message de Benoît XVI qui nous invite à « chercher la vérité pour la partager. Celui qui a rencontré le Christ, dit encore le pape, expérimente le désir irrésistible de partager et de communiquer cette vérité ».

 

Une nouvelle mission

 

Il n’est pas demandé à tous d’employer les moyens extraordinaires, derniers cris. Mais il est demandé à tous de bien saisir ce que les apôtres, réunis au Cénacle, dans un climat de prière, d’intimité avec le Christ toujours vivant, ont fini par comprendre. Jésus a terminé sa mission sur terre, et c’est à eux, les apôtres et à nous aujourd’hui, à la poursuivre. Nous en sommes tous responsables. Jésus dit à chacun de nous : « Allez ! De toutes les nations faîtes des disciples…Soyez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ».

Ne disons pas que nous ne pouvons pas faire grand-chose, que  nous sommes un tout petit nombre. Raison de plus pour nous mettre au travail ! Le Christ est avec nous, il nous envoie son Esprit, comme aux apôtres, le jour de la Pentecôte. Et si nous passons par l’épreuve ou même la persécution, n’ayons pas peur, Jésus y est passé avant nous. Rappelons-nous aussi ce qu’écrivait Pierre, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture : « Si l’on se moque de vous, à cause de votre foi, heureux êtes-vous, puisque l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose en vous ». C’est le signe que sommes sur la bonne voie.

 

Conclusion

 

Apportons notre petite pierre, chaque jour, dans la construction du Royaume de Dieu. Favorisons sa croissance, en étant, là où nous vivons, des témoins de résurrection, d’amour et de joie. Témoigner, ne l’oublions pas, c’est d’abord se convertir soi-même, pour avoir l’audace d’être présent au monde, fier de sa foi, en laissant Dieu agir où et comme il veut.  Témoigner, c’est aussi  proposer, à ceux qui le souhaitent, de connaître et de suivre le Christ, sans vouloir à tout prix attendre  un résultat immédiat.

François de Sales, dans un entretien familier avec des Visitandines en partance pour Orléans où elles été envoyées fonder une nouvelle communauté, en 1620, disait avec réalisme : « N’ayez pas le souci de savoir si votre travail sera suivi de fruits…. On ne vous demandera pas si vous avez  recueilli du fruit, mais seulement si vous avez eu soin de bien semer ». (VI, 89)

Par collectif - Publié dans : Homélies du Père Mercier
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