Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:44

2008 – 15. Dim A

 

Une Parole qui porte fruit

 

Nous pouvons faire le lien entre la première lecture très brève d’Isaïe – seulement deux petites phrases – et le début de la parabole du semeur, que nous connaissons bien. Ces deux textes écrits à cinq siècles d’intervalle, évoquent exactement la même idée et ils sont de circonstance pour nous aujourd’hui. Ils nous invitent à l’espérance.

 

Annonce du prophète

 

Isaïe écrit à des hommes complètement découragés, dans une situation catastrophique. Ils sont déportés à Babylone et ils se mettent à douter de la bonté de Dieu. Qu’a-t-il fait de ses promesses ? Lui qui avait choisi un Peuple, qui l’avait libéré de l’esclavage d’Egypte, il semble l’oublier, le renier, le laisser à son triste sort.

Est-il encore le Dieu qui sauve ? Est-il encore le Dieu qui intervient tout au long de l’histoire ?

Dans cette situation tragique, le Peuple d’Israël doit retrouver sa foi en la parole de Dieu. Il ne doit pas oublier que, malgré les apparences, il est toujours aimé de Dieu, même si celui-ci  semble garder le silence. C’est plutôt le Peuple qui n’entend plus la voix de son Dieu.

Il y a quelques années, un théologien écrivait, dans un livre intitulé « Ce Dieu absent qui fait problème » : « La lumière du soleil existe, même si on ne la voit pas, parce que les volets sont fermés » ! Cette image veut nous faire comprendre que le silence apparent de Dieu ne signifie pas son impuissance ou son infidélité ! Elle signifie surtout notre manque de foi. Il faut ouvrir les volets !

Alors, comprenons bien l’intervention du prophète Isaïe. Il affirme que la Parole de Dieu est toujours efficace : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre…La Parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat… sans avoir accompli sa mission »

Dieu ne cesse de parler à son Peuple, même si celui-ci reste sourd. C’est une semence qui, malgré les échecs apparents, porte des fruits, au-delà de toute prévision.

 

Message de Jésus

 

Nous retrouvons exactement ce même message d’espérance, dans la parabole du semeur qui jette la semence avec profusion.

Il est bon de souligner que, lorsque Jésus a raconté cette parabole, il s’adressait à des auditeurs déçus, découragés par le peu de succès de sa prédication.

Le pauvre semeur n’a pas de chance ! Apparemment, c’est l’escalade de l’insuccès ! Au début de l’histoire nous sommes témoins de trois échecs retentissants. La récolte escomptée semble échouer lamentablement :

-         D’abord, la graine est mangée avant même de germer !

-         Puis, la jeune pousse est brûlée par le soleil, avant d’avoir pu grandir !

-         Enfin, la plante qui avait réussi à se développer est étouffée par les mauvaises herbes et les épines !

Pourquoi Jésus raconte-t-il cette série d’échecs ? On pourrait penser, en s’arrêtant à cet endroit de la parabole, que le travail du semeur a été parfaitement inutile ! Il n’en n’est rien. C’est l’image du Royaume de Dieu qui se construit. C’est l’annonce de la mort du Christ sur la croix. Apparemment, humainement c’est l’échec total ! Mais c’est aussi l’annonce de la résurrection. Quelle victoire ! Pour le comprendre, il faut lire la parabole jusqu’au bout.

 

Jésus veut affirmer, avec plus de force, la croissance irrésistible de la Parole de Dieu : « D’autres grains sont tombés sur la bonne terre et ils ont donné du fruit à raison de cent, soixante ou trente pour un ».

Les échecs précédents sont largement compensés ! Malgré les apparences contraires, la récolte aura lieu et elle sera abondante. En fin de compte, le semeur ne sera pas déçu. Le Royaume de Dieu est assuré du succès final. La Parole de Dieu ne peut pas échouer, parce que Dieu est Dieu. « Même la création sera libérée de l’esclavage », vient de nous dire saint Paul.

 

Message d’espérance

 

Finalement, la parabole du semeur est un extraordinaire message d’espérance. Admirons la tranquille assurance du semeur courageux et même entêté. Il semble gaspiller son grain !

Le semeur, c’est Dieu qui dispense sa Parole, sans compter, sachant bien que, malgré des pertes inévitables, la moisson arrivera un jour. Mais, bien sûr, le Seigneur attend notre participation. Il ne suffit pas d’attendre les bras croisés ! Il faut enlever les pierres qui encombrent le champ. Il faut arracher les épines et les chardons. Il faut, tout simplement, préparer la bonne terre, c’est-à-dire, convertir notre cœur.

François de Sales, dans le Traité de l’Amour de Dieu, en langage imagé, selon son habitude, traduit magnifiquement cet appel à la conversion : « Pour abondante que soit la fontaine, ses eaux n’entreront pas en un jardin selon leur affluence, mais selon la petitesse ou la grandeur du canal par où elles y sont conduites. Quoique l’Esprit Saint, comme une source d’eau vive, aborde de toutes parts notre cœur pour se répandre en lui, toutefois, ne voulant pas qu’elle entre en nous, sinon par le libre consentement de notre volonté, il ne la versera que selon la mesure de notre propre disposition et coopération ». (IV, 121 ou Pléiade, p. 440)

 

Message pour notre temps

 

Pendant ce temps de vacances, de répit, il est bon d’entendre le message d’optimisme et surtout d’espérance en Jésus. Il a été proclamé, il y a deux mille ans, mais il est toujours d’actualité. Nous en serons témoins, pendant cette semaine des JMJ, à Sydney, pour l’Eglise universelle, et à Annecy, pour plusieurs diocèses de la région. Le thème tiré des Actes des Apôtres en est : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous en serez alors les témoins ».

Tout ce que le Seigneur a semé en nous portera du fruit. Tout ce que nous avons semé, dans le champ du Seigneur, portera du fruit un jour. Ce message est important pour tant de parents et de grands-parents qui peuvent penser connaître l’échec, quand leurs jeunes donnent l’impression de ne pas suivre la route qu’ils leur ont tracée. Chaque jour, cette souffrance est signalée, dans les intentions de prières confiées aux Visitandines.

Il faut y croire ! Le service des enfants, des jeunes, même s’il parait incompris, sera un jour gage d’une vie de bonheur et de paix. Réveillons en nous cette espérance.

 

Conclusion

 

«Celui qui a des oreilles, qu’il entende », conclut Jésus. Souvent, nous sommes sourds, nos cœurs sont fermés à la Parole de Dieu. Nous sommes aveugles, nous ne savons pas lire « les signes des temps », les signes de l’action de Dieu dans notre vie. Malgré les apparences contraires, la moisson est en train de se préparer. Le Seigneur nous l’a promis. Il est fidèle à ses promesses. Nous pouvons lui faire confiance et avoir toujours l’audace de vivre dans l’espérance.

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:42

2008 – 14. Dim A

 

Le joug à porter avec Jésus

 

En entendant l’évangile, on a l’impression de recevoir une parole qui ne nous est pas destinée ! Jésus s’adresse directement à son Père et ses paroles résonnent comme une confidence très intime. Mais, cette confidence nous touche, elle revêt même une importance particulière pour nous.

Il y a une double leçon dans ce passage. D’abord une insistance sur la petitesse, l’humilité, la pauvreté du cœur, comme dans les Béatitudes, au début du sermon sur la montagne. Ensuite, il y a  l’appel à suivre le Christ  en acceptant de porter les épreuves de la vie comme un fardeau qui se révèle léger quand c’est le sien qu’il nous fait partager.

En somme, cette double leçon n’en fait qu’une : nous unir davantage au Christ.

 

Qui sont les petits ?

 

Toutes ces paroles vont à l’encontre de ce que le monde nous propose ! Jésus ne nous caresse pas, si l’on peut dire, dans le sens du poil ! Il semble  prendre goût à surprendre et même à heurter. Comme dans le sermon sur la montagne, il  se réjouit de ce que sa révélation ne s’adresse ni aux savants ni aux sages ou à ceux qui ont de l’importance, aux yeux des hommes, mais aux humbles et aux petits.

Il prend la peine de préciser qui sont « les tout-petits ». Il s’agit plus que d’une nuance. La première lecture tirée du prophète Zacharie va dans le même sens. Le roi victorieux des ennemis ne vient pas sur un char royal, mais « humble et monté sur un âne, un âne tout jeune ».

Dans le monde d’aujourd’hui, il faut être savant pour avoir la meilleure situation possible et gagner beaucoup d’argent. Il faut avoir beaucoup d’expérience, être compètent pour donner un avis autorisé. Au contraire, être petit, même tout-petit, et le rester, ne fait envie à personne ! Le petit est faible, il se fait écraser, il n’est jamais reconnu, encore moins célébré. Dans la bouche de Jésus qui est le tout-petit ?

 

Jésus est le vrai petit

 

Dans l’évangile de saint Matthieu, les petits sont surtout les disciples qu’il faut visiter et secourir. Rappelez-vous la célèbre parabole du  Jugement dernier : « Tout ce que vous avez fait  à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Cette parole est très précise. Le petit, par excellence, c’est Jésus, lui-même. Il a toujours refusé les places d’honneur, il s’est contenté d’entrer à Jérusalem assis sur un petit ânon. Il a pris la place du serviteur, de l’esclave, pour laver les pieds de ses disciples. Il s’est laissé accuser faussement  lors de son procès et il est mort comme un malfaiteur. Il n’a pas pu se faire plus petit !

Il rend  grâce, à son Père très bon, parce que son message est révélé aux « tout-petits », ses disciples,  les bien-aimés du Père.

François de Sales, dans cet esprit, écrivait à l’une des premières Visitandines : «Il faut avoir patience avec soi-même. Il faut flatter son cœur, le servir, l’encourager. Il faut le prendre comme un cheval de bride et le mettre fermement en soi-même, sans le laisser courir après ses sentiments et ses passions. Allez toujours de l’humilité à la douceur et de la douceur à l’humilité ». (XXVI, 296)

 

 

 

 

 

Un échange de fardeau

 

Après ces réflexions, la fin du message, la deuxième partie de l’évangile, prend toute sa valeur. Jésus parle d’un double fardeau : d’une part, un fardeau trop lourd à porter, dont il faut se décharger, et d’autre part, un fardeau qui vient de lui et qui est léger et moins difficile à supporter.

Nous sommes tous chargés de fardeaux insupportables qui pèsent sur nos épaules et risquent de nous écraser, si nous les portons seuls. Il suffit d’être attentifs à ce que nous vivons, nos faiblesses, nos épreuves personnelles ou familiales, nos infidélités, nos découragements… et aussi, ce dont nous ne sommes pas responsables, la maladie, les accidents, le chômage, les angoisses de toutes sortes…

Jésus nous propose une sorte d’échange. Remettons-lui notre fardeau et prenons celui qu’il nous propose. Déjà, dans le psaume 54, on disait : « Décharge ton fardeau sur le Seigneur, et lui prendra soin de toi ».

Les épreuves, les fardeaux, nous collent tellement à la peau que nous avons de la peine à nous en défaire. Nous avons peur, aussi, de cet autre fardeau qui vient du Christ, la Passion et la Croix ! Et pourtant, Jésus nous prévient : ce fardeau est comme un joug léger à porter. Un joug léger, ces deux mots ne vont pas ensemble. Est-ce bien sûr ?

 

En étant lié à Jésus, le joug devient léger

 

Pour bien comprendre l’image employée, il faut nous reporter à l’époque où les travaux des champs se faisaient en attelant des bœufs deux à deux. On les liait l’un à l’autre en leur posant sur le cou une lourde barre de bois, un joug, qui limitait leurs mouvements mais, surtout, les obligeait à marcher ensemble, au même pas. Le joug était une contrainte  forcément lourde, désagréable et entravant la liberté d’aller seul, à sa guise. L’image est très suggestive. Le joug ne se porte pas tout seul, il faut être deux pour cela.

Quand Jésus dit  « Prenez mon joug et devenez mes disciples », c’est pour nous inviter à nous laisser lier à lui, sous le même joug. Il s’agit d’une véritable alliance dans l’effort, pour marcher au même pas, avec le Christ.

C’est pratiquement ce qu’écrivait Paul aux Romains, comme l’évoquait la deuxième lecture : « L’Esprit de Dieu habite en vous. Si par cet Esprit, vous tuez les désordres de l’homme pécheur,  vous vivrez ».

 

Conclusion

 

Quel réconfort pour nous tous, si souvent écrasés par de nombreuses épreuves ! Attachés au Christ, nous serons plus forts sur le chemin qui nous conduit au Père. «  Personne ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler », nous dit Jésus. C’est en étant attachés au même joug, avec lui, que le Christ nous révélera les secrets que confie  le Père des cieux, dans son immense bonté, à ceux qui se font « tout-petits ».  

 

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:39

2008 – 12. Dim A

 

N’ayez pas peur, courage !

 

Après avoir entendu le prophète Jérémie, dans la première lecture, et Jésus dans l’évangile, il est frappant de constater qu’il n’y a rien de nouveau dans l’histoire des hommes. Tous les deux décrivent pratiquement ce que nous vivons aujourd’hui. Leurs analyses de la situation sont toujours de circonstance.

Comme les contemporains de Jérémie et de Jésus, il faut le reconnaître, nous avons peur. Nous avons peur face aux difficultés auxquelles nous sommes affrontés, chaque jour. Nous avons peur aussi de nous montrer chrétiens, disciples du Christ.

Cette peur empoisonne notre vie, elle nous paralyse, elle nous coupe tous nos moyens. Que faisons-nous des encouragements de Jésus : « Ne craignez pas, n’ayez  pas  peur, Je suis avec vous » ?

 

La peur nous guette

 

Dans nos familles, par exemple, lorsqu’une naissance s’annonce, ce qu’on appelle ordinairement « un heureux évènement » peut apparaître, parfois, pour certains, comme une catastrophe qui fait peur.

Face aux enfants qui grandissent, des problèmes nouveaux se posent. Comment les éduquer aujourd’hui ? On ne peut pas les protéger, les garder « en serres chaudes ». Ils sont appelés à quitter la famille où, semble-t-il, ils étaient plus en sécurité et cela fait peur.

Les jeunes, eux-mêmes, regardent l’avenir avec appréhension. Même avec des diplômes en poche, trouveront-ils du travail ? Ils se le demandent et ils ont peur.

Dans la société, que de problèmes angoissants aujourd’hui ! Arrivera-t-on à tourner à la fin de l’année, à rembourser les emprunts. On va à l’aventure et on a peur.

Dans l’Eglise aussi, on a peur. Il y a de moins en moins de prêtres et de religieuses, du moins dans nos régions, alors qu’on vit de plus en plus dans un monde d’incroyance. On rencontre des gens qui se passent royalement de Dieu et ne s’en portent pas plus mal, du moins, semble-t-il. On entend parler de crise de l’Eglise, de crise de la foi, et on a peur.

 

La peur nous stimule

 

Il est tout à fait légitime et normal de reconnaître que « tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Il ne faut pas faire semblant d’ignorer la peur. Il faut voir la réalité en face.

Le fait d’expérimenter la peur peut avoir un effet très positif. On découvre alors qu’on est terriblement démuni, qu’on est pauvre. On voit qu’on ne peut pas s’en sortir tout seul. On a besoin des autres. On a besoin d’être soutenu par d’autres.

On a besoin, surtout, de découvrir la présence de celui qui ne cesse de nous répéter : « N’ayez pas peur, je suis avec vous, jusqu’à la fin du monde ».

Pour vivre vraiment, nous avons besoin de redécouvrir, sans cesse, le Christ, le Vivant.

Il n’a pas  eu peur, Lui, du qu’en dira-t-on ! Il n’a pas eu peur de dire la Vérité. Il en a payé le prix ! Il en est mort cloué sur une croix ! Mais, il a été plus fort que la mort, il a vaincu la mort, il est ressuscité et il est, à jamais vivant, au ciel bien sûr, mais aussi « au cœur de nos vies », comme on le chantait, il y a quelques années. Avec lui, nous pouvons retrouver confiance et sortir de nos peurs.

 

 

Prophètes d’aujourd’hui

 

Nous venons de constater que la peur nous paralyse, dans la famille, dans la société et même dans l’Eglise, il ne faut pas l’occulter. Mais, il faut aussi reconnaître que beaucoup réagissent et font face aux difficultés. Ils n’ont pas peur de parler haut et fort.

Jean Paul II, et  dans le même esprit, Benoît XVI ont osé fortement dénoncer la peur et  annoncer la confiance totale au Christ, en particulier, dans la défense de la dignité de la personne humaine, du respect de la vie et de l‘amour.

Des parents prennent généreusement en main leur vie de famille, en allant à contre courant de la mentalité générale.

Des jeunes s’organisent pour faire quelque chose ensemble. Nous le verrons une fois encore, aux JMJ en juillet prochain.

Dans la société, on réagit, on s’entend pour bâtir un monde plus humain et plus fraternel.

En Eglise, enfin, on peut voir dans la baisse des vocations sacerdotales et religieuses, un appel providentiel du Seigneur invitant les laïcs à être davantage partie prenante de leurs responsabilités.

Il faut « lire les signes des temps» nous a appris le pape Jean XXIII ! Le Seigneur est à l’œuvre dans notre monde. Il nous fait vivre.

Il nous envoie aussi annoncer la Bonne  Nouvelle à tous ceux qui l’attendent de nous. Ne nous bouchons pas les oreilles, écoutons le message de Jésus, dans l’évangile de ce jour : « Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour. Ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits ».

Nous sommes tous appelés à être « prophètes » c’est-à-dire à annoncer, non pas l’avenir, mais la présence du Seigneur, dans le monde d’aujourd’hui, pas seulement, en disant de bonnes paroles, mais surtout, en restant fermes dans la foi et dans l’espérance.

Ces jours derniers, le Cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec disait,  à l’occasion du Congrès eucharistique international, qui se termine aujourd’hui : « Les chrétiens qui expérimentent la rencontre avec le Ressuscité dans l’Eucharistie, sont porteurs d’une mission qui consiste à collaborer avec Dieu, pour secourir leurs frères et sœurs ».

Les épreuves peuvent parfois nous écraser, nous tuer, mais tout ce que nous aurons fait, en suivant la route tracée par le Christ, personne ne pourra nous le prendre. C’est Jésus qui nous l’affirme. Nous pouvons le croire sur parole !

 

Conclusion

 

En ce dimanche, la Parole de Dieu nous invite à renouveler notre confiance en celui qui ne délaisse aucune de ses créatures. Celui qui s’occupe des moineaux laisserait-il tomber ses enfants ?

Quand la peur nous étreint, tournons-nous vers celui « qui nous enracine solidement dans son amour ». Nous avons entendu, dans la deuxième lecture, Paul écrire aux chrétiens de Rome et nous redire aujourd’hui : « La grâce de Dieu a comblé la multitude, cette grâce est donnée en un seul homme, Jésus le Christ.   Avec lui, restons debout, les pieds sur terre, mais le regard tourné vers la croix qui est le passage obligé pour trouver la vie, la joie de vivre.

François de Sales écrivait à Jeanne de Chantal, à Monthelon, écrasée par les épreuves, le découragement et la peur de l’avenir : «  Tenez la croix de Notre Seigneur sur votre poitrine, et ne doutez point, car, tandis que vous aurez la croix entre vos bras, l’ennemi sera toujours sous vos pieds ».

 

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:37

2008 – Fête des saints Pierre et Paul

 

Des sommets à atteindre

 

La solennité des saints Pierre et Paul marque d’un cachet particulier ce dernier dimanche du mois de juin. Ces deux grandes figures apostoliques ont progressivement fait de leur vie des chefs-d’œuvre  de don total qui les ont conduits, jusqu’au martyre. Ils nous indiquent les sommets de la vie chrétienne à atteindre, personnellement, et en Eglise.

 

Le sommet de l’unité de l’Eglise

 

Une même vénération réunit aujourd’hui ces deux piliers de l’Eglise, mais que de différences entre eux !

D’un côté, Pierre, le pêcheur du lac qui a tout quitté, sur le champ, pour répondre à l’appel de Jésus. Impétueux, primesautier, il prend toujours les devants. Il n’hésite pas à se jeter à l’eau, dans tous les sens du mot. L’évangile du jour nous le présente répondant, au nom de tous les disciples, à la question énigmatique de Jésus : « Pour vous, qui suis-je » ?

De l’autre côté, Paul, le disciple du savant Gamaliel, se révèle capable de « changer son fusil d’épaule » ! L’ardent persécuteur des chrétiens montrera la même ardeur à conquérir des cœurs au Christ.

Ces deux tempéraments et cheminements apostoliques, très différents, se côtoient, avec des oppositions de circonstances, peut-être même, avec des rivalités bien humaines.

Mais tous les deux, à un moment donné de leur vie ont répondu sans hésitation à l’appel du Maître : Pierre subjugué par trois ans d’intimité avec Jésus, et Paul, ébloui par une forte  expérience spirituelle sur la route de Damas.

Tous les deux, embarqués dans l’aventure de Jésus, sont allés jusqu’au bout, jusqu’au témoignage suprême du martyre, et qui plus est, au même endroit, à Rome qui deviendra le centre spirituel d’une même Eglise au visage multiforme.

Quoique différents, à tous points de vue, ils ont contribué, par leur dévouement, leur idée de la communauté, à jeter les bases de notre belle famille des enfants de Dieu, l’Eglise toujours vivante, dans notre monde actuel.

Nos différences, entre les mains de Dieu, encore aujourd’hui, sont précieuses. Elles construisent le royaume de Dieu et servent à l’unité qui n’est pas l’uniformité. L’unité dans la diversité est sans cesse à renouveler au cours des âges, au prix quelquefois du sacrifice de notre orgueil… Pierre et Paul nous en donne un bel exemple en nous montrant le chemin d’une vraie vie chrétienne.

 

Le sommet de la grandeur chrétienne

 

Dans leur vie de disciples, Pierre et Paul alternent grandeur et fragilité.

 Le premier se montre capable de la profession de foi la plus lumineuse, à Césarée, comme nous venons de l’entendre dans l’évangile, mais aussi du reniement le plus convaincant, au moment de la Passion !

Le second, qu’on pourrait appeler le grand athlète de Dieu, connaît des périodes de découragement et de forts doutes, marqué qu’il est dans sa chair par la faiblesse humaine. Par contre, à la fin de sa vie, il écrira à son disciple Timothée, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture : « Je me suis bien battu, j’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis resté fidèle ».

Par moments, Pierre redevient Simon et Paul redevient Saul ! Telle est la condition de tout disciple du Christ ! Telle est notre histoire personnelle !

On constate, en Pierre et Paul, les élans et les faiblesses de tout croyant, les élans et les faiblesses de chacun d’entre nous : tantôt zèle et ferveur, tantôt aridité et fragilité.

Avec Paul, nous pourrons toujours dire : « Le Seigneur m’a toujours assisté. Il m’a rempli de force pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’Evangile et le faire entendre à toutes les nations païennes ».

Avec Pierre, lorsque Dieu ne semble pas correspondre à nos attentes, lorsque nous avons l’impression  qu’il nous oublie, alors qu’en fait, il nous fait la grâce de souffrir avec son Fils, nous nous décourageons. Dans toutes les situations apparemment sans issues, Jésus nous libère, comme il a libéré Pierre de sa prison, nous l’avons entendu dans la première lecture.

 

Un appel pour aujourd’hui

 

En contemplant la vie de ces deux héros de Dieu, faite de grandeur et de fragilité, nous pouvons mieux comprendre les exigences de notre fidélité à Dieu et à l’Eglise.

Mercredi dernier, à la fin de l’audience sur la Place Saint Pierre à Rome, le pape Benoît XVI, s’adressant aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés, disait : « Nous célébrerons dimanche la solennité des saints apôtres Pierre et Paul. Que l’exemple et la constante protection de ces deux colonnes de l’Eglise, vous soutiennent, chers jeunes, dans l’effort pour suivre le Christ... Qu’ils vous aident, chers malades, à vivre votre situation avec patience et sérénité…Qu’ils vous poussent, chers jeunes mariés, à témoigner dans votre famille, de l’adhésion courageuse aux enseignements évangéliques ».

François de Sales, quant à lui, dans un sermon, le 29 juin 1593, alors qu’il n’était pas encore ordonné prêtre disait : « Notre Seigneur est cette grande première et angulaire pierre fondamentale, non seulement de l’Eglise militante, mais encore de la triomphante. Saint Pierre est pierre fondamentale, fondée sur le rocher assuré au milieu de la mer de ce monde, et lequel, plus il est battu, moins change-t-il de place…. ». (VII, 60)

Plus tard, il présentera saint Paul comme « cet incomparable maître et docteur de l’Eglise naissante qui avait pris Jésus Christ pour le thème de ses sermons, pour le but de toutes ses gloires… pour l’appui de toutes ses espérances… » (VIII, 415)

 

Conclusion

 

Pierre et Paul nous invitent à être sans cesse accueillants à la grâce de Dieu. C’est la grande leçon qu’ils nous donnent. Comme eux, nous sommes invités à nous remettre entre les mains du Christ. Cela ne peut ne peut se faire d’emblée. C’est une ascension, une course qui remplit et occupe toute une vie, un choix à renouveler chaque jour.

Vous le savez, pour célébrer le 2e millénaire de la naissance du grand « Apôtre des nations », le pape invite les chrétiens du monde entier  à faire, du 28 juin 2008 au 29 juin 2009, une « Année saint Paul ».

Dans ce but, pour nous aider, notre évêque offre gratuitement, à tous les diocésains le texte de le 1re Lettre aux Corinthiens. Chaque chrétien est invité à la lire personnellement ou de préférence en groupe. « Au-delà de la lecture, dit-il, je vous encourage aussi à prier la Parole… La Parole lue, entendue, méditée, priée, vient éclairer notre vie et donner sens à notre action, et nous fait alors porter du fruit. Elle nous donne de la joie et du bonheur ».

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:34

2005 – 11. Dim A

 

Tous, ouvriers de la moisson

 

Comme toujours, les trois lectures que nous venons d’entendre nous situent très bien dans la continuité de l’intervention de Dieu, dans l’histoire du monde. Il nous aime, il nous veut heureux et vivants ! C’est toujours vrai, aujourd’hui.

Dans la première lecture, en langage imagé, Dieu révèle sa bonté à l’égard du peuple choisi, libéré de l’esclavage : « Vous avez vu ce que j’ai fait pour vous, comment je vous ai portés sur les ailes d’un aigle pour vous amener jusqu’à moi ». On croirait entendre François de Sales nous dire en langage imagé, que nous sommes tous aimés de Dieu et appelés à la sainteté.

La libération du peuple humilié en Egypte n’était qu’un signe, une annonce, une prophétie de ce qui se réaliserait au moment de la venue du Christ, dans le monde.

C’est exactement ce que nous dit saint Paul, que nous avons entendu dans la deuxième lecture : « Alors que nous n’étions capables de rien, le Christ est mort pour nous ». Il nous a pris en charge, tels que nous sommes, capables de rien à nous tout seuls. Et, il nous a libérés, sauvés, divinisés !

 

La moisson est abondante

 

C’est ce que le Christ, lui-même veut faire comprendre, aux foules qui le suivaient, et c’est ce qu’il veut nous révéler, à nous, aujourd’hui.

Représentons-nous Jésus parcourant le pays ; il prêchait, guérissait les malades, fortifiait les malheureux. Il est écrasé par sa tâche. Il voit les gens accourir à lui. Il lit dans  leurs regards une grande détresse. Il les voit « fatigués, abattus, comme des brebis qui n’ont pas de berger ». Il en a pitié, c’est-à-dire qu’il partage leurs peines et leurs détresses. Il souffre avec eux, il sympathise.

Cette pitié de Jésus, c’était il y a vingt siècles. Est-ce que les circonstances sont différentes aujourd’hui ? Tous les jours, dans les journaux, à la radio, à la télévision, on nous rapporte des malheurs, des souffrances. Nous voyons des images insupportables ou des manifestations qui traduisent le désarroi et même le désespoir devant de trop grandes difficultés ou des problèmes insolubles telles que chômage, dépôt de bilan, violence, éducation difficile… et on pourrait encore prolonger cette triste litanie. Tous les jours, on confie aux Visitandines, de nombreux appels au secours. Nous avons l’impression que les hommes d’aujourd’hui, pour reprendre les paroles de l’évangile  sont : « Comme des brebis qui n’ont pas de berger ».

Ne fermons pas les yeux, regardons la réalité telle qu’elle est. Il y a aussi du bien, dans le monde. Ce bien existe parce que le Seigneur intervient constamment dans l’histoire du monde et dans notre propre histoire. Nous vivons, aujourd’hui, avec le Christ,  ou plutôt, le Christ habite en nous. Il fait toujours le premier pas et il attend notre réponse. C’est ce qu’il veut nous faire comprendre quand il nous dit : «La moisson est abondante ».

  Il ne parle pas de semailles, mais de moisson ! C’est lui qui a semé, dans le monde la joie, le bonheur, la vie ! Au lieu d’être toujours affectés par les misères, les angoisses, les malheurs, sachons souligner le positif, les fruits de l’œuvre du Christ dans le monde. Soyons attentifs, à tout ce que nous constatons de bien. Ce sera notre manière de moissonner avec d’autres ouvriers.

 

 

 

 

Où sont les ouvriers ?

 

Des enfants apprennent à sortir de leur égoïsme, ne serait-ce qu’en organisant des jeux ou des activités. Cela nous parait, peut-être, bien peu de chose, pour nous adultes. Pour eux,  c’est leur manière de répondre à ce que le Seigneur attend d’eux, à leur âge.

Des jeunes, que nous avons tendance à critiquer, sont capables, peut-être plus qu’autrefois, de s’engager dans des œuvres humanitaires, et même, au dire de notre évêque, ils recherchent des lieux de silence. Ils peuvent se ménager de longs moments de méditation silencieuse, comme, par exemple, le jour des Rameaux, à La Roche ou l’an dernier à la Visitation.

Et vous, parents, pourquoi êtes-vous capables de vous donner et parfois de vous sacrifier au service de vos enfants ? C’est, tout simplement, parce que un jour Jésus s’est offert en sacrifice, pour le bien de tous les hommes.

Et quand nous voyons des malades, des handicapés, des personnes âgées -  sans oublier ceux qui sont écrasés par de lourdes épreuves -  rayonner de joie, il faut reconnaître que, seul le Christ ressuscité, le Christ vivant leur donne la force, le courage de tenir leur place et dans le monde et en Eglise. Nous en sommes témoins spécialement dans tous les pèlerinages à Lourdes ou en d’autres sanctuaires.

Les membres de l’Hospitalité, eux aussi, dans le service gratuit,  sous toutes ses formes, moissonnent les fruits de la mort et de la résurrection du  Christ.  Tout en étant les premiers bénéficiaires, ils le démontrent  dans le dévouement, sans compter, ils sont les signes de celui qui a donné sa vie pour sauver le monde.

Dans toutes les situations, dans toutes les circonstances, nous moissonnons, nous recueillons les fruits de la mort et de la résurrection du Christ. C’est la base de notre foi et de notre espérance. Nous avons tous la mission de le révéler autour de nous.

 

A quelles conditions ?

 

Le Seigneur nous appelle tous, tels que nous sommes. Son équipe, comme le rapporte l’évangile, était bien disparate, elle était composée de toutes sortes de pécheurs, qui ont connu des faiblesses, le reniement et même  la trahison. Déjà dans l’Ancien Testament, les appels de Dieu s’adressaient à des gens bien peu préparés ! Moïse, parait-il, était bègue et Jérémie chétif, timide et peu éloquent. Plus près de nous, il y a 400 ans, Jeanne de Chantal citant François de Sales écrivait : « Comme disait notre bienheureux Père, Dieu sait faire de beaux ouvrages avec de chétifs outils ».

 

Conclusion

 

Le monde, les jeunes, ceux qui ne partagent pas notre foi, tous ceux qui nous voient vivre n’ont que faire de nos découragements ou de nos angoisses. Ils ont besoin de notre sérénité et de notre paix. Qu’attendons-nous pour moissonner ce qu’ont semé, à la suite du Christ, tous ceux qui nous ont permis d’être croyants et de grandir dans la foi. Répondons joyeusement à l’appel que nous adresse le Seigneur, aujourd’hui. Il ne nous jamais abandonné dans le passé. Nous sommes sûrs qu’il sera toujours avec nous. C’est le bouquet spirituel que nous laisse François de Sales : « Pensons seulement à bien faire aujourd’hui, et quand le jour de demain sera arrivé, il s’appellera aussi aujourd’hui et alors nous y penserons… Il faut faire provision de manne pour chaque jour, et pas plus. Ne doutons point, Dieu en fera pleuvoir demain d’autre, et passé demain, tous les jours de notre pèlerinage ».

 

Par collectif - Publié dans : Homélies du Père Mercier
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