Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:52

2008  – 28. Dim A

 

Un banquet de noce

 

L’évangile ne nous donne jamais de grandes définitions abstraites de Dieu ou de l’Eglise. L’évangile est plutôt un grand livre d’images ! Ainsi, aujourd’hui, Jésus nous présente Dieu comme  « un roi qui célébrait les noces de son fils ». C’est la plus belle histoire d’amour ! Jésus, le Fils de Dieu, a épousé une fiancée qu’il aimait passionnément, l’humanité tout entière !

Cette image des noces, nous la trouvons tout au long de la bible, déjà chez les prophètes Isaïe, Jérémie, Ezéchiel. Nous la trouvons aussi, chez tous les évangélistes, dans les lettres de saint Paul et dans l’Apocalypse.

D’un bout à l’autre de la révélation, les relations de Dieu avec l’humanité sont présentées comme « une alliance », des épousailles, des noces. Même après notre mort, nous serons invités à « des noces éternelles » ! Quel réconfort pour ceux qui ont perdu un être cher !

 

Le bonheur d’être rassemblés

 

Etre rassemblés, faire la fête, ces deux souhaits traversent la Parole de Dieu en ce dimanche et de manière imagée.

Isaïe déjà, nous l’avons entendu dans la première lecture, nous dit que « le Seigneur, Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples un festin sur sa montagne… Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples… Il essuiera les larmes sur tous les visages… C’est lui le Seigneur en qui nous espérions, exultons, réjouissons-nous, il nous a sauvés » !

Nous avons besoin d’entendre cette parole dans notre monde actuel ! Quel changement chez les chrétiens s’ils considéraient leur relation à Dieu, non pas comme des vérités à croire et des règles à observer, mais comme une authentique histoire d’amour !

Dieu rêve d’un banquet universel pour l’humanité entière, d’un festin royal, d’une fête  sans fin. Demandez à un enfant dans quelle circonstance il a été très heureux, il vous répondra : « Quand il y avait des invités à la maison ». Le repas de fête est un symbole de joie partagée. De nos jours, le repas de noce rassemble habituellement des convives joyeux.

 

A quelles conditions ?

 

Partant de cette réalité bien humaine, nous comprenons la déception du roi de la parabole. Les invités refusent l’invitation. Pourquoi ? Jésus suppose deux catégories de gens qui déclinent l’invitation :

Les négligents, avec une indifférence presque naturelle,  n’ont même pas l’air de se rendre compte d’avoir été invités à partager la fête. Il n’y a que leurs affaires qui comptent, le travail des champs, le commerce…Ils ne s’occupent pas des autres !

Les contestataires, quant à eux, refusent sciemment l’invitation. Ils prennent même à partie les serviteurs, les maltraitent et les mettent à mort.

Pour comprendre une telle attitude il faut savoir que, lorsque Matthieu écrit cette parabole, il fait allusion aux événements tragiques que viennent de vivre les habitants de Jérusalem, dans les années 70. La ville a été détruite. Jérusalem, vous vous rendez compte, la capitale prestigieuse d’Israël, le Peuple choisi, a été détruite. Les juifs, qui étaient les premiers invités, ont refusé l’invitation de suivre le Christ, et ils vont laisser la place aux païens.

Cet événement révèle que Dieu invite tout le monde, pêle-mêle, sans aucune discrimination. Il a même l’air de privilégier les laissés pour compte.

 

Et nous, aujourd’hui ?

 

Cette parabole  n’est pas une vielle histoire du passé, les invitations du Seigneur sont toujours actuelles. Elles ne s’adressent pas d’abord aux autres. C’est à chacun de nous qu’est adressée une invitation personnelle au festin. Avons-nous conscience d’être invités, attendus ?

 Il serait bon, chaque soir, de nous interroger sur les invitations que le Seigneur n’a cessé de nous adresser tout au long de la journée. Il serait bon, au moins chaque dimanche, de prendre le temps de nous demander quelles invitations nous n’avons pas honorées, tout au long de la semaine.

Jésus a décrit l’inconscience ou la contestation des invités du roi. Ne décrit-il pas exactement les réactions du monde moderne. Il suffit de mettre quelques exemples précis sous les expressions de jadis.

« Comment voulez-vous que j’aille à la messe tous les dimanches ? C’est le jour où nous partons en voyage. C’est le sacro-saint week-end ! Il y a l’entraînement au foot ou la compétition de ski, ou les examens à préparer, disent les jeunes. C’est le seul jour où nous pouvons faire du bricolage ou du jardinage… et beaucoup d’autres prétextes ».

Il faut le reconnaître, nous sommes pris par le matérialisme ambiant  et nous risquons de donner à Dieu la dernière place. Tant d’autres voix couvrent les invitations du Seigneur : « Venez à la noce ».Nous ne les entendons même pas !

 

Tout le monde est invité

 

Jésus nous avertit, si nous ne répondons pas nous-mêmes, si les « beaux messieurs » n’ont pas daigné répondre, la salle du festin sera pleine. Chacun est libre de venir faire la fête. Le Seigneur respecte la liberté de ses enfants.

François de Sales n’y va pas de main morte en écrivant dans le Traité de l’Amour de Dieu : « Dieu désirant que nous suivions sa volonté signifiée, nous sollicite, exhorte, incite, et nous inspire. Comment peut-on exprimer plus naïvement le désir que l’on a qu’un ami fasse bonne chère que de préparer un excellent festin, comme fit le roi de la parabole ? Mais, celui qui a vive force ouvrirait la bouche à un ami, lui fourrerait la viande dans le gosier et la lui ferait avaler… le traiterait en bête et comme un chapon qu’on veut engraisser…Dieu désire que nous fassions ce qu’il déclare ». (V, 66  ou Pléiade  L. VIII,  C. III  P. 719 )

Ces expressions très fortes de notre grand saint nous font bien comprendre qu’à chacun d’entre nous, Jésus dit : «  Venez librement au festin et invitez tous ceux que vous rencontrez à venir librement, de partout dans le monde ». Cette consigne est de circonstance en ce jour d’ouverture de la Semaine Missionnaire mondiale. Elle nous invite à mettre en pratique, tout au long de la semaine qui vient, le slogan de 2008 : 

« Que votre charité se donne de la peine ».

 

 Conclusion

 

Laissons-nous interroger par ces paroles. Ne rêvons pas d’une Eglise de purs et de parfaits. Qui que nous soyons, où que nous soyons, notre mission de baptisés nous rend semblables à ces serviteurs envoyés par le maître pour faire connaître au monde que tous les hommes, tous les peuples, sont invités par Dieu au festin du Royaume.

Au cours de cette Eucharistie, disons au Seigneur notre joie d’être ses ambassadeurs, notre joie d’être parmi ses invités et d’avoir répondu à son invitation, notre joie de savoir qu’il n’y a pas d’exclu pour la fête.

 

 

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:50

2008 – 27. Dim A

 

Les vignerons homicides

 

La parabole des vignerons qui se révoltent est à comprendre dans le sens de l’histoire du salut que le Christ nous a déjà rappelée, ces deux dimanches derniers, les ouvriers de la dernière heure et les deux fils qui ont toute liberté de dire OUI ou NON.

Vous l’avez sans doute remarqué, nous retrouvons la même idée, dans la première lecture et dans l’évangile. Jésus, comme  Isaïe, emploie le langage imagé courant à l’époque, l’image de la vigne. « La vigne du Seigneur, c’est l’univers, c’est la maison d’Israël », dit le prophète.

Les soins que le vigneron a de sa vigne donnent une petite idée de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Avec une profonde tendresse, il les a créés, il les a choyés et armés contre le mal.

Malheureusement, au lieu de produire des fruits savoureux  de fidélité et de paix, ceux-ci fabriquent la jalousie, la haine et la violence. Le Seigneur attend des hommes de beaux raisins, en fait, il ne récolte que des fruits sauvages !

Jésus a prononcé cette parabole, à Jérusalem, quelques jours seulement avant son arrestation. Le contexte était lourd de menaces. On lui reprochait de ne pas observer la Loi de Moïse, de ne pas respecter le Temple, de blasphémer le nom sacré de Dieu en osant l’appeler, tout simplement, « Père ». Il pouvait expliquer longuement son message, on refusait de l’écouter. Il en venait à constater avec tristesse : « Ils ont des oreilles pour entendre et ils ne veulent pas entendre ». Mais il pouvait prophétiser : « La pierre qu’ont rejeté les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire », la pierre indispensable, celle qui donne sur les deux façades de la maison. Sans cette pierre, l’édifice ne serait ni stable, ni solide, il serait voué à la destruction.

 

Tout homme est aimé

 

Jésus prononce cette parabole sévère devant des notables sûrs d’eux-mêmes. Elle raconte une série d’assassinats et elle se termine par une condamnation à mort. Prêtres et pharisiens ne pouvaient pas ne pas se reconnaître visés directement. Cependant Jésus n’en reste pas là : devant ces hommes passionnés par l’amour de leur patrie, il annonce clairement : « Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera porter son fruit ».

Jésus risquait sa vie et il le savait bien. Dieu, son Père, l’avait chargé d’annoncer une Bonne nouvelle. Elle tenait en quelques mots : « Tout homme est aimé par un Dieu plein de tendresse, tout homme est appelé à devenir Fils de Dieu, tous les hommes sont frères ».

Ce message si simple bousculait trop de routines et suscitait la colère et la haine. Jésus restait fidèle à sa mission, il ne pouvait pas se renier lui-même. Il le savait, la croix se profilait déjà au terme de cette fidélité. C’était inévitable !

 

Le mystère d’amour

 

Au cours de la messe, après la consécration, nous chanterons : « Proclamons le mystère de la foi ». Le plus grand mystère que nous sommes appelés à recevoir dans la foi, c’est celui de la croix. Comment la croix du Christ nous concerne-t-elle encore aujourd’hui ? La seule réponse tient dans la parole bien connue de Jésus : «La plus grande preuve d’amour, c’est de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

 

 

Donner sa vie, donner sa vie comme le Christ, qu’est-ce que cela veut dire, pour nous ? Il arrive que des hommes soient conduits à donner entièrement leur vie pour sauver celle d’autres hommes. C’est le cas, par exemple, des sauveteurs dans un naufrage, un incendie ou un tremblement de terre. C’est le cas de certains journalistes ou de volontaires de la paix dans des pays déchirés par la guerre. Les disciples du Christ sont appelés à être parmi les premiers présents dans de telles situations. C’est d’ailleurs l’honneur des chrétiens que de l’être souvent.

Tout au long de l’histoire de l’Eglise, nombreux sont ceux qui se sont sacrifiés pour leurs frères. Il est bon d’évoquer, plus près de nous, le Père Maximilien Kolbe échangeant sa mort contre la vie d’un de ses compagnons de déportation, ou le visage bien connu de la bienheureuse Mère Teresa se donnant jour et nuit au service des miséreux de Calcutta.

 

Des gestes cachés

 

Pour donner sa vie à la suite du Christ, il est parfois demandé des gestes héroïques, mais il ne faut pas oublier les dons de soi plus modestes, plus cachés, plus quotidiens.

Pour nous-mêmes, donner notre vie devrait se traduire  habituellement par la recherche simple du service de nos frères et de nos sœurs, par l’accueil, l’écoute, le partage, l’entraide, la lutte pour la justice et pour le bonheur de tant d’hommes et de femmes écrasés par la maladie, le chômage, le mépris et la guerre.

Jeanne de Chantal, dans une conversation familière avec les premières Visitandines, parle du « martyre d’amour » à vivre « depuis le moment que nous nous sommes livrées sans réserve à Dieu jusqu’au moment de notre mort ».

 A la question d’une Sœur qui lui demande si ce «martyre d’amour » peut être comparé au martyre corporel, au sens propre du mot, elle répond : « Ne cherchons point l’égalité, quoique je pense que l’un ne cède rien à l’autre, car « l’amour est fort comme la mort » et les martyrs d’amour souffrent mille fois plus, en gardant leur vie, pour faire la volonté de Dieu que s’il en  fallait  mille pour témoigner de leur foi, de leur amour et de leur fidélité ».

 

Conclusion

 

A la suite de Jeanne de Chantal, suivons le Christ crucifié, dans notre vie de chaque jour. Il s’est voulu solidaire de toutes les misères du monde. Notre regard tourné vers la croix nous rappelle que mille gestes sont à inventer chaque jour pour redire au monde que le don de soi, c’est la condition d’un amour qui ne se paie pas de mots. C’est une manière d’annoncer la Bonne Nouvelle, aux hommes d’aujourd’hui qui l’attendent de nous, peut-être sans le savoir !

Vous vous rappelez, tout au long de la Semaine Salésienne, en août dernier, nous avons insisté sur l’importance de la Parole de Dieu à accueillir et à proclamer. C’était en prévision du Synode romain qui commence aujourd’hui, à Rome, et se tiendra jusqu’au 26 octobre. Il sera, selon la pensée de notre pape, pour  les chrétiens du monde entier, « source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise ».

Alors, selon l’expression de saint Paul, entendue dans la deuxième lecture : « La paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera vos cœurs et vos intelligences dans le Christ Jésus ».

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:49

2008 – 26. Dim A

 

Mon petit coin de vigne

 

Comme dimanche dernier, dans l’évangile de ce jour, il est question de la vigne. La vigne, c’est une image d’amour. C’est l’image traditionnelle, dans la bible, du peuple choisi par Dieu. Puis, c’est devenu avec Jésus l’image du monde des hommes. « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils, son Unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle ».

 

« Va travailler à ma vigne »

 

Chaque jour, le Seigneur nous invite tous à travailler à sa vigne, à construire son Royaume, c’est-à-dire un monde de paix de justice et de fraternité, un monde où l’on est heureux de vivre ensemble, même entre gens très divers.

Le petit espace de sa vigne que Dieu nous confie, c’est notre famille, nos voisins, nos amis, nos collègues de travail, nos différentes communautés, le territoire de nos relations quotidiennes. Nous en sommes responsables. Nous devons y être des ferments d’amour, de justice, de paix et de bonheur. Nous sommes invités à y apporter un peu de la lumière du Christ.

Comment répondons-nous à cet appel ? Peut-être sommes-nous comme ces enfants qui disent toujours OUI à leurs parents, mais ce sont des OUI qui n’ont pas de suite et qui n’engagent à rien.

 

OUI  ou  NON ?

 

Que de fois nous disons OUI à Dieu de cette manière ! Même à la messe, quand nous répondons Amen, à la fin d’une prière. Cet  Amen signifie OUI, d’accord, mais nous n’avons même pas fait attention au contenu de cette prière !

Ou bien, quand nous recevons le Corps du Christ, à la communion, nous répondons Amen, d’accord. Cet Amen signifie : « OUI, je viens m’unir à Toi pour mieux travailler à ce petit coin de vigne que tu m’as confié ». Y pensons-nous vraiment ?

Notre pratique religieuse habituelle – ce qui est très positif – comporte ainsi toute une série de OUI que nous disons à Dieu. S’ils n’ont pas de suite ni de répercussions sur notre manière de vivre et d’agir, ne vivons-nous pas dans une certaine hypocrisie ? Notre pratique risque d’être un mensonge continuel, nous disons OUI et nous faisons NON !

Jésus nous laisse entendre que Dieu préférerait  presque que nous répondions franchement NON, quitte à réfléchir ensuite, à nous repentir, et à faire ce qu’il attend de nous, même si c’est à la dernière heure.

Jésus nous dit cela d’une manière brutale, c’est pour nous faire réfléchir. Aux prêtres et anciens qui lui font face, et à nous aujourd’hui, il déclare : « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu » ! Faut-il alors fréquenter les femmes de mauvaise vie pour parvenir au Royaume de Dieu ? Non, bien sûr, Jésus ajoute aussitôt : «  Eux se sont convertis à la parole de Jean-Baptiste, ils y ont cru, ils ont changé de vie, tandis que vous, vous ne vous êtes même pas repentis ».

 

 

 

 

 

 

Appel à la conversion

 

Première remarque : Ce qui fait la valeur de notre vie aux yeux de Dieu, ce ne sont pas d’abord des prières ou une pratique religieuse routinières et mécaniques, ce sont nos actes, nos décisions, nos engagements. Si nous en restons à des OUI superficiels, sans suite, nous méritons le reproche de Jésus : « Il disent OUI et ils font NON ». Notre vie chrétienne devient alors purement formaliste. Ce sont nos actes qui parlent. « La foi qui n’agit pas est morte ». La foi agit par l’amour.

Deuxième remarque : On peut toujours se convertir, on peut toujours changer et se redresser. Il n’est jamais trop tard. En chacun de nous, c’est vrai, il y a le meilleur et le pire, mais, avec la grâce de Dieu, quelque soit notre situation morale ou religieuse, c’est toujours le meilleur qui peut l’emporter.

 

A la suite de saint Paul

 

Dans sa lettre aux Philippiens, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture, il appelle les chrétiens à vivre dans l’amour fraternel, l’unité, le respect des qualités de chacun. Ce n’est pas seulement une exhortation morale qui leur viendrait en quelque sorte de l’extérieur. C’est une exigence intérieure. Il s’agit de vivre, dit-il, d’aimer « comme on fait quand on est dans le Christ », c’est-à-dire quand on est devenu membre du Corps du Christ.

Autrement dit, devenons ce que nous sommes. Reproduisons en nous l’amour filial de Jésus pour son Père, puisqu’il a fait de nous des fils de Dieu. Suivons-le sur le chemin d’obéissance qui est le chemin de Vie, de sa Vie. Fixons les yeux sur lui, méditons son exemple. Que sa vie, sa passion et sa gloire soient notre contemplation incessante puisque c’est en elles que le baptême nous a fait renaître.

Laissons-nous attirer par lui. Dans la prière, il nous donnera la force de son Esprit, pour dire toujours un OUI franc et sincère, pour faire, comme lui, toujours, la volonté du Père.

 

François de Sales

 

Dans le Traité de l’Amour de Dieu, nous dit que « le désir que Dieu a de nous faire observer les commandements est extrême … Plusieurs font la volonté de Dieu comme on avale des médicaments, plus par crainte de mourir damné, que pour le plaisir de vivre au gré du Sauveur. Pour agréable que soit un médicament, certaines personnes ont du contre cœur à le prendre, seulement parce qu’il porte le nom de médicament, aussi, y a-t-il des âmes qui ont en horreur les actions commandées, seulement, parce qu’elles sont commandées.

Au contraire, le cœur amoureux aime les commandements, et plus ils sont difficiles, plus il les trouvent doux et agréables, parce qu’il complaît plus parfaitement au Bien Aimé et lui rend plus d’honneur. La Loi du Sauveur est une charge qui délasse, qui soulage et recrée les cœurs qui aiment sa divine majesté ». Nous retrouvons la même idée évoquée dans le fameux slogan : « Tout par amour, rien par force ».

 

Conclusion

 

Travaillons avec amour, là où nous avons nos responsabilités et nos relations quotidiennes, pour la gloire et la joie de Dieu et pour le bien de notre entourage. Commençons dès maintenant dans l’Eucharistie  où nous portons les intentions de tous ceux qui vivent dans ce coin de vigne qui nous est confié.

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:47

2005 – 25. Dim A

 

Dieu serait-il injuste ?

 

Dans ses paraboles, on a l’impression que Jésus aime bien surprendre ses auditeurs. Aujourd’hui, l’histoire, nous semble-t-il, frise une grave injustice sociale. Un patron  rémunère ses ouvriers, à sa guise, selon son bon plaisir,  et non en fonction du travail réel fourni dans la journée.

 

Pourquoi nous étonner de la générosité de Dieu ?

 

Si nous partageons l’étonnement des premiers ouvriers, c’est que nous oublions qu’il s’agit d’une parabole. Il ne faut pas la prendre au pied de la lettre, mais découvrir son sens orienté vers la découverte du Royaume des cieux et de ses mystères. A aucun moment ici, il n’est question de justice sociale ni de « salaire minimum garanti » !

Il s’agit du maître d’un domaine qui se soucie de faire produire son bien le plus précieux, sa vigne. Dans la bible, la vigne est le bien le plus aimé, dont on prend soin avec une attention toute particulière. Dans le livre du prophète Isaïe, il est question « du chant du bien- aimé pour sa vigne ».

Dans la parabole, on a de la peine à comprendre le choix du maître du domaine. Normalement, il aurait dû choisir les ouvriers les meilleurs, les plus qualifiés, pour travailler au bon rendement de sa vigne. En fait, il choisit tous ceux qu’il trouve, d’heure en heure, sur la place du village, sans tenir compte de leurs compétences. Il doit bien y avoir une raison ! Nous le comprendrons mieux tout à l’heure.

Deux éléments nous frappent dans sa manière de faire. Tout d’abord, le salaire qu’il propose (une pièce d’argent pour la journée, ce qui est au-dessus du salaire normal de l’époque) et surtout sur lequel il se met « d’accord avec eux ». Cela montre sa générosité et son ouverture d’esprit. Il n’est pas un maître dur et hautain. Au contraire, il traite ses ouvriers comme des partenaires égaux. C’était des choses qui ne se faisaient pas, à l’époque !

De plus, il se comporte de la même manière tout au long de la journée. Il est très proche de tous ceux qu’il embauche. Il est généreux à l’égard de tous.

Quand arrive le soir, au moment de la rétribution, nouvelle surprise ! Les derniers arrivés sont gratifiés les premiers, et surtout, les ouvriers du matin sont traités de la même manière que les autres. Y a-t-il injustice ? Pas du tout, si nous comprenons bien ce qu’est le Royaume de Dieu. Nous n’y sommes pas récompensés en fonction du travail fourni, mais, selon la libéralité, selon l’amour du Maître et Seigneur. Nous n’avons pas à calculer ce qui « nous revient », mais, à accepter de grand cœur les dons larges et généreux d’un Père qui nous récompense toujours, au-delà de nos espérances.

 

Laissons-nous étonner par l’attitude de Dieu

 

De quel œil regardons-nous les dons de Dieu qui nous sont prodigués généreusement ? Lui, il donne à chacun ce qui lui plaît. Il s’agit de « son bien » et « parce qu’il est bon ». La protestation de l’ouvrier fatigué qui calcule la valeur vénale de son travail est basée sur le regard d’un « œil mauvais ». Il ne sait pas reconnaître la bonté du maître parce que son œil est centré sur lui-même, il ne voit que ses propres intérêts et non pas ceux du maître et de sa « vigne bien-aimée ».

C’est vrai, Dieu semble brouiller les cartes de nos jugements humains, trop humains.

 

Rappelez-vous, nous l’avons entendu dans la première lecture, Isaïe disait : «  Mes pensées ne sont pas vos pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins ». Nous imaginons trop facilement notre place au Royaume de Dieu, selon nos calculs, selon notre justice et selon notre logique. Si notre œil était bon, notre cœur comprendrait la logique du Seigneur qui nous récompense toujours bien au-delà de nos pensées et de nos mérites.

 

La parabole d’hier est toujours valable aujourd’hui

 

Il est important de rappeler que la parabole des ouvriers de la onzième heure a été rédigée à l’époque où les chrétiens issus du judaïsme rivalisaient avec ceux issus du paganisme. Les judéo-chrétiens se croyaient « meilleurs chrétiens » que les anciens païens qui, eux, n’avaient pas enduré « le poids du jour et de la chaleur », c’est-à-dire les nombreuses observances de la loi de Moïse et de tous ses préceptes. Ils en étaient jaloux !

Et nous, aujourd’hui ? Nous sommes toujours enclins à nous juger les uns les autres et à décider, par nous-mêmes, ceux qui, selon nous, sont les plus « méritants » et qui devraient être récompensés davantage. En général, nous nous mettons spontanément dans le lot des ouvriers les plus « méritants » et nous regardons, « avec un œil mauvais », ceux que nous appelons « les recommençants » ou les convertis de la dernière heure qui ont vécu sans s’occuper des exigences d’une vie chrétienne. Le plus grand pécheur qui se convertit, ne serait-ce qu’une minute avant sa mort, est semblable à l’ouvrier qui se laisse embaucher juste avant la fin du jour. Si nous sommes jaloux, nous n’avons rien compris !

 

François de Sales

 

Dans son Introduction à la Vie Dévote, écrit à sa Philothée qu’il faut «voir par le menu », c’est-à-dire, en détail, « que Dieu vous a comblée, qu’il a spécialement veillé sur vous ». Il vous a fait don d’un corps, d’une intelligence, de faveurs spirituelles. « A votre abîme d’ingratitude, il oppose un abîme de faveurs ». Il fait pour vous des merveilles.

Dans son Traité de l’Amour de Dieu, il va encore plus loin. Il signale que les dons gratuits du Seigneur sont très variés. A ceux qui seraient tentés de dire que certains seraient favorisés, qu’ils auraient reçu plus de talents, il répond que chacun a reçu ce qui lui convient. Dans son langage imagé, il dit qu’il ne faut pas chercher pourquoi Dieu a fait « les melons plus gros que les fraises, les lis plus grands que les violettes… et le paon plus beau que la chauve-souris » !

 

Conclusion

 

L’évangile de ce jour nous laisse un message important.  Si nous avons compris qui est Dieu, quel est son Amour à notre égard,  nous n’aurons jamais de « mérites » à revendiquer et à mettre en avant, pour espérer une meilleure récompense, aujourd’hui dans l’Eglise, ni au ciel après notre mort. Le Salut est entièrement gratuit, il ne dépend pas de nos œuvres. C’est par la grâce que nous sommes sauvés, et notre réponse ici-bas, c’est notre foi, notre espérance, notre amour en face du Seigneur qui est juste en toutes ses voies, et comme dit le psaume : « fidèle en tout ce qu’il fait ».

 

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:45

2008 – 18 Dim A

 

Tout est gratuit !

 

Nous venons d’entendre, dans la première lecture, des propos surprenants du prophète Isaïe qui risquent même de nous scandaliser : « Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait, sans argent et sans rien payer ». Comment comprendre cette invitation ? Rappelons-nous, avant tout, que la bible n’est pas un traité de justice sociale ! Elle utilise une méthode imagée, à partir de nos vues humaines, pour nous révéler un message important qui nous dépasse.

Le lait est la nourriture fondamentale, la première de notre enfance. Le vin, en principe réservé aux adultes, n’est pas absolument indispensable pour la survie, mais, selon le livre des Juges, « Il réjouit Dieu et les hommes ». En plus du nécessaire, il nous offre un certain plaisir, un bonheur de vivre.

Acheter sans rien donner en échange, ce n’est pas vraiment acheter, c’est recevoir. Ce qui est donné, essentiellement, pour vivre, c’est la Parole de Dieu : « Ecoutez et vous vivrez », dit encore Isaïe. C’est vrai pour tout l’évangile et en particulier pour le magnifique récit de la multiplication des pains que nous venons d’entendre.

 

Du pain et des poissons

 

Les disciples veulent renvoyer les gens pour qu’ils aillent, eux aussi, acheter. Ce n’est pas le dessein de Dieu : ils n’auront ni à se déplacer, ni à payer. Pourquoi aller chercher ailleurs alors que le Christ est là ? Pourquoi payer ? Ont-ils payé leur venue au monde ? Le don de Dieu n’a pas de prix. Ils ne vont pas recevoir du lait et du vin, symboles de notre existence terrestre, comme l’annonçait le prophète, mais du pain et  du poisson.

Il y a dans ce fait tout un message à relever. Pour les premiers chrétiens, ces aliments sont des figures du Christ lui-même.

A l’époque, on représentait le Christ sous la forme d’un poisson, mot qui se dit en grec « icthus », c’est l’anagramme de l’expression « Jésus, Fils de Dieu Sauveur ».

Quant au pain, il annonçait le Christ présent dans l’eucharistie, « nourriture de vie éternelle », comme le décrit longuement saint Jean dans son évangile.

La multiplication des pains et des poissons est une prophétie, elle annonce, ce que nous appelons, le mystère pascal, une anticipation du don gratuit que le Christ nous fera de lui-même. Ce don est tellement extraordinaire qu’il dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, nos besoins, nos espérances. Ce dépassement est signifié par les douze paniers de reste. Nos faims ne sont pas à la hauteur du don de Dieu.

 

Pain partagé

 

Avez-vous remarqué, qu’au moment de faire distribuer les pains et les poissons Jésus prononce exactement les mots que le prêtre dit au début de la consécration à la messe : « Il prit les pains, les bénit, les rompit et les donna aux disciples… ». Ce sont les mêmes mots que nous entendons dans tous  les récits du dernier repas de Jésus, à la Cène, le Jeudi Saint.

Il est à remarquer que Jésus ne nourrit pas la foule, à partir de rien. Il aurait très bien pu le faire. Les pains et les poissons auraient très bien pu foisonner directement de ses mains.

 Au contraire, ce sont les disciples qui prennent les morceaux des cinq pains et des deux poissons et se mettent à les distribuer. C’est entre leurs mains que le signe s’accomplit à tel point que Jésus disparaît du récit au moment où la distribution commence. Il est important de le souligner.

Il y a certainement là une annonce, un signe, une figure de l’Eglise, de ce que nous vivons actuellement. « Tous mangèrent à leur faim », dit le texte. On pourrait aussi bien dire : « chacun selon sa faim ».

Nous sommes tous invités à mesurer le don de ce que nous recevons, dans chaque eucharistie. Dieu, lui, se donne tout entier à chacun. Nous sommes tous invités à reconnaître la quantité d’amour que nous recevons, non pas pour l’emmagasiner jalousement pour nous seuls, mais pour le faire passer, à travers nous, vers les autres.

Le Seigneur attend notre participation, aujourd’hui, comme il a fait appel à ses disciples. Ceux-ci n’ont pas été seulement les acteurs de la distribution mais ils ont dû aussi fournir les cinq pains et les deux poissons. L’amour trouve son origine en Dieu. Saint Paul l’écrit aux Romains, nous venons de l’entendre dans la deuxième lecture : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus, le Christ, notre Seigneur ». Mais si l’amour vient de Dieu, il nous atteint aussi les uns par les autres.

Chacun de nous est un chemin par lequel l’amour, porteur de vie, peut circuler. Ainsi se construit le Corps unique du Christ, dans son Eglise.

 

Faim de pain ou faim de Dieu ?

 

Malheureusement dans notre monde, des gens, des enfants surtout, meurent de faim, ils ont besoin de pain. L’homme est un être de besoin. Il le partage d’ailleurs avec tout ce qui existe. La plante a besoin d’eau, de lumière et de chaleur. Les animaux, eux-mêmes, recherchent la compagnie.

Nous sommes appelés à rechercher, en dehors de nous, ce qui nous fait vivre. Nous n’existons que par les autres et tout se fonde sur des relations avec les autres. Bien souvent les médias nous informent de drames de la solitude ! Exister, c’est être relié avec d’autres, avec un passé, avec un avenir.

Beaucoup de personnes vivent dans une insatisfaction permanente, elles ont la nostalgie d’un ailleurs, d’un meilleur. C’est sans doute pour cela que cinq mille hommes se sont rassemblés un jour autour de Jésus. Les disciples débordés demandent à Jésus de renvoyer  cette foule affamée.

Jésus leur fait comprendre que c’est sur place, ici même, que se trouve la vraie nourriture et il leur confie la mission de la distribuer. Il veut surtout leur faire comprendre que « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». La Parole de Dieu est la vraie nourriture qui, seule, peut nous combler. Le pain de nos tables, si nécessaire à notre corps, en est le signe.

 

Conclusion

 

« Donnez-leur vous-mêmes  à manger », nous dit Jésus, aujourd’hui. Le  temps des  vacances est favorable aux échanges, au dialogue. Ceux que nous allons rencontrer, cette semaine, attendent de nous que nous leur redonnions le goût de vivre, le courage, l’espérance au milieu des tâches quotidiennes. Ce que les gens attendent de nous, c’est surtout le pain de l’amitié, le pain du courage et de la joie, le pain du sourire, de la fraternité et de l’écoute mutuelle. Ils attendent que nous les aidions à redécouvrir la joie d’aimer et de partager, la joie de savoir vivre ensemble, même entre gens, apparemment très différents, mais tous frères ! Répondons à leur attente, nous qui savons le secret de la  vraie vie, la foi en Jésus le Christ, toujours avec nous, y compris au milieu de toutes nos épreuves.

François de Sales nous dit aujourd’hui, ce qu’il écrivait à Jeanne de Chantal, souffrant le martyre auprès d’un beau-père et de sa servante, à Monthelon, pour le bien des ses enfants : « Tous les chemins sont bons à ceux que Dieu tient de sa main ». (XIII, 141)

Par collectif - Publié dans : Homélies du Père Mercier
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