Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /2009 16:51

2009 – Le baptême du Seigneur

 

Une histoire de passages !

 

La fête du baptême  de Jésus nous permet de mieux découvrir le sens de notre baptême. Il vient de loin… et même de très loin. Nous n’avons probablement pas été baptisés par immersion, selon la coutume de l’Eglise primitive. Mais, l’eau versée sur notre front voulait évoquer le baptême donné par Jean Baptiste, dans l’eau. Symboliquement, chacun de nous a refait ce que le Seigneur Jésus avait fait, et Jésus, lui-même, avait fait ce que certains de ses contemporains faisaient : ils traversaient l’eau.

Ils imitaient, dans le Jourdain, ce que leurs ancêtres avaient fait, pour fuir l’Egypte. Ils avaient traversé un bras de la mer Rouge. Dans l’imaginaire du peuple juif, cette traversée avait pris la dimension d’une épopée où l’on chantait l’aventure d’un peuple immense, traversant une mer profonde, aux flots miraculeusement écartés, pour permettre le passage. Rappelez-vous « Les dix commandements », la représentation grandiose du film à grand spectacle.

Si l’imagination a amplifié cet évènement, c’est parce que ce passage a provoqué chez eux des changements très importants. Ils étaient esclaves, les voici libres. Ils étaient fuyards, les voici unis comme un peuple. Ils étaient soumis  à de nombreuses divinités, ils allaient adorer le Dieu unique.

Toute leur manière de vivre, toute leur raison de vivre changeaient. Ils faisaient l’expérience que ce Dieu unique, qui s’était jadis révélé à Moïse, les aimait. Il se préoccupait de leur sort, il voulait leur liberté, leur bonheur. Il se proposait de faire alliance avec eux, en leur donnant, sur la mont Sinaï, une ligne de conduite : les commandements.

 

Passer d’une manière de vivre à une autre

 

Au temps de Jésus, des hommes constatant qu’ils s’étaient écartés de ce code de vie donné par le Seigneur, et prenant conscience de la futilité de leur manière de vivre, viennent écouter Jean-Baptiste. Touchés par son enseignement, ils désirent changer leur comportement et se donner d’autres raisons de vivre. Pour manifester publiquement leur décision, ils vont, non pas jusqu’à la mer Rouge qui est trop loin, mais dans ce fleuve qui irrigue le désert en apportant la végétation et la vie, le Jourdain.

Ce désir de changer de vie était une conversion. Ils réalisaient ainsi ce qu’annonçait le prophète Isaïe, nous l’avons entendu dans la première lecture : «Prêtez l’oreille, venez à moi, écoutez et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle…Que le méchant abandonne son chemin…Qu’il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes chemins ne sont pas vos chemins ».

 

Solidaire de ce cheminement

 

En recevant le baptême de l’eau, comme ses contemporains, Jésus montre d’abord qu’il est héritier de la longue histoire de ce peuple. En même temps, il manifeste qu’il est solidaire de ceux qui reçoivent le baptême de Jean-Baptiste.

D’autre part, ce passage dans l’eau du Jourdain modifie profondément sa vie. Il n’est plus seulement le fils de Marie ! L’évangile nous dit : « Du ciel une voix se fit entendre : C’est toi mon Fils bien-aimé ». Il est le Fils de Dieu. Il n’est plus seulement le fils du charpentier, il est le porte-parole du Père.

 Quand il remonte de l’eau et que le ciel s’ouvre, il veut nous faire comprendre qu’un jour, il sortira de terre pour être près de son Père. C’est sa résurrection qui nous est annoncée. Le baptême nous fait passer, avec le Christ, de la mort à la vie.

 

Enracinés dans cette histoire

 

Notre propre baptême, enrichi  de toute cette histoire, est très enraciné et il nous enracine, par là même, dans l’histoire du peuple de Dieu, dès l’origine, et dans l’Eglise, aujourd’hui.

De même que  par son baptême, Jésus marquait sa solidarité avec toute la lignée des « chercheurs de Dieu », tout au long de l’Ancienne Alliance, de même notre baptême fait de nous, des compagnons, des frères et des sœurs de Jésus, et donc, comme Lui, des fils et des filles de Dieu. Comme Lui, de changement en passages successifs, dans les différents âges de notre vie, nous marchons vers la résurrection, vers la vie qui ne finit pas.

En fin de compte, notre baptême fait de nous des hommes et des femmes qui  s’efforcent de convertir leur vie, pour ressembler à Jésus et se reconnaître solidaires d’un peuple. C’est ce qu’écrivait saint Jean, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture : « Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu ».

 

En marche vers la Vie

 

De tous temps, des personnes ont pris conscience de la vanité, de la superficialité de certaines de leurs manières de vivre quand, par exemple tout est basé sur les jeux, les amusements, la chance, l’argent facile etc. … ou, à l’opposé, des personnes écrasées par les épreuves, le chômage, la maladie, le deuil etc. … ont voulu opter pour une vie qui  ait un sens, du poids, de la densité.

Pour cette raison, il faut bien nous en rendre compte et le souligner, chaque année, dans notre pays, plusieurs milliers de jeunes aînés et d’adultes se préparent et reçoivent le baptême, l’eucharistie, la confirmation. Ils manifestent ainsi leur conversion.

Nous qui avons été baptisés, la plupart, sans doute, depuis notre plus tendre enfance,  nous avons constamment à nous convertir. Que cette eucharistie nous permette de raviver notre propre baptême et d’enraciner notre vie en Dieu. Avec Lui seul, nous pouvons prendre la direction de l’éternité et trouver le bonheur dès maintenant et pour toujours.

 

Conclusion

 

François de Sales commentant l’évangile de ce jour, l’année de sa mort, en 1622 disait : « Dieu le Père a parlé pour rendre ce témoignage lorsque Notre Seigneur reçut le baptême au fleuve Jourdain, car on entendit alors cette voix : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé auquel j’ai pris tout mon plaisir, écoutez-le ».

Comme s’il voulait dire : « O, pauvre peuple, vous m’aviez tellement fâché par vos iniquités que j’avais résolu de vous perdre et abîmer tous. Mais voici que je vous envoie mon Fils, pour vous réconcilier avec moi, car tout mon plaisir est à le regarder et considérer. En ce regard, je trouve tant de complaisance que j’en oublie tous les déplaisirs que je reçois de vos péchés. Ecoutez-le donc » ! Par cette parole, le Père montre qu’il a envoyé son Fils, pour nous enseigner et nous sauver.

Hé, veut-il dire, ne doutez point de sa doctrine, car il est la Vérité même, et pour cela écoutez-le bien, sa doctrine est toute divine, et si vous la pratiquez et suivez, elle vous conduira à la vie éternelle ». (X, 368)

 

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Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /2009 15:12

2009- Epiphanie

 

Le sauveur de tous les hommes

 

« Des mages venus de l’orient, guidés par une étoile, viennent adorer l’enfant », telle est la présentation traditionnelle de la fête de l’Epiphanie, dans l’évangile de saint Matthieu, qui est le seul des quatre évangélistes à relater cette histoire. Il est difficile, sinon impossible, de cerner les contours historiques de ce récit. Qui étaient-ils, ces mages ? La tradition en a fait des rois, ce qui n’est écrit nulle part ! Par contre, nous savons qu’ils étaient savants, astrologues habitués à scruter le ciel et ses étoiles.

Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas face à un reportage, mais devant la foi de la première communauté chrétienne, ce qui ne manque ni d’intérêt ni d’importance. Il faut dépasser la lecture anecdotique du  récit pour arriver à une réflexion de foi.

 

Noël qui éclate

 

Disons d’abord que l’Epiphanie est un mystère. Entendons-nous bien sur le sens de ce mot. Quand on parle de mystère, même chez beaucoup de chrétiens, on pense, ordinairement, qu’il s’agit de choses obscures qu’il ne faut surtout pas chercher à les comprendre ! Il serait plus juste de dire que le mystère est tellement grand qu’il ne peut pas être assimilé par notre intelligence humaine, nous n’aurons jamais fini de le comprendre.

Le mystère est ici une telle accumulation de richesse, de vie, de lumière qu’on ne peut en exprimer le contenu, avec des mots ou des définitions. Et pourtant, il nous faut vivre de ce mystère qui ne sera jamais épuisé. Le récit de Matthieu ne cessera jamais de projeter la lumière sur notre foi, notre espérance, et aussi, sur l’Eglise et sur le monde.

On dit qu’à la Pentecôte c’est « Pâques qui prend feu » ! On peut aussi bien dire de l’Epiphanie que c’est « Noël qui éclate » ! En ce jour, Noël se déploie, prend toute son ampleur pour dire ce qu’il a à révéler à tous les hommes, de tous les temps, de toutes races et de toutes cultures. Il manifeste ainsi son intensité, sa densité, son universalité. Dieu s’est fait  Homme pour sauver tous les hommes.

Inconsciemment peut-être, les hommes du monde entier en sont marqués. Quand nos rues en ville et dans les villages s’enflamment de guirlandes de lumière, n’y a-t-il pas là aussi un signe ? Ne crions pas trop vite au folklore ! Les fêtes chrétiennes ne s’usent pas si vite ! En fait, notre monde est marqué par une civilisation judéo-chrétienne, malgré les efforts déployés pour le nier. Il y a, chez tous les hommes, un fond de foi à réveiller et des comportements à évangéliser.

 

Un appel universel

 

A travers les mages, véritables prophètes, la fête de l’Epiphanie nous fait découvrir une vérité importante. Eux qui n’ont pas eu la révélation de Dieu, comme le Peuple choisi, à travers tout l’Ancien Testament, grâce à leur compétence d’astrologues, ils se laissent guider par une étoile. Ce fait signifie qu’ils relativisent leur puissance, leur pouvoir, leur science, leur richesse, pour découvrir un autre ordre de valeur et de grandeurs.

Ils apportent à l’enfant Dieu, à la crèche, des biens de leur pays et de leur culture. Ainsi sont-ils prophètes d’un ordre mondial où les nations échangeraient et partageraient leurs ressources. Ils annoncent ce qui devrait se réaliser aujourd’hui partout où l’on parle de mondialisation. Il y a en tout homme des richesses humaines qui devraient favoriser la découverte du Dieu fait Homme !

 

 

Comment se fait-il que des mages, ignorant tout de la révélation, puissent se mettre en marche vers le Christ ?  Ils viennent à lui par le biais de l’astrologie, de leurs connaissances scientifiques et même de leur religion. En fait, ils nous permettent de mieux comprendre l’enseignement du Concile Vatican II : Dieu est présent dans toute démarche humaine. Cette affirmation de l’Eglise est importante pour éclairer notre regard sur le cheminement de tant de peuples, de tant de pratiques et de croyances.

Saint Paul, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture, nous donne la réponse : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même Corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus ».

François de Sales, quant à lui, nous répète sur tous les tons qu’il faut toujours partir de ce qui est inscrit  profondément au fond du cœur, pour éveiller et faire grandir la foi, pour avancer dans la découverte du Christ. Dans ce sens, il écrivait à une religieuse de l’abbaye de sainte Catherine à Annecy, à l’occasion de la fête de l’Epiphanie en 1615 : « Demeurez près de la crèche. Si vous aimez les richesses, vous y trouverez l’or que les mages y ont laissé ; si vous aimez la fumée des honneurs, vous y trouverez celle de l’encens, et si vous aimez les délicatesses des sens, sentez-y la myrrhe odorante qui parfume toute l’étable ». ((XVI, 291)

 

Un message à annoncer

 

En disciple de François de Sales, nous rappelant, sans cesse, de ce qui est pleinement humain, soyons ouverts et accueillants à toutes les valeurs que vivent les hommes d’aujourd’hui. Il faudrait savoir  par coeur le message plein d’espérance que nous avons entendu dans la première lecture : « Elle est venue ta lumière et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi…Lève les yeux et regarde autour de toi. Tous, ils se rassemblent, ils arrivent…ils reviennent de loin… ».

Cette invitation d’Isaïe nous concerne tous. Il est plus que jamais urgent d’ouvrir nos yeux,  nos cœurs et nos esprits, de regarder autour de nous, de scruter les « signes des temps ». Des hommes cherchent, interrogent, se rassemblent. Apparemment, « ils viennent de loin », comme les mages, si on en juge par leur pays, leur langue, la couleur de leur peau, leur culture, leurs idées…. Ils viennent de loin, mais ils cheminent et surtout, ils apportent leur valeur et leur richesse propre. Ils viennent nous enrichir, célébrant, peut-être sans la savoir, discrètement, les richesses de Dieu.

A nous d’être pour eux, « épiphanie », c’est-à-dire manifestation de l’amour universel de Dieu en Jésus, le Christ, Sauveur de tous les hommes.

 

Conclusion

 

Que cette fête de l’Epiphanie soit, pour chacun de nous, le rappel de la mission confiée à tous les disciples du Christ. Vivons dans l’esprit de la Bonne Nouvelle de l’évangile, soyons solidaires de tous nos frères chrétiens pour que tous les hommes soient associés au même héritage et au même Corps, dans le Christ.

Avec les mages, venons sans cesse à la rencontre de Jésus que nous présente Marie, sa Mère et notre Mère, pour lui dire, en tombant à genoux, que c’est lui seul que nous voulons suivre, servir et aimer.

 

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Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /2009 15:03

2009 – 1er Janvier

 

Sainte Marie, Mère de Dieu

 

Avez-vous remarqué, dans la deuxième lecture, le passage de la lettre de saint Paul aux Galates : « Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils : il est né d’une femme ». Dans toutes ses lettres qui constituent, avec les évangiles, la plus grande partie du Nouveau Testament, c’est le seul endroit où il fasse allusion à la mère de Jésus. Il ne la nomme même pas par son nom, il écrit : « une femme ». Pour un peu il dirait : « une femme comme les autres » !

Oui, c’est cette femme apparemment comme les autres que Dieu avait choisie et préparée pour nous envoyer son Fils et que nous honorons, spécialement aujourd’hui, sous le titre de « Mère de Dieu ».

 

Une Mère à imiter

 

En ce premier janvier 2009, nous pouvons souligner cette remarque de saint Luc, dans l’évangile : « Marie retenait tous ces évènements et les méditait dans son cœur ».

 « Tous ces évènements », c’est-à-dire tout ce qu’elle venait de vivre depuis un an et qui avait marqué un tel tournant dans son existence : l’annonce de l’ange, sa visite à Elisabeth, les hésitations de Joseph, son fiancé, leur voyage à Bethléem et la naissance de l’enfant dans des conditions extrêmes…. A travers tout cela, Marie essaye de deviner ce que Dieu attend d’elle. Ce n’est pas évident ! L’année qu’elle vient de vivre et les années qu’elle va vivre désormais ne seront plus du tout des années comme les autres. Il lui faudra y faire face, au jour le jour.

 

Face aux évènements

 

Et nous, nous venons de quitter l’année 2008. Comme Marie, il nous faut méditer tout ce que nous venons de vivre, et surtout, bien discerner où le Seigneur va nous conduire, et ce qu’il attend de nous, pour cette nouvelle année 2009. Sera-t-elle une année comme les autres ? Une année comme les autres, avec les petites joies et les soucis habituels, avec les évènements familiaux, professionnels ou politiques auxquels on peut s’attendre, spécialement  en ce temps de crise, comme notre évêque nous l’a signalé, dans son message de Noël.

Oui, c’est vrai, il dépend  un peu de nous que cette nouvelle année soit comme les autres ou, au contraire, qu’elle marque une étape vraiment nouvelle.

Pour que 2009 ne soit pas tout à fait une année comme les autres, il faudrait que nous ne nous contentions pas de subir plus ou moins passivement les évènements, que nous nous sentions responsables, que nous cherchions à les maîtriser et à faire face.

 

Les uns avec les autres

 

Dieu nous a confiés les uns aux autres. Il nous a confié la gérance de sa création. A notre petite place, dans notre petit secteur de vie, nous avons tous à jouer notre rôle, dans la construction de la société et de notre grande famille qu’est l’Eglise, selon nos compétences, même si elles nous paraissent bien minimes ! Le Seigneur ne nous appelle pas à l’attentisme ou à la passivité, mais à l’audace et à la responsabilité.

Aurons-nous le courage, comme Marie, de prendre nos décisions à la lumière de Dieu,  dans une disponibilité plus grande à l’égard de nos frères et  de nos sœurs, dans la société et aussi dans nos familles ou nos communautés ? Ce serait sans doute une année vraiment nouvelle si nous savions mieux partager nos peines et nos joies, là où nous vivons.

Si Dieu nous a confiés les uns aux autres, cela veut dire que nous avons autant à recevoir qu’à donner. Nous devrions pouvoir compter sur nos frères et nos sœurs pour arriver à vivre mieux. Nos frères et nos sœurs ne manquent pas toujours de disponibilité, mais acceptons-nous facilement d’être aidés ? Ce serait peut-être une année vraiment nouvelle si nous acceptions, de partager et de collaborer davantage, avec les autres.

 

Toujours à l’exemple de Marie

 

L’évangile nous dit que, dès qu’elle a su que sa cousine Elisabeth était enceinte, elle est partie « en hâte » pour partager, pour aider et  pour être aidée, dans sa foi  et son intelligence du mystère de Dieu. Elle peut vraiment nous servir de modèle ! Le meilleur moyen de grandir dans la foi, c’est de la partager !

Nous savons qu’elle a accepté de suivre son Fils jusqu’au bout. Elle était debout au pied de la croix, pour partager avec lui sa souffrance et aussi l’offrande qu’il faisait de sa vie à Dieu son Père. Porter la croix avec nos frères et nos sœurs est un excellent moyen de suivre, ensemble, le Christ qui nous conduit au Père.

Enfin, lorsque Marie est parvenue au terme de sa vie terrestre, elle était si proche de Dieu qu’il l’a accueillie, près de lui, corps et âme, et depuis, elle intercède pour nous. Elle nous attend !

 

Conclusion

 

Confions-lui donc l’année 2009 ! Qu’elle nous aide à assumer toutes nos responsabilités d’hommes et de femmes. Qu’elle nous aide à être artisans de Paix, autour de nous et partout dans le monde.

La nuit de Noël, le pape Benoît XVI, devant des milliers de fidèles, rassemblés dans la basilique Saint-Pierre, à Rome, a prié « pour que la paix advienne à Bethléem, pour que cessent la haine et la violence, dans le pays où Jésus a vécu et qu’il a profondément aimé ». Il a invité aussi à prier « pour que s’éveille la compréhension réciproque, que se réalise une ouverture des cœurs qui ouvre les frontières ».

Que Marie nous donne la clairvoyance nécessaire pour que nous demeurions, toujours attentifs, aux besoins de nos frères. Qu’elle fasse enfin de cette nouvelle année une étape importante dans notre rencontre de Dieu.

François de Sales, enfin, nous invite à nous rappeler, chaque jour, que « la très sacrée Vierge est cette étoile matinière qui nous apporte les gracieuses nouvelles de la venue du vrai Soleil ». (IX, 5)

 

 

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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /2008 14:26

2008 – Sainte famille

 

La famille un foyer

 

« Une joyeuse famille n’est que le ciel anticipé », dit quelqu’un. Un autre a dit : « Parmi les choses de  ma vie, quatre me réconfortent, m’encouragent et me  poussent : I’alimentation au lait…un feu dans une chaleur fraîche...un honneur fait par une haute autorité...un rassemblement d’amis et de proches ».

Une famille est un foyer. Croyants, non croyants, pratiquants, non pratiquants, membres de toutes les religions du monde, acceptent que la famille soit l’élément fondamental de toute société. Alors, même les religions païennes disent qu’une famille éclatée fait périr les valeurs familiales et traditionnelles : ce qui créera des désordres et des violences à la fois dans les familles et la société.

 

La Sainte famille, un modèle

 

Nous ne pouvons pas imiter la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph, parce que nous ne connaissons pas assez bien leur vie commune. Mais cette fête est définitivement une inspiration pour sauvegarder les valeurs familiales  et pour construire nos familles comme des foyers joyeux, afin qu’elles  puissent devenir des sources de paix et de bonheur de vivre, pour tous.

Une famille n’est pas une maison, mais elle est un foyer. Nous gardons nos biens, nos meubles dans une maison. Mais dans un foyer, nous partageons la vie commune. Malheureusement, dans notre monde moderne, certains foyers semblent être des endroits de sécurité et de commodité pour les meubles, plus  que pour les êtres humains qui y vivent.

Avoir une maison ne nous fait pas automatiquement avoir un foyer. Mais avoir un foyer, c’est rayonner la lumière et la chaleur auprès des voisins qui nous acceptent tels que nous sommes.

 

Dans les épreuves

 

De plus, en famille nous pouvons partager aussi les épreuves et les croix. Dans toute famille nous rencontrons des difficultés, des déceptions, des échecs, des maladies… etc, comme la sainte famille les a connues. Jésus, Joseph et Marie n’ont pas vécu sur  une île déserte, loin de notre monde. Joseph fiancé de Marie a eu le sentiment d’être trompé. Marie de son côté, ne comprenait pas la venue de nombreux visiteurs à la naissance de son Fils Jésus. Ils ont connu aussi les épreuves de l’exil. Ils ont connu aussi la perte de leur enfant qui était resté au temple du Jérusalem.

Dans nos familles nous connaissons des épreuves semblables. Malgré les difficultés, nous sommes appelés à vivre comme l’a vécu, à la perfection, la sainte famille. Dans ce but, ayons foi en Dieu.

 Dans les lectures  du jour, nous avons vu comment Abraham et Sara ont donné leur confiance totale en Dieu. Quand Dieu demande à Abraham de quitter son pays, il est inquiet, ce qui ne l’a pas empêché d’obéir . Il a été récompensé à la naissance de son fils  Isaac. Leur foi a été, encore mise à l’épreuve, lorsqu’il leur  a demandé de sacrifier leur fils unique. Finalement celui-ci a été sauvé toujours à cause de leur foi. Ainsi la promesse de Dieu à Abraham a été réalisée. L’évangile nous a rapporté l’histoire de Siméon et Anne qui attendaient, toute leur vie, le Messie dans une confiance totale en la promesse de Dieu. Cette confiance a était récompensée quand Siméon a accueilli l’enfant Jésus au temple.

 

 

Conclusion

 

 Heureux ceux qui mettent leur confiance en Dieu, même dans les pires épreuves, car ils sont sûrs d’être récompensés. La leçon à tirer de l’exemple de la sainte famille, c’est de considérer, dans la foi, nos difficultés comme des moyens d’être apôtres dans le monde pour y apporter le règne de Dieu, régne de justice et de paix.

François de Sales, en bouquet spirituel, nous laisse cette consigne : « Il faut considérer la grande paix et égalité d’esprit de la Très Sainte Vierge Marie et de Saint joseph, en leur constance, parmi l’inégalité si grande des divers accidents qui leur arrivaient ». (VI, 40)

 

               Homélie du Père Martin Richard, Prêtre indien au service du diocèse d’Annecy pour quelques années

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Jeudi 25 décembre 2008 4 25 /12 /2008 11:14

2008– Noël – Jour

 

Le Verbe s’est fait chair

 

L’évangile de ce matin semble bien austère en comparaison de celui que nous avons entendu cette nuit. Il n’est plus question de bébé mignon couché dans une mangeoire d’animaux. Il n’est plus question de lumière céleste éclairant les bergers ni de chœur angélique chantant la paix que Dieu donne à ceux qu’il aime.

Au lieu d’un récit plein de merveilleux, nous avons un texte plus aride, qui semble plus abstrait. Il est une méditation sur le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu, qui est la vraie Lumière. Jean-Baptiste, lui, n’est pas la vraie lumière. Il n’en est que le témoin.

 

Le grand mystère de Noël

 

Cet évangile un peu difficile nous invite à nous concentrer sur l’essentiel que le climat sympathique de la fête risque de nous faire oublier.

La fête de Noël n’est pas un simple attendrissement sur la naissance d’un bébé ! Elle est essentiellement la fête de l’intervention décisive de Dieu, dans l’histoire des hommes. En la personne de Jésus, Dieu brise la barrière qui sépare le créateur des créatures. Avant la naissance de Jésus on pouvait penser que Dieu ne communiquait plus avec les hommes, que le ciel était fermé aux hommes abandonnés à leur triste sort, appelés à se débrouiller tout seuls. Les hommes pieux d’Israël disaient qu’il n’y avait plus de prophètes comme autrefois. Nous sommes tentés de dire la même chose de nos jours.

 

Mystère toujours actuel

 

Combien de gens pensent que Dieu est absent, qu’il les oublie, qu’il n’a rien à voir dans leur vie ? Il suffit d’ouvrir la bible. Nous ne pouvons pas ne pas constater, comme nous l’avons entendu, au début de la Lettre aux Hébreux : « Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos Pères par les prophètes  sous des formes fragmentaires et variées, mais dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé dans le Fils ».

Dieu a toujours parlé aux hommes et progressivement, il a préparé une humanité capable d’entendre une Parole plus claire, plus complète, plus définitive.

Notre Dieu n’a jamais cessé de parler, de communiquer avec les hommes. La venue de Jésus, dans notre monde, est le sommet de révélation du Père.

« Qui me voit, voit le Père », dira un jour Jésus.

« Ce fils a été établi héritier de toutes choses et par lui, il a créé les mondes » nous dit  la lettre aux Hébreux. C’est exactement ce que dit saint Jean : « Tout s’est fait par lui et rien de ce qui a été fait ne s’est fait sans lui ».

Ces réflexions, sans doute, difficiles mais très profondes, nous font comprendre qu’il ne faut pas rabaisser Jésus de Nazareth, ne serait-ce qu’au niveau d’un homme parfait ou d’un surhomme Il est le Fils de Dieu venu nous communiquer son plan d’Amour  C’est inouï, quand on y pense : « Le Verbe s’est fait chair et  il a habité parmi nous ».

 

Mystère de la grandeur de l’homme

 

Le fils de Marie, le petit charpentier de Nazareth, l’homme sensible aux souffrances du petit peuple, l’ami fidèle qui pleure la mort de ceux qu’il aime… est, aussi et surtout, le Fils de Dieu, Lumière née de la Lumière. Il resplendit de la Gloire de Dieu, il est celui qui révèle pleinement Dieu. Il nous dit qui est Dieu.

Il nous dit aussi qui est l’homme. Il s’est fait l’un de nous ! Il a pris notre condition humaine et notre fragilité. Il a partagé notre vie en tout, hormis le péché. Plus qu’une simple condescendance divine, c’est un partage de destinée.

Dans notre monde, on est loin de toujours respecter la dignité de tout homme, malgré les efforts certains de recherche de liberté ! Il suffit de suivre les actualités dans la presse, la radio ou à la télévision qui, tous les jours, nous abreuvent de drames de toutes sortes.

Il nous faut faire nôtres les paroles du psaume 8 en disant au Seigneur, en toute vérité :

« Qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui, le fils d’un homme que tu en prennes souci ? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un Dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ».

La grandeur de l’homme vient déjà de ce fait qu’il ait été créé à l’image de Dieu, mais, plus encore, du fait que Dieu ait voulu se faire homme en Jésus. Nous avons entendu, cette nuit, le pape saint Léon exprimer, magistralement, cette réalité qui nous dépasse : « Souviens-toi, ô homme, de ta dignité. Tu as été créé à l’image de Dieu… Si, en Adam, ta dignité a été dégradée, dans le Christ, elle a été restaurée ».

 

François de Sales

 

Dans son Traité de l’Amour de Dieu, nous invite à méditer ce grand mystère de l’incarnation du Fils de Dieu venu partager notre condition humaine pour notre salut. « Jésus désire infiniment que nous l’aimions, afin que nous soyons éternellement sauvés. Et il désire que nous soyons éternellement sauvés afin que nous l’aimions éternellement ».

                                                                        (IV, 112  ou Pléiade P. 431)

 

Conclusion

 

Que cette révélation de notre grandeur et de notre dignité soit source de joie, même au milieu de nos épreuves. A défaut de comprendre l’immensité de l’amour de Dieu pour les hommes, émerveillons-nous, devant cette Bonne Nouvelle. Nous ne sommes plus seuls. Le Seigneur est et sera toujours avec nous.

A l’occasion de l’échange traditionnel des vœux au Vatican lundi dernier, le pape a évoqué « l’atmosphère particulière de Noël, comme un prolongement de cette joie mystérieuse qui emplit la sainte Famille, les anges et les pasteurs de Bethléem, la nuit où Jésus vit le jour ».

Puis Benoît XVI a cité saint Paul : « L’Esprit Saint nous donne la joie. Il est la joie. Elle est l’expression du bonheur, de l’harmonie avec soi-même, ce qui ne peut dériver que de l’harmonie avec Dieu et avec sa création ».

.Enfin, il a donné cette définition peu ordinaire de la mission propre à tout chrétien : « L’esprit missionnaire de l’Eglise n’est rien d’autre que l’impulsion à communiquer la joie qui nous a été donnée. Qu’elle soit toujours vivante en nous et rayonne sur le monde ».

 

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