Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 15:32

2009 – 6 Dim B

 

Un lépreux sur la route

 

La loi évoquée dans la première lecture nous parait excessivement dure pour le lépreux. « Il habitera à l’écart, sa demeure sera hors du camp » !

L’évangile de Marc explicite cette loi terrible. Il met face à face deux hommes bien différents : Jésus et un lépreux dont nous ignorons l’origine et même le nom, comme si sa maladie suffisait à le caractériser. A cette époque, un lépreux était quelqu’un qui, par sa seule rencontre, annonçait une mort affreuse et inéluctable.

Il inspirait la répugnance et la peur, peur physique devant le risque de contagion et aussi peur morale, sociale et même religieuse. On se pose des questions malveillantes. Cet homme ne serait-il pas coupable ? Sa déchéance ne serait-elle pas le signe de son péché et d’une malédiction divine ?

Aujourd’hui, les choses ont-elles vraiment changé ? La rencontre d’un lépreux, ou simplement d’un malade atteint du sida ou même d’un grand cancéreux, nous renvoie aux questions tragiques et fondamentales : Pourquoi tant de mal dans le monde ? Pourquoi la souffrance et la mort ? Jésus ne donne pas de réponses théoriques. Il est venu partager notre souffrance jusqu’au don suprême de sa vie.

 

Jésus touche la misère humaine

 

Jésus, sans hésitations, va à l’encontre de la loi et des préjugés de ses contemporains. Il ne craint pas de toucher le lépreux. Il veut manifester que cet homme, malgré sa maladie, garde toute sa dignité. Il reste digne de pitié et d’amour.

Jésus dépasse la lettre de la loi condamnant le lépreux à la réclusion. Mais, d’autre part, il est fidèle à la loi, en envoyant le malade guéri au prêtre pour que celui-ci fasse un constat de guérison et l’admette à nouveau dans la société et surtout au temple, où il pourra prier son Dieu, avec ses frères.

Jésus veut nous faire comprendre qu’il a partagé notre condition humaine, pour nous libérer de toutes les oppressions, de toutes les peurs, y compris celle de la mort. Il veut des hommes heureux, vivant dans une communauté de frères. Il veut des hommes vivant en intimité avec Dieu, pour toujours.

Dans notre monde actuel, n’y a-t-il pas des « lépreux », des gens qui ont l’impression d’être rejetés par la société et abandonnés de Dieu ? Nous pouvons rencontrer des malades, des vieillards, des handicapés, des gens qui souffrent moralement. Ces épreuves ont des répercussions psychologiques, sociales et même religieuses. Tous ceux qui souffrent sont marqués dans leur corps et souvent aussi, dans leur cœur. Ils ont peur de l’avenir, de la solitude, de l’incompréhension de la part des autres. S’ils sont chrétiens, il leur est parfois impossible de prendre part à la prière de la communauté. Ils ont l’impression d’être comme le lépreux de l’évangile !

 

Jésus accueille les exclus

 

Nous sommes loin de l’attitude du Christ à l’égard du lépreux !  Jésus va au-devant de lui, il n’hésite pas à le toucher. Même avant de le guérir, il le sort de sa solitude. Il ne pense pas à la contagion possible. Il fait fi de l’opinion des gens qui pensent que le lépreux est un paria, un pécheur portant le juste châtiment de ses fautes. Il voit l’homme à sauver, en le guérissant de sa maladie bien sûr, mais surtout, en lui permettant de vivre à nouveau, avec ses frères, et s’il le désire, avec Dieu.

Tout au long de ses années de vie publique, Jésus ne cesse de vouloir sauver ce qui est perdu. Il veut faire vivre ceux qui le cherchent. A tous il annonce : ‘Celui qui croit en moi passe de la mort à la vie ! Venez à moi et vous aurez la vie » !

 Voilà la Bonne Nouvelle, celle que l’ancien lépreux se mit à proclamer et à répandre !

 

Une Bonne Nouvelle pour aujourd’hui

 

Comme le lépreux guéri, disciples du Christ, nous avons tous à proclamer cette même Bonne Nouvelle dans notre monde qui en a bien besoin. Nous avons à rendre actuelle la mission, l’œuvre du Christ. Dans ce but, nous avons à changer la qualité de notre regard sur les hommes de notre temps.

Cessons de ne voir chez les malades ou les personnes âgées que des êtres inutiles, à charge, et sans rendement ! Le pape Benoît XVI, dans son message à la messe des malades à Lourdes, le 15 septembre dernier, parlant du sourire de la Vierge à Bernadette, a dit : « Dans le sourire de la plus éminente de toutes les créatures, se reflète notre dignité d’enfants de Dieu, cette dignité qui n’abandonne jamais celui qui est malade. Ce sourire, vrai reflet de la tendresse de Dieu, est source d’une espérance invincible». A ceux qui servent les malades, il a dit : « Marie vous confie son sourire. Au nom de l’Eglise, puissiez-vous porter son sourire à tous ».

Si notre regard cherche d’abord ce contre quoi il faut nous protéger, nous laissons les gens à leur misère et nous leur refusons le salut. Au contraire, si notre cœur arrive à passer par-dessus nos préjugés et nos peurs, nous sommes de vrais disciples du Christ. Reconnaissons que nous avons tous besoin de conversion, de purification.

 

A la suite de François de Sales

 

Commentant l’évangile de ce jour, François de Sales s’arrête surtout à l’expression du lépreux s’adressant à Jésus : « Si tu le veux, tu peux me purifier ».

« Renoncer à soi-même, dit-t-il, n’est autre chose que se purifier de tout ce qui se fait par instinct de notre amour-propre, lequel, nous le savons, produira toujours, tandis que nous serons en cette vie, des rejetons qu’il faudra couper et retrancher, tout ainsi qu’il faut faire à la vigne. Il ne faut pas se contenter d’y mettre une fois la main, mais, il faut la couper en un temps, puis après, la dépouiller de ses feuilles, et ainsi, plusieurs fois l’année, il faut avoir la main à la serpe pour retrancher les superfluités.

Il faut avoir du courage pour ne jamais nous laisser abattre, ni nous étonner de nos imperfections. Tout le temps de notre vie nous est donné pour nous en défaire ». (IX, 16)

 

Conclusion

 

Grâce aux conseils de notre grand saint, nous serons toujours prêts à reconnaître et à entendre les lépreux qui sont près de nous, lépreux du corps ou du cœur ! Ils crient peut-être, ou ils pleurent, ou ils se cachent en silence. N’ayons pas peur de les toucher, de leur ouvrir nos mains et surtout notre cœur. Nous pourrons reconnaître dans leurs plaies celles du Christ.

Que le Seigneur nous en fasse la grâce et nous guide, lui qui la veille de sa mort disait à Thomas l’incrédule : « Je suis le chemin, la vérité, la vie ».

« Faites comme moi, disait saint Paul aux Corinthiens et il nous le répète aujourd’hui, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture, je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés. Prenez-moi pour modèle. Mon modèle à moi, c’est le Christ ».

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Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /2009 15:31

2009 - 5 Dim B

 

Annonce de la Bonne Nouvelle

 

Deux sujets de réflexion nous sont proposés aujourd’hui : les textes liturgiques, comme tous les dimanches, sont à méditer en relation avec l’actualité. Un lien profond les unit.

 

La Parole de Dieu du jour

 

En écoutant Job pousser un cri de détresse, on croirait entendre les nouvelles du jour à la radio et à la télévision ou les slogans au cours d’une manifestation populaire. Tout va mal, il n’y a plus d’espoir. Combien de gens peuvent dire comme lui aujourd’hui : «La vie sur terre est une corvée…Je suis envahi de cauchemar, mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent, quand il n’y a plus de fil » !

En réponse à ce cri de découragement, et même de désespoir, une Parole de Dieu très forte nous est adressée dans l’évangile de Marc et dans la lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe. Il faut annoncer à tous les hommes la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu, libérateur et sauveur du monde. Telle est la mission essentielle et urgente qui s’impose à Jésus et à son Eglise, autrement dit, à chacun d’entre nous.

« C’est pour cela que je suis sorti », dit Jésus. Il veut dire qu’il est sorti de la Trinité, qu’il s’est fait homme, pour venir  partager notre condition humaine. Et Paul à son tour déclare : 

« C’est une nécessité qui s’impose. Malheur  à moi si je n’annonçais  pas l’évangile ».

 

Dans les évènements du jour

 

Ce dimanche est, pour l’Eglise universelle avec quelques jours d’avance, à la demande du pape Jean Paul II, en 1992, la Journée Mondiale du Malade, fixée au 11 février, anniversaire de la première apparition de Marie à Bernadette à Lourdes.

On l’appelle « Dimanche de la santé » et le thème cette année en est « Prendre soin ». Prendre soin commence par une attention particulière aux personnes en souffrance. Il y a certainement, autour de nous, des personnes qui n’ont pas le choix et qui doivent se faire soigner. Comment pouvons-nous les accompagner ? Ne serait-ce que par une visite ?

Prendre soin passe aussi par une attention particulière aux proches. Soyons pour eux des compagnons de route, même si c’est un chemin éprouvant.

Prendre soin passe encore par une attention particulière aux professionnels de la santé et aux bénévoles : différentes associations, aumôneries d’hopitaux, de maisons de retraites, visites à domicile…. etc. …etc. …

 Comment pouvons-nous leur annoncer la Bonne Nouvelle ? Les exemples de Jésus, dans l’évangile, et de Paul, dans sa mission apostolique, peuvent nous aider à répondre.

 

La méthode de Jésus

 

Dans les évangiles, surtout dans celui de Marc, ce qui est étonnant et même étrange, c’est le refus constant de Jésus de jouer à la vedette, de faire parler de lui, d’être applaudi par les foules. Il ne peut pas les en empêcher, tant est nouveau son enseignement, tant sont extraordinaires les signes de guérison et de libération qu’il fait pour soulager les hommes qui, à la suite de Job, pensent « qu’ils ne verront plus le bonheur ».  Pourtant, on dirait qu’il est fâché….Qu’il voudrait fuir ce tapage. Voyons-le dans cette journée que raconte Marc.

 

Première séquence : Jésus vient dans la maison de Simon et André pour célébrer, dans l’intimité, le jour du sabbat. La belle-mère de Simon voudrait le recevoir dignement  en ce jour de fête, comme le dimanche chez nous. Malheureusement, elle est malade, fiévreuse, angoissée, triste. Jésus a compris tout cela. Avec discrétion, simplicité, « il s’approcha d’elle, la prit par la main et la fit lever ». Sans geste théâtral, sans mot dire, il lui redonne la joie de servir. Par ce geste, Jésus exprime l’essentiel de sa mission. Il s’est rapproché de nous dans son incarnation, il a partagé notre vie, nous a pris par la main pour nous entraîner, à sa suite jusqu’à la résurrection. Il nous remettra debout, pour toujours.

Deuxième séquence : La foule revient. Jésus ne peut pas se dérober. Il y a tant de misères physiques  et spirituelles à soulager ! Il en guérit beaucoup, mais non pas toutes cependant, car c’est la foi qui sauve. L’évangile n’est pas un succès « d’audimat » ! Il ne peut être accueilli que dans le secret du cœur. Jésus ne veut pas être confondu avec un Messie guérisseur et sorcier, comme voudraient le faire croire ces démons auxquels il impose silence. Il est venu et il est « sorti dans un endroit désert » pour révéler aux hommes un secret bien plus profond et merveilleux.

Troisième séquence : C’est dans le secret du cœur, dans la prière, loin de la foule que Marc nous dévoile la source qui fait vivre Jésus  et donne sens à sa mission : sa communion filiale avec son Père qu’il veut nous révéler comme « notre Père ». Ayant ainsi prié, il peut répondre à ses amis  qui le cherchent : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que, là aussi, je proclame la Bonne Nouvelle. C’est pour cela que je suis sorti ».

 

Annoncer la Bonne Nouvelle, aujourd’hui

 

Notre regard sur Jésus nous remet tous devant la mission, et aussi, la difficulté d’annoncer l’évangile. L’évangile n’est pas affaire de publicité ni de propagande. Il interroge chacun au plus profond de sa conscience et de son cœur. L’évangile est Parole de vérité. Celui qui l’accueille vit dans la vérité.

Saint Paul l’avait bien compris. En conflit avec les Corinthiens, il s’efforce de leur parler en vérité. Jésus ne s’est pas dérobé à sa mission  qui est devenue sa  passion, son amour et sa croix. Paul, lui, n’est qu’un serviteur, il doit accomplir sa charge en toute liberté, dans un désintéressement total. Pour lui, annoncer l’évangile, c’est reconnaître, respecter et rencontrer chacun dans la vérité, « se faire tout à tous, pour en sauver à tout prix quelques uns ».

 

Conclusion

 

Nous sommes tous appelés à rendre actuelle la Mission du Christ, comme l’a fait saint Paul en son temps. Nous sommes invités à être solidaires de nos frères et de nos sœurs qui souffrent, en évitant  cependant de leur prêcher la morale et de leur donner des bons conseils. Face à la souffrance il faut savoir se taire, s’émerveiller et se rappeler les conseils que donnait François de Sales à Mgr Frémyot, le frère de Jeanne de Chantal, nommé évêque de Bourges, en 1604 : « On a beau dire, mais le cœur parle au cœur, et la langue ne parle qu’aux oreilles …. Il suffit de bien aimer pour bien dire ». (XII, 321 … 324)

 

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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 15:29

2009 – 4. Dim B

 

Il parle avec autorité

 

La première lecture nous l’a rapporté : « Moïse dit au peuple d’Israël : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez…. Et le Seigneur me dit alors : « Je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il dira tout ce que je lui prescrirai ».

 

Un prophète attendu

 

Ce prophète c’est, bien entendu, Jésus, cet homme, dont nous parle l’évangile qui, un jour de sabbat, selon la tradition juive, entre dans la synagogue de Capharnaüm et prend la parole devant un auditoire stupéfait.

Imaginons quelle serait notre surprise si, à ma place aujourd’hui, un étranger de passage, plus ou moins bien habillé, se mettait à commenter les lectures de ce dimanche, à dire des choses nouvelles et à entrer en conflit avec un possédé du démon !

C’est bien ce qui s’est passé à Capharnaüm. Replaçons bien la scène dans le contexte du récit de l’évangile. Jésus vient de choisir ses premiers disciples, Simon, André, Jacques et Jean, pour inaugurer sa vie publique, sa mission. Il n’attend pas, il entre en action tout de suite. Sa première activité, c’est de prendre la parole. Il se rend dans le lieu public de rassemblement et de prière, le jour où tout le monde s’y trouve et il fait l’homélie. « Il enseignait », dit textuellement l’évangile.

Il est important de relever le fait que Jésus s’insère dans la vie religieuse de son temps. Il ne veut pas paraître révolutionnaire, il s’insère dans le culte traditionnel mais il ne s’y enfermera pas. Marc ne nous rapporte que trois prédications de Jésus dans une synagogue et la troisième à Nazareth a failli mal se terminer : on l’a expulsé, purement et simplement mis à la porte ! On le verra le plus souvent prêcher, dehors, sur les routes, dans la campagne, là où vivent les hommes.

 

Un prophète surprenant

 

Dans sa prédication, Jésus suscite l’étonnement. « On est frappé par son enseignement ». La raison est très simple. Les scribes ne faisaient que répéter des leçons apprises par cœur. Jésus, au contraire, se fait remarquer par son autorité, qui vient de l’intérieur de lui-même. Pour le moment, les auditeurs n’en sont qu’à l’étonnement. Ils ne soupçonnent absolument pas  la véritable identité du Fils de Dieu.

Quelle application pratique pouvons-nous faire de ce premier paragraphe de l’Evangile ? S’il nous arrive de parler de Dieu aux enfants ou entre amis, dans un partage d’évangile, comment en parlons-nous ? A la manière des scribes soucieux seulement de répéter sans fautes des formules scolaires bien apprises, des définitions du catéchisme ? Ou bien, sommes-nous des témoins qui ont su intérioriser la Parole de Dieu, nourrir leur foi et qui n’ont pas peur de la montrer, des témoins qui, à la manière de Jean Baptiste, s’effacent devant Celui dont ils parlent.

Comme les auditeurs de Capharnaüm nous sommes incapables d’accueillir d’emblée la Parole de Dieu. Nous avons besoin d’un secours spécial du Seigneur, nous avons besoin de son aide, de sa grâce. C’est ce que va nous révéler, paradoxalement  la deuxième partie de l’évangile.

 

 

Un prophète qui cache son identité

 

On constate que ce sont les démons les premiers à découvrir qui est réellement Jésus. Par leur nature spirituelle, même si elle est faussée, ils sont plus subtils, plus rusés, plus malins que les hommes. Les hommes s’étonnent, s’interrogent.  Les démons, eux, savent et ils disent la vérité. C’est vrai, Jésus est « le Saint, le Saint de Dieu ». Lorsque Jésus entend cette affirmation, il réagit, il menace le possédé, il lui impose le silence.

Pourquoi Jésus ne veut-il pas être reconnu tout de suite ? Pourquoi fait-il taire celui qui affirme la vérité ? Saint Marc, tout au long de son évangile insistera souvent sur ce qu’on appelle « le secret messianique ».

La raison en est bien simple ! Jésus ne veut révéler sa véritable identité de Fils de Dieu, son mystère, que progressivement, afin d’éviter un enthousiasme populaire qui risquerait de tout gâcher. Une révélation trop rapide fausserait le sens exact de sa mission. On risquerait de faire de lui seulement un guérisseur ou un thaumaturge réalisant des exploits.

C’est d’ailleurs les  tentations que le démon lui proposera. Nous en avons le récit chaque année, le premier dimanche de Carême : « Change les pierres en pain…Jette-toi dans le vide…Prosterne-toi devant moi pour que le monde entier t’adore » !

N’avons-nous pas, nous aussi, cette tentation de désirer des manifestations spectaculaires de Dieu ? Qu’il apporte la solution à tous nos problèmes, qu’il nous libère de tel ou tel mal, qu’il écrase le concurrent, qu’il triomphe dans le monde …

Souvent la réponse de Dieu nous déçoit ! Il est contre toute publicité tapageuse ! Nous avons même l’impression que les méchants réussissent tout et que les bons sont souvent des victimes innocentes.

 

Pour nous faire grandir dans la foi

 

Le pape Jean Paul II, il y a une vingtaine d’années, nous donne la réponse, dans sa lettre « La mère du rédempteur ». Il a trouvé une magnifique expression en disant que Marie, debout au pied de la croix, « a apporté un démenti » à l’attente des juifs. Ils attendaient un libérateur de l’occupation romaine et il trouve un crucifié ! Heureusement, il découvre aussi Marie debout, pleine de foi et d’espérance. Pour elle le Fils de Dieu se révèle dans le crucifié ! L’échec apparent, à vues humaines, est le signe de la victoire. Jésus passe par la mort pour trouver et communiquer la Vie. Il est toujours question du grand mystère pascal, base de notre foi et de notre espérance.

Tout cela est toujours vrai pour nous aujourd’hui. Rien ne doit nous effrayer, si nous connaissons le découragement et même le désespoir, le Seigneur ne cesse de se révéler à nous, progressivement. Nous ne pouvons pas tout comprendre, tout d’un coup. Nous sommes comme les auditeurs de la synagogue de Capharnaüm. C’est un enseignement qui nous dépasse. Mais gardons confiance ! Le Christ est toujours plus fort que le mal. Il guérit le possédé, il chasse le démon et il nous invite à accueillir et à partager la vie des fils de Dieu.

 

Conclusion

 

Dans la dernière phrase de sa première lettre aux Corinthiens, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture, saint Paul nous dit : « C’est votre intérêt à vous que je cherche, je ne veux pas vous prendre au piège, mais vous proposer ce qui est bien pour que vous soyez attachés au Seigneur sans partage ».

François de Sales, quant à lui, nous dit dans l’un de ses sermons : « Nous nous complaisons au bien que possède celui que nous aimons… prononçant avec un vif ressentiment les paroles de David : « Vous êtes mon Dieu et je m’en suis réjoui ». (IX, 37)

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Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /2009 11:00

Le converti, l’homme nouveau

 

François de Sales, dans l’un de ses sermons,  cite saint Jean Chrysostome présentant ainsi  la conversion de saint Paul : « Voyez-vous ce petit bossu et contrefait (car il était petit de stature comme de mauvaise mine) comme Dieu en a fait un vaisseau d’élection ! Ce grand pécheur et persécuteur des chrétiens, comme il l’a rendu de loup, agneau ! Ce chagrin, cet opiniâtre, cet orgueilleux, comme il l’a comblé et rempli de tant de grâces et bénédictions ! Il l’a rendu si humble et charitable qu’il dit de lui-même qu’il est le moindre et le plus petit des apôtres et le plus grand des pécheurs, et qu’il s’est fait tout à tous pour les gagner tous.

Les anciens qui écrivaient la vie des saints étaient très exacts à rechercher leurs défauts et leurs péchés, les racontant, les déclarant, afin d’exalter et magnifier Notre Seigneur qui était glorifié en eux, les ayant relevés de leurs misères, convertis et faits de grands saints » !

C’est dans cet esprit que nous allons survoler la vie de Paul apôtre par ses écrits, son action, au service de l’Eglise, jusqu’au martyr.

 

Aux origines de sa vocation   

 

Paul entre dans l’histoire à l’occasion de ce qu’on pourrait appeler « l’affaire Etienne ». Il est complice du procès et de la mise à mort de ce disciple du Christ, et il se fait délateur des chrétiens, en dehors de la Judée, pour les faire condamner.

Il entre surtout dans l’histoire dans l’évènement extraordinaire qu’il raconte lui-même, nous l’avons entendu dans la première lecture. Sur la route de Damas, il vit une expérience qui fait basculer son existence. Il reçoit le baptême d’un autre Juif, converti lui aussi au Christ, Ananie. Plus rien ne sera comme avant : il change de vie pour devenir le plus grand apôtre de tous les temps. Pour être apôtre, au sens strict du mot, à l’époque, il fallait avoir vu Jésus en personne. Lui qui ne l’a pas connu selon la chair, il l’a vu ressuscité, sur le chemin de Damas. Cette vision du rescucité lui permettra de centrer toute sa mision, tous ses écrits, sur ce que nous appelons aujourd’hui le mystère pascal.

Avec le Christ nous sommes appelés à passer de la mort à la vie. C’est la base de notre foi. Ce doit être l’essentiel de l’orientation  de l’accueil à assurer, spécialement dans tous les sanctuaires, où nous accueillons plus de cinquante millions de pèlerins ou touristes, chaque année, dans notre pays. On nous l’a rappelé fortement ces jours derniers, à la Salette.

 

Un homme de l’écrit

 

Ce message du mystère pascal, Paul le développe dans les treize lettres qui lui sont attribuées, avec des notes particulières. Certaines sont de brefs écrits de circonstance, comme la lettre à Philémon, d’autres, sont plus longues, surtout s’il est question de régler des problèmes théologiques comme, justement, la question de la résurrection ou du retour glorieux  du Christ, à la fin des temps. Il traite aussi de questions disciplinaires, comme l’abandon des pratiques juives, telle que la circoncision. D’autre fois, il donne des cours de catéchisme comme, par exemple, sur la grâce  ou sur la manière de célébrer les différents sacrements.

Il trouve le temps de rédiger ou de faire écrire ses messages tout en voyageant beaucoup. On estime à 100 000 kms la distance parcourue, par tous les moyens de transport de l’époque, lors de ses trois déplacements missionnaires et de son dernier voyage vers Rome. Il a sillonné toute la partie orientale du bassin méditerranéen. On compte 58 villes visitées par Paul, d’après les Actes des Apôtres, et les différentes Epitres.  

Un homme d’action

 

Malgré ses nombreuses activités apostoliques, Il trouve le temps de travailler de ses mains.Lors de son séjour à Corinthe, il fabrique des tentes, pour ne pas être à la charge de ses auditeurs, même s’il accepte les dons de ses chers Philippiens !

Il a le souci matériel des différentes communautés qu’il fonde. Il dit avoir « le souci de toutes les Eglises ». Il organise des collectes pour venir en aide aux communautés en difficulté, par exemple, pour les Eglises de Judée lors de la famine sous l’empereur Claude. Il renouvelle l’expérience pour la communauté de Jérusalem très tôt dépendante des subsides des autres Eglises.

Tout en étant attentifs aux problèmes matériels, il bénéficie du don de thaumaturge, comme les autres apôtres. Par huit fois, l’attestent les Actes des Apôtres.

Au nom du Christ, il chasse les esprits mauvais, à Philippes et à Ephèse ; il guérit un paralysé à Lystres et il ressuscite à Troas un jeune homme tombé de la fenêtre ! A Malte, il se guérit lui-même de la morsure d’une vipère ! Le but de tous ces miracles n’est pas au profit de l’apôtre, mais pour l’édification et la conversion de la communauté.

 

Sur le chemin de la Croix

 

N’allons pas croire que toutes ces activités, se déroulaient comme un bon fleuve tranquille ! Tout disciple du Christ connaît le chemin de la croix.

Dix ans avant sa mort, vers les années 57, Paul fera lui-même, dans sa deuxième lettre aux chrétiens de Corinthe, la liste des mauvais traitements subis. Elle est éloquente !

« Souvent j’ai été à la mort. Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les trente neuf coups de fouet, trois fois, j’ai été battu de verges ; une fois, lapidé ; trois fois, j’ai fait naufrage. Il m’est arrivé de passer un jour et une nuit dans l’abîme » !

Rien ne l’arrête, partout il annonce la Bonne Nouvelle du Christ mort et ressuscité. Il  impose les mains, il baptise, il trace la route à tous ceux qui auront à continuer la mission du Christ, jusqu’à la fin des temps.

Arrêté à Jérusalem, à la Pentecôte 58, il va croupir deux  ans en prison à Césarée, d’où il écrira encore des lettres. Transféré à Rome, il  passe encore deux autres années en résidence surveillée dans la capitale. On sait peu de choses des dernières années de sa vie. La Tradition retient son martyre à Rome, probablement en 67. Comme il était citoyen romain, il bénéficiait du « privilège », si l’on peut dire, de ne pas être crucifié, mais décapité !

Trente ans plus tard, dans une lettre adressée à l’Eglise de Corinthe fondée par Paul, le pape Clément 1er, 3e successeur de Pierre, en fait, à l’égal de celui-ci, l’une des « deux  colonnes de l’Eglise ».

 

Conclusion

 

Dans la deuxième lecture, nous avons entendu saint Paul nous dire, comme il l’écrivait aux Corinthiens : « Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer ». Autrement dit, dans les épreuves de notre vie, courage, gardons confiance, nous sommes sur le chemin inauguré par le Christ, le chemin de la croix, passage obligé pour trouver la vie.

Quant à Jésus, l’évangile de Marc vient de nous le rappeler, il dit à tous et à chacun : 

« Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ».

Dernièrement, le pape Benoît XVI, à l’occasion de la journée mondiale du migrant et du réfugié, proposait le moyen de répondre à la mission confiée à tous les baptisés : « Que l’enseignement et l’exemple de saint Paul…  nous encouragent à comprendre que la pratique de la charité constitue le sommet et la synthèse de toute la vie chrétienne ».

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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 16:13

FÊTE DE NOTRE SAINT PATRON

 

avec

 

Les Prêtres de Saint François de Sales

Les groupes de Nice et d'Antibes

Les Amitiés Salésiennes et le groupe de Lérins

 

 

Cette rencontre se tiendra à Roquefort les Pins au Foyer de Charité, le samedi 24 janvier 2009, à partir de 10h30 jusqu'à 16h environ.

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