Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 16:23

2009 – 3. Avent C

 

Dans la joie et la paix

 

Le troisième dimanche de l’Avent a toujours été un jour de joie et un appel à réfléchir et à prier pour la paix. Les deux premières lectures expriment très bien cette joie que nous sommes appelés à rayonner, en étant des artisans de paix.

Le prophète Sophonie n’est pas un des plus connus de la bible, il fait partie de ceux qu’on nomme les « petits » prophètes. Son message, proclamé dans la première lecture, n’est pas très long, mais il est riche de l’annonce de la joie : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse, fille de Jérusalem ! Le Seigneur est avec toi ».

Dans la deuxième lecture, nous avons entendu Paul, nous dire, comme il l’écrivait aux chrétiens de la ville de Philippes : « Soyez toujours dans la joie ».

Pourquoi une telle insistance ?

 

Car le Messie est proche

 

La bible, dans son ensemble est parsemée d’appels à la joie lancés au peuple d’Israël. Etre dans la joie permet de lutter contre la morosité, le découragement, les tentations de servir des dieux païens. Le peuple doit se réjouir de savoir que Dieu ne l’abandonne pas. Il l’a bien expérimenté tout au long de sa marche, dans le désert, vers la terre promise.

Chez Sophonie, il y a un appel bien particulier, il annonce la joie de la venue du Messie. On trouve des appels semblables chez Isaïe et d’autres prophètes, mais c’est dans le texte d’aujourd’hui que l’annonce est la plus claire. Les spécialistes de la bible font remarquer que la parole de l’ange Gabriel à Marie, au jour de l’Annonciation, s’inspire directement de ce prophète : « Réjouis-toi, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi ».

 

Attendons-nous vraiment le Seigneur ?

 

Nous ne sommes plus qu’à une dizaine de jours de Noël. Pour cela, la joie devrait retentir dans nos cœurs. C’est l’Eglise d’aujourd’hui, c’est nous qui devons entendre cet appel à la joie. « Réjouis-toi, peuple de Dieu, le Seigneur est tout proche ». En fait, attendons-nous vraiment le Sauveur, le Messie, celui que le Père nous envoie ? Cette attente s’accompagne-t-elle d’une joie différente des autres ?

Un théologien protestant disait : « On peut être un chrétien heureux. D’où vient donc que le christianisme ait la réputation d’une religion triste et qui rend triste ?  Dans le monde tel qu’il est, avec ses guerres, ses injustices, sa peur atomique, (on pourrait ajouter : ses changements climatiques), faut-il avoir honte d’être heureux ?  Notre absence de joie tient-elle au fait que nous sommes chrétiens ou au fait que nous ne le sommes pas assez » ?

Ne l’oublions pas, la joie est d’abord en Dieu lui-même, dans la rencontre des trois personnes divines. Jésus le montre quand «Il exulte de joie », sous l’action de l’Esprit Saint, en s’adressant au Père. Rester dans la tristesse serait un signe du refus de l’action divine dans notre vie. Alors que faire concrètement ?

 

Que devons-nous faire ?

 

L’évangile nous donne la réponse. Les foules qui viennent trouver Jean Baptiste ne vivent ni dans la paix, ni dans la joie. A la question : « Que devons-nous faire », Jean Baptiste suggère pour chacun la réponse qui convient : aux civils, partager ses vêtements et sa nourriture ; aux soldats, rejeter tout autant la violence que le vol.

 

A chaque fois, il donne un conseil qui va dans le sens de la paix. C’est comme s’il disait : « Choisissez toujours la solution qui apportera la paix autour de vous et vous verrez qu’elle vous remplira de joie ».

 La paix du monde, qui repose plus ou moins sur un volcan, est une paix incertaine et inquiète. La paix apportée par Jésus, au contraire, est certaine. Elle est liée directement à sa présence et à sa parole. « Aimer la paix, c’est déjà l’avoir », affirmait saint Augustin.

 

Joie et Paix, fruits de l’Esprit

 

La joie et la paix sont des dons de Dieu. Elles sont même le fruit de l’Esprit Saint. Si nous manquons de joie, nous ne pouvons pas être artisans de paix, parce que nous n’avons pas assez ouvert notre cœur à l’amour de Dieu. Etre dans la joie est le meilleur signe que le Seigneur est avec nous. Nous fêterons sa venue à Noël, mais rappelons-nous qu’il est toujours avec nous, à longueur d’année.

Saint Paul, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture nous invite à la joie, pas spécialement parce que « le Seigneur est proche ». Ce n’est pas la fête de Noël qu’il annonce, mais la venue permanente de Jésus ressuscité qui s’invite chez nous, pour calmer nos inquiétudes et nous apporter la paix.

Rayonner de cette joie, à chaque instant et, plus spécialement à quelque jours de Noël, est pour nous le moyen le plus sûr de montrer à tous que le Seigneur qui comble notre vie est proche. Il vient partager notre vie.

 

Dans l’esprit de François de Sales

 

Même si nous sommes éprouvés par toutes sortes de croix, la joie profonde sera au fond de notre cœur. C’est ce qu’écrivait, de Thonon, François de Sales à Jeanne de Chantal, revenue à Dijon, à la mort de son père pour régler des affaires de succession pour le bien de ses enfants. C’était le 14 septembre 1611, la date est importante. A l’époque déjà, on célébrait, ce jour, la fête de la Croix Glorieuse : « Remplissons notre cœur  de courage et faisons désormais au mieux pour nous avancer dans l’amour de Dieu. Ce grand ami de notre cœur  ne le remplit de désirs que pour le combler d’amour, comme il ne charge les arbres de fleurs que pour les recharger de fruits ». (XV, 102)

 

Conclusion

 

La joie et la paix ne sont pas pour plus tard dans « un paradis toujours remis au lendemain », puisque tout nous est donné par le Christ qui est présent au cœur de toute la création. C’est aujourd’hui que nous pouvons commencer à être dans la joie, pour bâtir la paix. Mais, aujourd’hui, nous n’avons pas la totalité de ce qui nous est promis.

La joie chrétienne, base de la paix, c’est peut-être là qu’elle se trouve, lorsqu’un homme a accepté cette situation inconfortable : posséder sans être attaché à ses biens… être aimé sans être comblé… apercevoir le Christ sans le connaître vraiment… s’aimer soi-même sans se détourner des autres…éprouver toutes les détresses du monde, sans en être abîmé…

La joie de vivre dans la paix commence aujourd’hui. Demain, elle sera totale.

 

  

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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 11:55

Dieu est en tout et partout. Il n'y a ni lieu ni chose en ce monde où il ne soit d'une très véritable présence ; de sorte que comme les oiseaux, où qu'ils volent, rencontrent toujours l'air : ainsi, où que nous allions, où que nous soyons, nous trouvons Dieu présent. (IVD, II, 2).

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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 11:49

L’évangile de saint Luc, que nous venons d’entendre, nous situe très bien face au Seigneur, en ce premier dimanche de l’Avent, premier dimanche de l’année liturgique. Le temps de l’Avent, ce n’est pas seulement quatre semaines de préparation à Noël, quatre semaines de préparation liturgique à une grande fête. Notre vie entière est un temps d’Avent, d’attente, de marche à la rencontre du Seigneur.

Rappelez-vous, il y a deux semaines, l’évangile de Marc était pratiquement le même que celui de Luc proclamé aujourd’hui. Le premier et le dernier dimanches nous annoncent la même réalité. Du début à la fin, non seulement de l’année, mais de toute la vie, nous avons à préparer la venue du Seigneur, avec courage, en étant vigilants dans la prière, c’est l’essentiel du message de ce jour.

 

Un monde en détresse ?

 

Nous avons entendu, dans la première lecture, Jérémie annoncer : « Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur ». Comment comprendre alors le message de Luc annonçant dans l’évangile des signes dans le ciel, le soleil et les étoiles. Les hommes seront affolés « par le fracas de la mer et de la tempête… ». On croirait entendre le récit d’un film d’épouvante ! Il ne s’agit pas de science-fiction, notre vie est bien réelle. Nous sommes tous affrontés à beaucoup de problèmes. On entend dire, par exemple, « Où va-t-on ? Que va-t-il encore arriver ? J’aime mieux ne pas y penser ». A l’annonce d’une mauvaise nouvelle, on dit : « J’ai eu l’impression que tout s’écroulait autour de moi, que la terre se dérobait sous mes pieds », ce sont les cataclysmes décrits dans l’évangile.

L’histoire des hommes, l’histoire collective de l’humanité, notre propre histoire  comporte un aspect dramatique indiscutable. Pensez  aux guerres, aux injustices, aux accidents qui déciment des familles ou sont causes de handicaps à vie. Il n’est pas question de minimiser ces terribles réalités qui sont importantes. Mais, dans l’évangile, Luc s’intéresse moins aux cataclysmes extérieurs qu’à ce qui se passe dans le cœur des hommes.

 

Invitation à l’espérance

 

Les situations dramatiques peuvent être invitation à l’espérance. «On verra le fils de l’homme venir dans la nuée ». Il faut savoir que dans la bible, la nuée est le signe de la présence de Dieu. « Redressez-vous, dit encore Jésus, relevez la tête votre délivrance est proche ». L’espérance renaît  quand on devine la proximité d’une délivrance, d’une libération. L’espérance s’affermit quand on reconnaît le Christ qui vient,  bien sûr, si on est vraiment disciple.

Luc propose trois comportements importants au disciple qui veut espérer : relever la tête, se tenir sur ses gardes et prier en tout temps, dans toutes les circonstances.

 

Relevez la tête

 

On imagine parfois les chrétiens comme un troupeau de moutons, qui baissent l’échine en se serrant les uns contre les autres parce qu’ils ont peur d’affronter la vie. Quelle caricature !

Le message de Jésus est tout autre : Ne vous laissez pas écraser, relevez la tête, c’est-à-dire, prenez à bras le corps vos difficultés ; il ne s’agit pas de fuir les réalités de la vie.

Le Christ veut des hommes debout. Pour y parvenir marchons à sa suite, à sa rencontre. Il nous a tracé le chemin de la croix, c’est vrai, mais surtout, celui de l’espérance et de la vie. Relevez donc la tête, oui, mais attention !

 

Soyez sur vos gardes

 

      Pour dire que le Seigneur arrive à l’improviste, Luc emploie une comparaison très parlante. « Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre » !

Pour aller à la rencontre du Seigneur, il y a des précautions à prendre à commencer par éviter tout ce qui avilit l’homme : « la débauche, l’ivrognerie et les trop gros soucis de la vie ». En positif, il faut être attentifs, vigilants pour ne pas se laisser engourdir par la peur ou la paresse.

 

Tenez-vous éveillés

 

Priez en tout temps, c’est la troisième consigne. Prier, c’est le meilleur moyen de garder le contact avec celui qui doit être le tout de notre vie. Vivez dans la joie comme la fiancée qui attend l’époux qui vient. Cette image est très biblique.

C’est pratiquement ce qu’écrivait saint Paul, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture, « Que le Seigneur vous donne entre vous et à l’égard de tous les hommes un amour de plus en plus intense, débordant …. Qu’ainsi, il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où le Seigneur viendra avec tous les saints ».

 

 François de Sales

 

 Avec son équilibre habituel, nous invite, dans son Traité de l’Amour de Dieu, à attendre le retour du Seigneur en disant : «Nous n’avons point de plaisir sans mélange de quelque douleur, point de roses sans épines, point de jour sans la suite d’une nuit, point de printemps sans qu’il soit précédé de l’hiver… en terre où les consolations sont rares et les travaux innombrables. Néanmoins,…que votre volonté fasse par nous, pour nous, en nous et de nous tout ce qui lui plaira ». (V, 112 ou Pléiade P. 761)

 

Conclusion

 

Lever la tête, être sur ses gardes, prier, voila trois aspects de la même attitude fondamentale qui sera la nôtre en ce temps de l’Avent : celle des veilleurs dans l’attente joyeuse de Noël, et surtout dans l’attente pleine d’espérance de la fin des temps. Que ce temps soit pour nous appel à une rencontre, à une expérience personnelle de Dieu. Non seulement il était, non seulement il vient, il est déjà là, aujourd’hui avec nous, pour nous donner sa vie pour toujours.

 

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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /2009 21:19

2009 – Rameaux et Passion

 

Deux paroles d’espérance

 

Le récit de la Passion est suffisamment éloquent et ne demande pas de longs commentaires. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne nous laisse pas indifférents. Il nous émeut toujours. Nous pensons que Jésus ne méritait pas de telles souffrances. Mais, nous savons qu’il a accepté de mourir, pour nous, pour que nous puissions trouver la vraie vie.

Le prophète Isaïe avait annoncé sa passion, nous l’avons entendu dans la première lecture : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient ». Quant à saint Paul, il écrit aux Philippiens : « Il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix », comme nous venons de l’entendre, dans la deuxième lecture.

Du long récit de la Passion selon saint Marc, arrêtons-nous seulement  à deux évènements importants : le reniement de Pierre  et l’heure de la mort de Jésus.

 

Le reniement de Pierre

 

Jésus avait prophétisé le reniement de Pierre : « Vraiment, je te le dis ; toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois ». Nous sentons bien toute la tristesse qui habitait le cœur de Jésus, à ce moment-là. Celui qu’il avait choisi, sur la foi duquel il avait promis de bâtir son Eglise, qui, à l’instant même, faisait profession d’une fidélité à toute épreuve, voilà qu’il allait se montrer le plus lâche des douze, après Judas !

Il y a chez Jésus une terrible lucidité sur la capacité des plus proches de ses amis à lui rester fidèles. Saint Jean dira, dans sa première lettre : « Si nous disons : « Nous n’avons pas de péché », nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous ». Mais, précisémént Jésus est venu parce que nous sommes pécheurs. Il nous l’a dit lui-même : « Je ne suis pas venu appeler les juste, mais les pécheurs ».

Tirons-en tout de suite une conclusion pour nous-mêmes. Nous aussi, nous affirmons notre amour pour le Seigneur. Nous ne serions pas à la basilique, ce matin, si ce n’était pas le cas ! Et puis, dans une heure, rentrés chez nous, nous nous surprendrons peut-être  à oublier sa présence, à agir comme si nous ne l’avions pas rencontré !

Souvenons-nous alors que c’est à ce même Pierre que Jésus confiera la charge d’être le pasteur de ses brebis. C’est qu’il est capable, lui le renégat, de nous donner le modèle d’une fidélité, d’une confiance, et d’un pardon, au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Quel réconfot pour nous si souvent tentés de penser que tout est irrémédiablement perdu !

 

L’heure de la mort de Jésus

 

La deuxième scène importante à souligner dans le récit de la Passion est celle des dernières paroles de Jésus, à l’heure de sa mort.

Au premier abord, elles sont mystérieuses. L’évangile dit : « Jésus cria d’une voix forte : Eloï, Eloï, lama sabactani ? Ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » ? Ces mots, nous le savons, sont tirés  du  premier verset du Psaume 22 qui se termine par un cri de confiance. Jésus a peut-être récité le psaume en entier dont l’évangéliste n’aurait retenu que le premier verset. Quoi qu’il en soit, cela montre que Jésus a dû descendre jusqu’ au fond de la désespérance humaine pour y déposer la plénitude de l’amour.

S’il n’avait pas éprouvé, dans sa conscience humaine, ce vide, ce sentiment d’être abandonné même de son Père, nous pourrions dire que notre nuit resterait à jamais noire. Jésus est allé jusqu’au bout de l’épreuve. Son cri fonde notre Espérance en la Résurrection.

 

Conclusion

 

François de Sales,  dans l’avant-dernier chapitre de son Traité de l’Amour de Dieu, nous permet d’illustrer magistralement, la Parole de Dieu de ce jour. Il s’adresse personnellement à celui qu’il appelle Théotime, ce qui signifie « celui qui craint ou plutôt qui vénère Dieu ». Nous pouvons revevoir, personnellement pour nous, ce message de notre grand saint :

« Ne savez-vous pas que le grand-prêtre de la Loi portait, sur ses épaules et sur la poitrine, les noms des enfants d’Israël, c’est-à-dire, des pierres précieuses sur lesquelles les noms des chefs d’Israël étaient gravés.

Voyez-vous Jésus, regardez-le, considérez qu’il nous portait sur ses épaules, acceptant la charge de nous racheter par sa mort et la mort de la croix. Ô Théotime ! Cette âme du Sauveur nous connaissait tous, par nom et surnom, surtout  au jour de sa Passion, lorsqu’il offrait ses larmes, ses prières, son sang et sa vie pour tous. Il lançait, en particulier pour vous, ces pensées de dilection : « Ô mon Père éternel, je prends à moi et me charge de tous les péchés du pauvre Théotime, pour souffrir les tourments de la mort, afin qu’il en demeure quitte et qu’il vive, que je sois crucifié, pourvu qu’il soit glorifié » ! (V, 344 ou La Pléiade P. 970-971)

Par Père Mercier - Publié dans : Homélies du Père Mercier
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /2009 15:06

                  LERINS, L' ILE DES SAINTS,  16-17-18 Mai  2008
Retraite prêchée par le Père Simon Trotabas, Aumônier du groupe d'Antibes.

 


Au cours de notre station dans l'île, nous nous appuierons sur "Prier 15 jours avec Saint François de Sales"

 

 

L' UNION A DIEU - pages 37 à 42 -  instruction du samedi matin.    

méditer, réagir, demander des explications, par rapport aux paroles suivantes :

* … dans notre sanctification, c'est Dieu qui prend l'initiative…devenir des saints, c'est accepter de nous laisser séduire par Dieu…p. 37

*   Le Père Chaumont écrit à une correspondante : "s'occuper davantage de Dieu et moins de soi-même"…

*   Quelles sont nos attitudes par rapport aux prévenances de Dieu ? p. 39

*   Dieu est le Dieu du cœur humain : comment voyons-nous cela ? p. 40

 

FAIRE LA VOLONTE DE DIEU - pages 43 à 49 - instruction du samedi après-midi.

méditer, réagir, demander des explications, en rapport aux paroles suivantes :

*   quel est le rôle de la volonté dans l'amour ?

*   …si je me plais en Dieu, je dois aussi plaire à Dieu… l'amour affectif doit se prolonger en amour effectif.  p. 44

*   définition de la vraie dévotion :  aimer Dieu dans toutes ses exigences, un amour qui nous donne la force d'agir et de faire le bien "soigneusement, fréquemment, et promptement". p. 45

*   adhérer à la volonté de Dieu par  amour et non par crainte…p. 47

*   La quintessence (ce qu'il y a de plus précieux) dans la vie spirituelle : ce parfait abandon entre les mains du Père céleste, et cette parfaite indifférence en ses volontés. p. 48

 

VIVRE EN PRESENCE DE DIEU -  pages 51 à 56 - instruction du dimanche matin.

méditer, réagir, demander des explications, en rapport aux paroles suivantes:

*  Il est absolument nécessaire d'être des âmes de prière, des âmes d'oraison.  p. 52

*  C'est quoi l'intimité avec Dieu ?  p. 53

*  Une vraie prière est une prière qui améliore la "qualité" de notre vie.  p. 55

*  Quand la prière devient ardue, aride, sèche, … p. 56

                                                    _______________________

 

Il semble que ces trois chapitres sont bien reliés les uns aux autres… Ces pages ne sont pas très faciles, cependant, cela vaut la peine de les lire attentivement plusieurs fois.

Il est question de Dieu D'ABORD dans ses relations avec nous, et, ENSUITE, de nos relations à Dieu.

 

 

 

 

                                 L' UNION  A  DIEU  (quatrième jour)

 

Regarder Dieu avant de se regarder soi-même.

"Il me suffit que Dieu soit Dieu" p. 37

Celles qui suivent la formation 2007-2008 de Sœur Harvengt vont retrouver le thème du premier trimestre : "Dieu est le seul Dieu, il n'y en a pas d'autre"

"Dans l'œuvre de notre sanctification, c'est Dieu qui parle à notre cœur, c'est Lui qui prend l'initiative. Tout comme Il est la source de notre être, Il est aussi la source de notre sainteté…

Devenir des saints, c'est ACCEPTER de nous laisser séduire par Dieu. Il nous tire à Lui par la prière ; Il vient à nous par les sacrements." p. 37-38. Cette dernière phrase est de SFS.

Ce n'est pas habituel quand il s'agit de la prière et des sacrements de commencer par Dieu et non par soi-même. Avec Dieu, on est plutôt dans la réponse que dans la demande.

-  Les prévenances de Dieu. Ceci est une des constantes de la pensée spirituelle de SFS. Aujourd'hui, nous disons : c'est Dieu qui commence toujours. Les prévenances de Dieu, elles sont pour nous, pour l'Eglise, mais bien au delà des églises, elles sont POUR TOUT HOMME. Pour SFS Dieu travaille en nous souvent par ses inspirations : 3 fois dans ce texte page 38-39 prévenances de Dieu et providence de Dieu sont peut-être assez proches l'un de l'autre.

-   Dieu est le Dieu du cœur humain.  Une des réalités, la plus fondamentale, peut-être de la spiritualité salésienne. Le cœur est en nous le point de rencontre entre Dieu et nous, entre les appels, les prévenances de Dieu, et nos réponses. Le cœur est le lieu de la foi, de l'espérance et de la charité, le lieu mystique par excellence. Rejoindre Dieu pas seulement par notre tête, mais par tout ce que nous sommes. Le cœur c'est aussi le lieu d e notre décision.

Laisse Dieu être Dieu en toi..Père…Jésus…Esprit… laisser dieu décider des choses, pas toujours à nous de décider…

- "Aimer" et surtout "amour" est-il un mot ambigu ? SFS a gardé le mot " amour " plutôt que le mot "charité" ou "dilection". Pour SFS, l'amour humain et l'amour divin passent par les mêmes structures, le même fonctionnement, subissent les mêmes impressions, s'expriment par les mêmes mots, gestes, attitudes (baiser un crucufix, faire "visite" au St Sacrement, chanter, se recueillir…).

Quand il s'agit de l'amour que nous portons à Dieu, SFS emploie le terme amour-appartenance (ou dépendance, ou d'adhésion ou convenance, ou attachement total, absolu, un attachement d'être à être). Ce terme est scripturaire : est-ce autre chose que l'Alliance… au point que le péché, ou rupture d'alliance est considéré comme une prostitution. L'amour-appartenance ne s'oppose pas à d'autres amours (mêmes plus sentimentaux) : mais il exige de leur être toujours préféré : il les hiérarchise.

Finalement, il existe un jeu d'amour entre Dieu et l'homme

"Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur" . C'est dans le cœur, plus encore qu'en la tête, que s'opère la conversion" "ce grand cœur, et élevé, qui sache conserver sa paix et sa tranquillité parmi toutes sortes d'orages" "un cœur marqué au coin du crucifié" "un cœur ferme" "un cœur fort et puissant qui ne se deule (ne s'afflige) que pour de grands sujets"

-  Gloire et louange à Dieu nous ne pouvons rien ajouter à Dieu, nous pouvons Lui offrir notre louange. Qu'en est-il de notre prière de louange ?

 

Voici une parabole de Saint François de Sales tirée du Traité de l'Amour de Dieu,  livre II, chapitre 9, citée trois fois dans ce chapitre

 

Il y a certains oiseaux nommés 'apodes' (1) parce qu'ayant les jambes extrêmement courtes, et les pieds sans force ne s'en servent pas plus que s'ils n'en n'avaient pas. S' ils tombent par terre, ils demeurent pris, parce qu'ils ne peuvent pas D'EUX-MEMES  reprendre vol. Ils demeurent là, à moins que quelque vent propice à leur impuissance, jetant ses bouffées sur la face de la terre, les vienne saisir et enlever. Si, employant leurs ailes, ILS CORRESPONDENT  à cet élan et premier essor que le vent leur donne, le même vent continue aussi son secours et les pousse de plus en plus au vol…

NOUS AUTRES, HUMAINS, NOUS RESSEMBLONS AUX APODES ; car s'il nous arrive de quitter l'air du saint amour pour nous attacher aux choses de la terre…nous pouvons bien faire quelques essais d'amour, mais bien faibles; vraiment, nous ne pouvons plus, de nous-mêmes, nous relancer au vol du véritable amour…

Que fait Dieu? Il envoie le vent favorable de sa sainte INSPIRATION ; elle vient avec une douce violence dans nos cœurs, elle les saisit, elle les émeut, elle relève nos pensées, et pousse nos affections (2) en l'air du véritable amour

 

-  (1) apode : par exemple les martinets. Oiseau ressemblant à l'hirondelle, mais à ailes plus courtes, et à queue plus courte. Il chasse les insectes au vol et ne vient jamais à terre, sauf pour nidifier. Présent en Europe de Mai au début d'Août. Il hiverne en Afrique. Genre Apus.  Si l'on en trouve un par terre, il faut le lancer de haut en l'air pour qu'il puisse s'envoler

-  (2) les affections : c'est plus que l'affectif, cela signifie les puissances de l'âme : mémoire, intelligence, volonté, et sensibilité ; l'ensemble de notre vie mentale

- le mot ESPRIT est traduit par le SOUFFLE dans plusieurs traductions de la Bible

 

 

 

(CINQUIEME  JOUR)  -  FAIRE  LA  VOLONTE  DE  DIEU  -  pages 43 à 49

 

Réfléchir sur ce titre : souvent nous faisons passer notre propre volonté AVANT celle de Dieu.

Or, dans la vie de couple, dans la vie professionnelle, dans la vie en Eglise, nous ne faisons pas toujours notre volonté ! C'est bien ainsi de ne pas tout diriger soi-même. Cela nous apprend à DEPENDRE, A NOUS  SOUMETTRE,  A NOUS PLIER aux autres, aux évènements, aux circonstances. (le terme soumission : TAD 8/2, "de la conformité de la soumission qui procède de l'amour de bienveillance")

Comment entendre ce terme de SOUMISSION? LA CONFORMITE?

Nous ne devons pas renoncer à exercer notre volonté, mais nous exerçons notre volonté à faire la volonté de Dieu

 

Essayons de définir ce qu'est pour nous la dévotion ? p. 44, 45

 

Quelle est la volonté de Dieu ? p. 46

 

 

 


 

SIXIEME JOUR -   VIVRE EN PRESENCE DE DIEU   - pages 51 à 56

 

Nous allons passer, maintenant à notre type de relations à Dieu surtout dans la prière.

 

"Le don d'une présence" Presses de Taizé

* brefs passages du Seigneur dans la vie contemplative (commentaire du Cantique des cantiques).

*  La contemplation offerte à tous et pas seulement aux âmes d'élite.

*  le don d'une présence déposé en chacun (Zachée, La samaritaine).

*  en quête de Dieu : du face à face à l'intériorité.

*  veiller dans le service de la louange.

 

Plusieurs façons de prier page 52 au milieu, surtout vie et passion de Jésus (c'est ce qui se fait dans le chapelet).

 

Exercice de la présence de Dieu au long de nos journées page 54 ; oraisons jaculatoires et bonnes pensées ; IVD 2ème partie chap.13

 

Une vraie prière est une prière qui améliore la qualité de note vie et celle de notre entourage (p. 55), donner des témoignages.

Souvent nous avons peu de goût pour la prière (p. 55).

 

 

 

Voici une parabole de Saint François de Sales tirée de l'Introduction à la Vie Dévote  première partie, chapitre 1er, sur le sens du mot dévotion.

 

 

… " Les autruches ne volent jamais ; les poules volent, pesamment toutefois, bassement et rarement ; mais, les aigles, les colombes et les hirondelles volent souvent, vitement et hautement.

* ainsi les pécheurs ne volent point en Dieu, mais font toutes leurs courses (actions) en la terre et pour la terre ;

* les gens de bien qui n'ont pas encore atteint la dévotion volent en Dieu par leurs bonnes actions, mais rarement, lentement, et pesamment ;

* les personnes dévotes volent en Dieu fréquemment, promptement et hautement.

Bref, la dévotion n'est autre chose qu'une agilité et vivacité spirituelle par le moyen de laquelle la charité fait ses actions en nous, ou nous en elle, promptement et affectionnément

Pour être bon, il faut avoir la charité, et pour être dévot, il faut avoir, outre la charité, une grande vivacité et promptitude aux actions charitables.

Puisque la dévotion réside en un certain degré d'excellente charité, non seulement, elle nous rend prompts et actifs et diligents à l'observation de tous les commandements de Dieu ;

mais outre cela, elle nous provoque à faire promptement et affectionnément le plus de bonnes œuvres que nous pouvons, encore qu'elle ne soient aucunement commandées, mais seulement conseillées ou inspirées"…

 

( donc, ne soyons pas des autruches, ni des poules… mais essayons plutôt de nous laisser transformer en aigles, ou tout simplement en colombes ou hirondelles )

 

 

 

                         " Préparez, dès le matin votre âme à la tranquillité "

 

"Préparez dès le matin votre âme à la tranquillité ; ayez grand soin, le long du jour, de l'y rappeler souvent et de la reprendre en votre main. S'il vous arrive quelque acte de chagrin, ne vous en épouvantez pas; humiliez-vous doucement devant Dieu et tâchez de remettre votre esprit en posture de suavité. Dites à votre âme : oui, nous avons fait un faux pas, allons, maintenant, tout bellement (bonnement) et prenons garde à nous !

Et, toutes les fois que vous retomberez, faites de même… surtout, ma fille, ne perdez pas courage"  Lettre à Madame de la Fléchère  Avril 1608

 

"Faites comme les petits enfants qui de l'une des mains se tiennent à leur père et de l'autre cueillent des fraises ou des mûres le long des haies; car, DE MEME, amassant et maniant les biens de ce monde de l'une de vos mains, tenez toujours de l'autre la main du Père céleste, vous retournant de temps en temps vers Lui pour voir s'Il a agréable votre ménage et vos occupations. Et, gardes-vous bien en toutes choses de quitter Sa main et Sa protection, sous prétexte d'amasser ou de cueillir davantage, car, si vous L'abandonnez, vous ne ferez point de pas sans donner du nez par terre. Je veux dire que, quand vous serez parmi les affaires et occupations communes qui ne requièrent pas une attention trop forte et trop pressante, vous REGARDEREZ PLUS DIEU QUE LES AFFAIRES; quand les affaires sont de si grande importance qu'elles requièrent toute votre attention pour être bien faites, de temps en temps, VOUS REGARDEREZ DIEU comme font ceux qui naviguent en mer : pour aller à la terre qu'ils désirent, ils regardent plus haut au ciel, et non pas en bas où ils voguent" IVD 3/10

 

"L'empressement, l'agitation ne servent à rien. C'est cet empressement que je vous défends expressément, comme l' imperfection de toutes les imperfections"  à Melle de Soulfour  1603

Par Père Simon Trotabas - Publié dans : Retraites prêchées
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